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Psychologie
. Certains
ont le regard vide et refusent de s’exprimer. D’autres sont
surexcités et incontrôlables. Ils seraient plusieurs millions
d’enfants égyptiens à souffrir de problèmes psychologiques,
souvent niés par les parents. Qui est responsable de ce malaise
: l’école, les médias, les parents, ou plus généralement la
société ? |
| Maux
d’enfance passés sous silence |
| Sami, deux ans
et demi, paraît plus vieux que son âge. Les yeux fixés sur
l’écran de la télévision, son regard est vide comme si ce
petit garçon portait tous les malheurs du monde sur son dos.
Il a perdu sa candeur d’enfant. Sami ne rit plus, ne s’amuse
plus, ni même ne se révolte en criant comme il le faisait
d’habitude.
Ce
changement de caractère, Chahira, professeur à l’université,
l’a remarqué. Cette maman qui est obligée de le laisser chaque
jour aux bons soins de la femme de ménage ou de sa belle-mère,
est choquée par ce changement d’attitude. Consciente que quelque
chose ne va pas, elle décide de l’emmener chez un psychiatre.
Le spécialiste lui révèle que son fils est atteint d’autisme
infantile, une maladie qui fait que l’enfant ne communique
pas avec les autres.
Dès lors, Chahira réalise qu’elle doit changer
de conduite envers lui. « Sami est un enfant très sensible
et cette négligence de ma part l’a rendu malade. Je remercie
Dieu de l’avoir remarqué avant qu’il ne soit trop tard »,
explique-t-elle. Aujourd’hui, elle utilise une thérapie et
un programme bien déterminés pour son rétablissement. Elle
passe ainsi plus de temps avec lui, et surtout elle communique
davantage avec lui afin qu’il retrouve son humeur d’antan.
Si Chahira a constaté le repli de son enfant
sur lui-même, beaucoup de parents ne veulent pas reconnaître
que leurs enfants présentent des troubles psychiques. Souvent,
ils ne se rendent même pas compte de cela. « Il est trop petit
pour être affecté par de telles maladies », explique une mère.
« Il est simplement un peu triste », estime une autre, ou
encore « Un enfant, c’est toujours turbulent et cela ne signifie
pas qu’il est malade » ... Autant de propos qui reviennent
souvent dans la bouche des parents sans pour autant chercher
à comprendre pour y remédier.
Un chiffre publié récemment dans la presse
révèle que 6 millions d’enfants égyptiens souffrent de plusieurs
troubles psychiques. Un chiffre alarmant, même si les spécialistes
de l’Institut des études de l’enfance assurent qu’il n’y a
pas eu de recherche approfondie pour le révéler. Le Dr Elhami
Abdel-Aziz, psychiatre et vice-recteur de l’institut, explique
que dans le monde arabe, ce genre d’études fait défaut et
les spécialistes dans ce domaine ne sont pas nombreux.
Cependant, lui et d’autres spécialistes de
l’institut s’évertuent à dire que le chiffre est correct,
et que le nombre d’enfants en Egypte atteints de différents
troubles psychiques est peut-être même supérieur au chiffre
avancé.
Olwiya Abdel-Baqi, spécialiste en pédiatrie
et membre de l’Académie américaine de psychologie de l’enfant,
assure, aujourd’hui, recevoir 5 à 6 cas d’autisme par semaine
alors qu’il y a 4 ans, elle ne recevait qu’un cas par mois.
Dr Josette Abdallah, professeur adjoint en psychologie infantile
à l’AUC, explique qu’il y a dix ans, la question des troubles
psychiques chez l’enfant n’était pas du tout abordée. Aujourd’hui,
on ose en parler ouvertement en Egypte même si beaucoup de
parents manquent de perspicacité dans ce domaine. La pression
sociale et économique concourt à déranger le tempérament des
enfants, selon le Dr Olwiya.
Qui sont les responsables de cette crise
? Les parents bien sûr. Ils font chaque jour la course contre
la montre pour aller gagner leur vie et essayer de garantir
l’avenir de leur enfants, surtout dans un contexte économique
si difficile. Ils n’ont pas une vie suffisamment paisible
pour accorder plus d’importance à l’éducation de leurs enfants.
Mais l’école est aussi fautive. Les enseignants
doivent affronter des classes d’une quarantaine à une soixantaine
d’élèves. Leur seule préoccupation est de respecter le programme
ou d’attirer le plus d’écoliers à leurs cours particuliers.
