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Syrie . Face aux menaces israéliennes et au projet de loi américain impliquant des sanctions contre le pays, Damas est contraint à une grande vigilance.
Damas en état d'alerte

L'Etat hébreu ne cesse de proférer des mises en garde et a opté pour une escalade verbale, alors que la Syrie tente d'adopter un ton plus modéré tout en restant vigilante. Samedi, le chef du département politique au ministère israélien de la Défense, le général de réserve Amos Gilad, a menacé samedi la Syrie de nouvelles « actions » si elle ne cessait pas selon lui son soutien aux groupes terroristes. « L'ampleur du soutien syrien aux groupes basés à Damas est plus importante que ce que nous imaginions et cela doit cesser », a-t-il ajouté.

Se référant au raid mené par l'aviation israélienne près de Damas le 5 octobre dernier, le militaire a affirmé que « si le message n'a pas été compris, la situation sera de nouveau évaluée et les actions nécessaires seront entreprises ». Le raid israélien en Syrie était le premier du genre depuis trois décennies. Israël a affirmé avoir attaqué un camp d'entraînement du mouvement radical palestinien Djihad islamique, tandis que la Syrie a indiqué que le bombardement avait visé « une zone civile abandonnée ».

Dans une interview publiée vendredi, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, n'a pas exclu une nouvelle attaque contre la Syrie. « Nous ne déclarerons jamais à l'avance si nous avons l'intention d'attaquer ou pas. Nous n'avons pas à faire ce genre de choses, mais les activités syriennes sont à prendre très au sérieux », a affirmé M. Sharon au Jerusalem Post.

Ce faisant, le chef d'état-major syrien, le général Hassan Turkmani, a appelé samedi à nouveau l'armée, notamment les forces aériennes, à « être prête à repousser toute agression » israélienne. Le responsable militaire a assuré que son pays « est et reste en faveur d'une paix juste basée sur les résolutions internationales exigeant le retrait d'Israël des territoires arabes occupés ».

En signe de solidarité avec les Syriens, la milice chiite libanaise, le Hezbollah, a averti dimanche qu'elle se rangerait du côté de la Syrie si Israël l'attaquait. « Toute agression contre le Liban est une agression contre la Syrie et toute agression contre la Syrie est une agression contre le Liban. Nos sorts sont liés et nous serons ensemble dans la confrontation », a affirmé le député Mohamad Fneich.


Contact maintenu avec Washington

Tout en restant sur ses gardes, la Syrie veut « poursuivre le dialogue » avec les Etats-Unis en dépit de l'adoption mercredi dernier par la Chambre des représentants américains, d'un projet de loi prévoyant des sanctions économiques et diplomatiques contre Damas. Ce projet prévoit une interdiction des exportations et des investissements américains en Syrie, une réduction de la présence diplomatique américaine à Damas et des restrictions aux déplacements des diplomates syriens aux Etats-Unis. Pour pouvoir être signé par le président américain George W. Bush, ce projet doit encore être adopté par le Sénat, qui devrait se prononcer dans les semaines à venir.

« La Syrie regrette cette décision américaine inique basée sur des

allégations non crédibles colportées par les nouveaux conservateurs au sein de l'Administration américaine, en coordination avec le gouvernement raciste d'Israël », a estimé Radio Damas dans un commentaire. « La Syrie, en dépit de cette décision inique et dure, demeure attachée au principe du dialogue au lieu de l'utilisation de la force, et à la poursuite du dialogue avec les Etats-Unis sur toutes les questions en suspens dans le cadre du droit international », a poursuivi la radio.

Selon cette source, le projet de « loi relatif à la responsabilité de la Syrie et la souveraineté du Liban » vise à « affaiblir le rôle de la Syrie dans la région » et dévoile une position américaine « entièrement partiale, en faveur des intérêts israéliens ». Le président syrien Bachar Al-Assad avait évoqué, jeudi à Putrajaya, la

présence de « fanatiques » dans l'entourage du président américain George W. Bush.

Les dirigeants du Liban, pays satellisé par la Syrie, ont unanimement condamné vendredi le projet de loi voté par la Chambre des représentants américaine, estimant que Beyrouth est seul habilité à demander un retrait syrien.

« S'il est nécessaire d'avoir une loi pour la responsabilité dans la

région, il aurait fallu qu'on l'appelle loi pour la responsabilité d’Israël pour ses massacres et son terrorisme commis quotidiennement contre le peuple palestinien, son occupation des territoires palestiniens et son refus d'appliquer les résolutions internationales demandant son retrait des territoires arabes », a indiqué le chef de l'Etat, Emile Lahoud.

De son côté, le président du Parlement, Nabih Berri, a estimé que le vote constituait « un feu vert à une nouvelle agression israélienne contre la Syrie ». Pour le premier ministre, Rafiq Hariri « c'est une preuve de la partialité du Congrès américain en faveur d'Israël ».

Pour sa part, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Maher, a estimé « inadmissible et injustifiable » le projet de loi.

Même son de cloche à la Ligue arabe et l'Organisation de la conférence islamique, elles ont vivement critiqué le projet et appelé les Etats-Unis à le geler et à poursuivre le dialogue avec la Syrie afin de dissiper les malentendus entre les deux pays. Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Ahmed bin Hilli, a critiqué le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, qui s'est déclaré jeudi « très heureux » du projet de loi de sanctions, estimant qu'il « n'est pas étrange qu'Israël pêche en eau trouble et tente de faire monter la tension dans la région ».

Rania Adel
 

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