« Le
travail que mènent nos archéologues en Egypte vaut d'être
expliqué dans des livres, mais on a essayé de le résumer
en utilisant des photos », explique Amani Ghanem,
coordinatrice à l'Institut allemand d'archéologie. Le
DAI a des missions archéologiques qui travaillent sur
de nombreux sites en Egypte comme à Dahchour, à Tell
Al-Faraïne, Siwa, au temple Eléphantine et autres. En
fait, le travail de l'institut se concentre en premier
lieu sur les recherches scientifiques faites à travers
les excavations. Leur travail ne s'arrête pas là. Ils
font des fouilles, restaurent les monuments en vue de
les conserver de la destruction complète ou même partielle.
Une grande partie du travail des Allemands reste la
publication des résultats de leur recherche archéologique.
Selon Sabri Abdel-Aziz, directeur du secteur des antiquités
égyptiennes au Conseil Suprême des Antiquités (CSA),
le système adopté par le DAI fait d'eux l'une des missions
les plus compétentes et les plus sérieuses opérant en
Egypte. « Une fois qu'une mission allemande
obtient une autorisation de fouille du CSA, elle commence
par enregistrer tous les éléments architecturaux du
site. Ensuite, commencent les fouilles puis la restauration.
Une fois la restauration terminée, elle ne laisse pas
le site souffrir de nouveau de négligence, mais elle
déploie des efforts considérables pour le préserver »,
explique Sabri.
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Ainsi,
une des missions du DAI travaille en Egypte depuis 1930
en coopération avec le CSA dans les fouilles de la banlieue
de Maadi, située au sud du Caire. « C'est le
site-clé pour l'étude de l'époque prédynastique. Les
fondations de Maadi nous ont révélé beaucoup d'informations
sur la culture de la Basse-Egypte à cette époque »,
explique Ulrcih Hartung, archéologue de l'institut opérant
sur le site de Maadi. Aujourd'hui, les bâtiments ont
envahi la région de Maadi, ce qui a rendu les fouilles
très difficiles pour la mission. Mais, dernièrement
la mission conjointe a découvert les fondements d'un
bâtiment souterrain partiellement construit en pierre.
Il était probablement utilisé dans le stockage des marchandises.
« Ces bâtiments sont uniques dans toute l'Egypte,
mais on peut en trouver dans les pays du Levant »,
reprend-il.
Les
travaux du DAI ne se limitent pas à cette région, mais
se trouvent en fait partout en Egypte. En Haute-Egypte
et juste en face de la ville d'Assouan, à l'île d'Eléphantine,
les Allemands sont sur ce site depuis 1969. Là, ils
n'opèrent pas seuls, mais en coopération avec l'Institut
d'archéologie suisse. Une trentaine d'années de fouille
et de travail continu qui ont sûrement donné d'excellents
résultats. « Ces excavations ont permis d'étudier
le développement d'une ville au fil de 4 000 ans
et de donner une image de l'évolution des fondations
de l'Egypte Ancienne dans tous ses aspects, domestique,
économique, administratif, militaire, religieux, ainsi
que leur influence par les facteurs écologique et politique »,
explique Amani Ghanem.
Non seulement
des études ont été faites, mais aussi des travaux de
restauration et de conservation ont été exécutés à un
haut niveau. En 1998, les archéologues en charge avaient
terminé la restauration d'une grande partie de cette
ville avec ses temples et ses maisons et l'ont ouverte
au public dans un musée en plein air. « Ce sont
les dimensions et la situation topographique qui ont
fait d'Eléphantine un site idéal pour visualiser la
vie quotidienne dans l'Egypte Ancienne », souligne
Dietrich Raue, archéologue allemand opérant à Eléphantine.
De la Haute-Egypte
au Delta, les missions allemandes se trouvent toujours.
Dans les sites de Tell Al-Faraïne et de Buto, dans le
gouvernorat de Kafr Al-Cheikh, les archéologues allemands
mènent des excavations. Dans cet endroit urbain dont
l'histoire remonte au premier millénaire, le DAI fait
des recherches sur l'histoire du sédentarisme dans la
vallée du Nil au IVe et au début du IIIe millénaire
av. J.-C. Plus loin au nord, les Allemands fouillent
au monastère d'Abou-Mina, situé à l'ouest du Delta.
« Les recherches archéologiques à cet endroit
avaient pour objectif principal d'étudier un exemple
de l'architecture des villes gréco-romaines. Plus tard,
il y a eu aussi des recherches concernant l'architecture
chrétienne durant les premières années du christianisme
en Egypte au Sinaï, dans la vallée de Firane, dans la
région de Sainte-Catherine », explique Amani
Ghanem.
Le DAI
n'a laissé aucun endroit sans laisser ses traces. A
Abydos, dans le district de Balyana, dans le gouvernorat
de Sohag qui contient les plus anciennes tombes royales
en Egypte. Là, les Allemands cherchent à découvrir la
genèse de l'ancien empire égyptien.
Récemment,
l'Institut allemand d'archéologie collecte les résultats
de toutes ses fouilles pour les placer sur Internet
illustrées par des reproductions en 3 dimensions. |