Les médias ont également leur rôle dans cette
crise de l’enfance, en diffusant chaque jour des images violentes
sur les conflits et les guerres dans le monde. « Toute cette
violence influe sur le psychisme de l’enfant, souvent très
sensible, et cela peut créer des problèmes de tous genres
et que nous observons aujourd’hui », explique le Dr Olwiya,
en ajoutant que la plupart des troubles se manifestent à l’âge
de la scolarité même si l’enfant en souffrait auparavant.
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Difficultés d’assimilation
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| Elham n’arrête
pas de se plaindre que son fils Ahmad, âgé de 8 ans, écrit
des phrases mais ne parvient pas à décrypter les lettres en
les lisant. « Je n’y arrive pas maman, je préfère écrire »,
répète-t-il à sa mère.
« Il est facile
de percevoir l’intelligence de mon fils. Cependant il ne veut
faire aucun effort dans ses études », dit elle, comme beaucoup
de parents qui expliquent mal les difficultés qu’éprouvent
leurs enfants à bien assimiler leurs leçons et vont parfois
jusqu’à les punir sévèrement. Ils ne pensent guère que ce
genre de comportement nécessite un changement dans leur façon
de l’éduquer.
Même scénario
qui se répète dans plusieurs écoles. L’enfant est souvent
humilié et même puni quand il a du mal à assimiler ses leçons,
et la plupart des écoles sont dépourvues de psychiatres pouvant
détecter les anomalies chez l’enfant.
Ce qui peut faire
sombrer le petit dans la déprime ou le mener sur un mauvais
chemin.
« L’enfant peut
souffrir de dyslexie ou de dysgraphie. C’est-à-dire un trouble
de la capacité à lire, ou encore éprouver des difficultés
à reconnaître et à reproduire le langage écrit même si ses
capacités intellectuelles sont normales. Et dans ces deux
cas, l’enfant nécessite une prise en charge quand il est encore
temps », explique le Dr Olwiya, en précisant que 15 % des
élèves dans les écoles privées éprouvent des difficultés d’assimilation.
Un taux qui peut être plus élevé dans les écoles publiques
où les classes sont surpeuplées.
Selon les spécialistes,
deux autres facteurs peuvent jouer négativement sur le psychisme
de l’enfant, à savoir l’incapacité des parents à donner une
bonne éducation à leurs enfants, et un système scolaire trop
lourd. Programmes condensés, apprendre les leçons par cœur
et des devoirs qui n’en finissent pas chaque jour.
« L’enfant n’a
pas de temps libre entre les heures passées à l’école et les
devoirs qu’il doit rendre le lendemain. Il se réveille souvent
entre 5 et 6 h du matin pour aller à l’école et veille jusqu’à
minuit pour apprendre ses leçons et faire ses devoirs. Ce
qui l’embarrasse tout autant que ses parents, qui passent
leur temps à le stresser pour garantir sa réussite », remarque
le Dr Josette Abdallah. |
Education par intuition |
Stressés, perturbés,
déprimés, les enfants risquent d’éprouver les mêmes symptômes
ou autres troubles psychiques surtout que l’on a planifié
pour eux un système éducatif bien déterminé. « Nous éduquons
nos enfants par intuition. et nous ne fixons pas de buts
précis à atteindre. Rares sont les parents qui préparent
un programme déterminé pour leurs enfants, de nutrition,
d’enseignement et surtout de divertissement », confie le
Dr Elhami. « La vie de nos enfants est souvent laissée au
hasard », admet Elhami. Et d’ajouter : « Il faut savoir
quand est-ce qu’il faut être sévère et quand faut-il cajoler
son enfant ».
Soheir et Mamdouh
passent la plupart de leur temps en dehors de la maison
car les deux époux travaillent. Dès qu’ils rentrent, ils
gavent leur enfant de friandises et de jouets. Sélim, 7
ans, passe la majeure partie de son temps avec la femme
de ménage à regarder la télé, et oublie parfois de faire
ses devoirs. « Un exemple d’éducation typiquement arabe,
de compenser l’affection par le matériel sans se soucier
des autres besoins vitaux de l’enfant, à savoir la communication
», explique le Dr Elhami.
Or, l’éducation
trop sévère résumée, à l’obéissance aveugle, peut parfois
mener l’enfant à la dérive. « Un enfant éduqué sévèrement
est plus exposé à certains problèmes, il peut devenir un
grand fumeur ou s’adonner à la », prévient le Dr Josette.
Avoir la bonne
recette pour bien éduquer son enfant est une tâche difficile.
Parfois, certaines femmes ne sont pas prêtes à être mères.
N’ayant pas réfléchi à un système éducatif précis, elles
suivent la manière dont leurs parents les ont éduquées sans
tenir compte du changement de société. Intissar, mère de
6 enfants âgés de 3 à 15 ans, est le stéréotype de femmes
qui n’a pas le temps de réfléchir à l’éducation de ses enfants.
