Tout
en restant sur ses gardes, la Syrie veut « poursuivre
le dialogue » avec les Etats-Unis en dépit
de l'adoption mercredi dernier par la Chambre des représentants
américains, d'un projet de loi prévoyant des sanctions
économiques et diplomatiques contre Damas. Ce projet
prévoit une interdiction des exportations et des investissements
américains en Syrie, une réduction de la présence diplomatique
américaine à Damas et des restrictions aux déplacements
des diplomates syriens aux Etats-Unis. Pour pouvoir
être signé par le président américain George W. Bush,
ce projet doit encore être adopté par le Sénat, qui
devrait se prononcer dans les semaines à venir.
« La
Syrie regrette cette décision américaine inique basée
sur des
allégations
non crédibles colportées par les nouveaux conservateurs
au sein de l'Administration américaine, en coordination
avec le gouvernement raciste d'Israël », a
estimé Radio Damas dans un commentaire. « La
Syrie, en dépit de cette décision inique et dure, demeure
attachée au principe du dialogue au lieu de l'utilisation
de la force, et à la poursuite du dialogue avec les
Etats-Unis sur toutes les questions en suspens dans
le cadre du droit international », a poursuivi
la radio.
Selon cette
source, le projet de « loi relatif à la responsabilité
de la Syrie et la souveraineté du Liban » vise
à « affaiblir le rôle de la Syrie dans la région »
et dévoile une position américaine « entièrement
partiale, en faveur des intérêts israéliens ».
Le président syrien Bachar Al-Assad avait évoqué, jeudi
à Putrajaya, la
présence
de « fanatiques » dans l'entourage
du président américain George W. Bush.
Les dirigeants
du Liban, pays satellisé par la Syrie, ont unanimement
condamné vendredi le projet de loi voté par la Chambre
des représentants américaine, estimant que Beyrouth
est seul habilité à demander un retrait syrien.
« S'il
est nécessaire d'avoir une loi pour la responsabilité
dans la
région,
il aurait fallu qu'on l'appelle loi pour la responsabilité
d’Israël pour ses massacres et son terrorisme commis
quotidiennement contre le peuple palestinien, son occupation
des territoires palestiniens et son refus d'appliquer
les résolutions internationales demandant son retrait
des territoires arabes », a indiqué le chef
de l'Etat, Emile Lahoud.
De son
côté, le président du Parlement, Nabih Berri, a estimé
que le vote constituait « un feu vert à une
nouvelle agression israélienne contre la Syrie ».
Pour le premier ministre, Rafiq Hariri « c'est
une preuve de la partialité du Congrès américain en
faveur d'Israël ».
Pour sa
part, le ministre égyptien des Affaires étrangères,
Ahmad Maher, a estimé « inadmissible et injustifiable »
le projet de loi.
Même son
de cloche à la Ligue arabe et l'Organisation de la conférence
islamique, elles ont vivement critiqué le projet et
appelé les Etats-Unis à le geler et à poursuivre le
dialogue avec la Syrie afin de dissiper les malentendus
entre les deux pays. Le secrétaire général adjoint de
la Ligue arabe, Ahmed bin Hilli, a critiqué le ministre
israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, qui
s'est déclaré jeudi « très heureux »
du projet de loi de sanctions, estimant qu'il « n'est
pas étrange qu'Israël pêche en eau trouble et tente
de faire monter la tension dans la région ». |