Elle remarque sans cesse :« Ils vont grandir, cela va de
soi comme ce fut le cas avec nous ». Une phrase qui se répète
dans beaucoup de foyers égyptiens où la mère se contente
de nourrir, d’habiller ses enfants et de surveiller leurs
horaires.
Pour le Dr
Elhami, éduquer ses enfants n’est pas une simple affaire.
« Avec la nouvelle technologie, l’Internet, il est quasiment
impossible de dicter à l’enfant une conduite ou surveiller
ses relations, il faut penser à se comporter avec lui différemment
», dit-il, en ajoutant qu’il ne faut pas aussi étouffer
l’enfant et lui laisser une marge de liberté pour s’exprimer
ou s’extérioriser. Un équilibre pas facile à trouver, mais
nécessaire pour éviter le conflit des générations.
Phobie, obsession,
autisme, dépression mènent parfois à des méfaits graves
pouvant mener jusqu’au crime ou au suicide. Et les statistiques
prouvent que la violence chez les enfants égyptiens a augmenté.
Au Caire, on compte 4 060 enfants délinquants en 2001, contre
3 451 en 2000.
Le nombre élevé
de divorces et le fléau de la toxicomanie chez certains
parents, font partie, selon le Dr Josette, des facteurs
qui risquent de pousser l’enfant à la délinquance.
Cependant,
beaucoup de parents pris dans leurs problèmes n’ont pas
conscience du danger qui menace leur progéniture.
Bien qu’une
étude faite par le Centre des recherches sociales et criminelles
prouve que 12 % des enfants égyptiens de 6 à 12 ans sont
hyperactifs et turbulents, beaucoup de parents ne pensent
pas à aller consulter un psychiatre. « Tous les enfants
de son âge sont terribles et ne se concentrent pas, pourquoi
l’entraîner dans le labyrinthe des maladies psychiques »,
répètent beaucoup de parents. Une théorie qui semble fausse,
selon les psychiatres. Ces derniers assurent que découvrir
précocement un trouble quelconque chez un enfant est déjà
le premier pas vers la guérison. Le Dr Josette explique
que dans 90 % des cas des enfants qu’elle rencontre, elle
passe plus de temps avec les parents qu’avec les enfants
pour leur établir une thérapie à suivre. « Je n’ai pas besoin
de faire une consultation pour l’enfant, la solution de
son problème se trouve évidemment entre les mains de ses
parents », conclut-elle.
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| Doaa Khalifa |
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Une
seule mère
ne suffit plus |
« Il y a vingt ans, dans les jardins d’enfants
et les grands clubs sociaux, les mamans étaient accompagnées
de leurs enfants et d’un ou de deux de leurs domestiques.
Aujourd’hui ces scènes ont presque disparu. Ce sont souvent
les domestiques qui sont avec les enfants et la présence
des mamans est de plus en plus rare », admet Josette Abdallah,
spécialiste de la psychologie de l’enfant. Aujourd’hui,
les conditions de vie, les devoirs du père l’obligeant souvent
à s’absenter et la charge qui pèse sur les mères les oblige
à recourir à un suppléant. « Laisser son enfant sous la
garde d’une tierce personne, le temps d’aller travailler,
est devenu une chose ordinaire de nos jours. Cependant,
qu’il s’agisse d’une femme de ménage ou de la grand-mère,
ce substitut à la mère ne peut remplir le rôle éducatif
que la mère biologique a choisi pour son enfant », ajoute
Josette.
Rim, journaliste, évoque les divergences
entre elle et sa belle-mère en ce qui concerne l’éducation
de son enfant. « Je tiens à ce que son petit-déjeuner comporte
des éléments nutritifs essentiels à sa croissance, mais
sa grand-mère lui offre n’importe quoi et surtout des gourmandises.
Lorsque je veux lui offrir un jouet, je dois penser à ce
qui l’intéresse le plus. Par contre, ma belle-mère est capable
de lui en offrir 6 ou 7 à la fois. Du coup, il ne prendra
plus soin de ses joujoux et finit par les casser tous »,
raconte-t-elle.
Amira, traductrice, déploie aussi d’intenses
efforts pour maintenir et imposer sa façon d’éduquer malgré
les divergences. Travaillant toute la journée, son fils
âgé de 5 ans, passe son temps entre la crèche et la femme
de ménage. « Je fais l’impossible pour bien sélectionner
la femme avec qui il va passer de longs moments, il doit
l’aimer pour arriver à lui obéir. Je n’arrête pas d’avoir
des différends avec les éducatrices de la garderie, et parfois
avec ma propre sœur pour ne pas perturber le système éducatif
que je lui ai tracé », explique-t-elle, en ajoutant avoir
refusé d’inscrire son enfant dans une garderie où la directrice
veut à tout prix que l’on applique sa méthode d’éducation
à la maison.
Cependant, partager la responsabilité de
l’éducation de son enfant est une chose plus que nécessaire,
particulièrement quand la mère travaille et assume plusieurs
responsabilités. De plus, le père est quasiment exclu de
cette tâche. « En Orient, les papas interviennent rarement
dans l’éducation de leurs enfants, ils ont le bon rôle,
à savoir cajoler, s’amuser et surtout les gaver de friandises
», relève Siham, femme active, ayant deux enfants scolarisés,
et qui n’arrête pas de changer de femmes de ménage, afin
de pallier ses absences.
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| D. Kh. |
Les
traumatismes persistants des enfants
de la guerre |
Les enfants
et adolescents ayant souffert d’une guerre dans leur pays
peuvent voir leur avenir bloqué par un traumatisme psychique
persistant ou réapparaissant longtemps après le conflit, une
fois les blessures physiques pansées. |
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Dans certains cas, le traumatisme est transmis
à la génération suivante, de mère à bébé, ont expliqué psychiatres
et responsables du secteur humanitaire, lors d’un récent congrès
à Paris. Et la conduite « effrayée » de l’enfant retentit
sur sa relation à sa mère, réactivant le traumatisme de celle-ci,
selon Lisa Ouss-Rungaert qui a travaillé pour l’organisation
non gouvernementale Médecins Sans Frontières (MSF).
« Parfois, le traumatisme enfoui depuis la
petite enfance se réveille à l’adolescence. Ainsi, un jeune
Ethiopien avait été témoin à 3 ans et demi de la mort de sa
mère et de son petit frère et avait vu son père amputé, humilié,
puis tué à son tour. Evacué ensuite vers la France et adopté,
l’enfant semblait avoir tout oublié et s’était bien intégré,
mais à 14 ans, il a commencé à revivre ces scènes d’horreur
», a raconté Christian Lachal.
Le Dr Lachal, qui a participé à des missions
humanitaires dans les territoires palestiniens et en Sierra
Leone, a rappelé qu’on dénombre 300 000 enfants et adolescents
soldats et que d’autres jeunes se retrouvent « acteurs à temps
partiel » de conflits « à un âge où ils sont particulièrement
sensibles à ces déformations de leur monde familial, social
et symbolique ».
« La guerre entraîne destruction des lieux
de sécurité, comme la maison familiale, modification des stéréotypes
sociaux, valorisation de la violence et du contrôle des émotions
». Cela peut susciter peur, rage, « amplification des pulsions
violentes et sexuelles, perte ou transformation des idéaux,
prédominance des sensations sur les émotions chez les adolescents
», a souligné le Dr Lachal, lors du 12e congrès de la Société
européenne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
Ainsi, parmi 562 jeunes patients suivis dans
les territoires palestiniens, les deux tiers avaient vécu
des événements traumatiques et 80 % d’entre eux souffraient
de troubles anxieux ou dépressifs, a-t-il rapporté.
Au Kosova, un quart des enfants étaient victimes
de troubles psychotraumatiques, et 38 % de troubles anxieux,
selon une étude menée par une équipe de MSF sur 242 premiers
patients (dont 45 % d’enfants et 22 % d’adolescents) traités
en urgence durant l’été 1999, dès la fin de l’intervention
armée de l’Otan.
Dix-huit mois plus tard, selon le psychiatre
Thierry Baubet, une amélioration significative était constatée
pour 62 % des jeunes pris en charge qui avaient pu exprimer
leur souffrance par la parole, le dessin et des jeux avec
des figurines. Mais des troubles fréquents ou gênants (peur,
tristesse, cauchemars, anxiété de séparation ...) persistaient
chez plus de 10 % des enfants, selon une évaluation menée
en milieu scolaire. Certains (8,5 %) continuaient de revivre
en plein jour leur cauchemar du passé, d’autres souffraient
dans leur corps (plaintes somatiques) des maux de leur esprit.
Chez l’enfant, de tels symptômes « empêchent de vivre, de
se développer » ; cela entraîne une « exclusion de la famille,
de l’école », souligne le Dr Baubet, mais les parents ne comprennent
pas toujours que la guerre en est la cause.
Ainsi Leutrim, 12 ans, se retrouvait en difficultés
scolaires, révolté, considéré comme « fou ». Six séances de
thérapie lui ont permis d’exprimer sa terreur par le dessin,
puis les mots et de reprendre sa vie.
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| AFP |
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