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Ramadan . 37 prédicateurs d'Al-Azhar viennent d'être dépêchés à travers le monde. Ils ont pour mission de montrer le vrai visage de l'islam.
Prêches au-delà des frontières

Trente-sept prédicateurs égyptiens sont partis cette semaine dans plusieurs pays arabes, asiatiques et européens, dans le cadre de missions religieuses habituelles pendant le mois de Ramadan, conformément à la volonté du ministre des Waqfs, Mahmoud Hamdi Zaqzouq. Envoyés par la Haute commission pour la daawa (prédication), fondée par le ministère des Waqfs avec la coopération d'Al-Azhar, ces prédicateurs se rendront dans 11 pays dont le Soudan, la Palestine, l'Erythrée, l'Espagne, l'Italie, les Etats-Unis, et le Sri Lanka. Leur mission consiste à prêcher dans les mosquées, à interpréter le Coran, à enseigner le fiqh (la jurisprudence) et la sira (biographie du prophète), et à faire connaître aux musulmans les préceptes de l'islam et sa pratique dans la vie quotidienne.

Ce n'est pas la première fois que l'Egypte envoie des émissaires dans des pays étrangers lors du mois du Ramadan. « Depuis la fondation d'Al-Azhar et du ministère des Waqfs, les missions religieuses fréquentent les pays dont la communauté musulmane n'est pas majoritaire, et a une connaissance sommaire de leur religion. Elles visitent également les pays arabes pour mettre à plat les différences entre les diverses doctrines », explique le cheikh Mohamad Zidane, sous-secrétaire d'Etat au ministère des Waqfs.

En fait, le choix des prédicateurs qui sont aptes à prêcher dans un pays étranger s'effectue selon des critères extrêmement stricts. Selon les chiffres avancés par la direction des missions islamiques, sur les 5 000 prêcheurs qui ont posé leur candidature en vue d'être envoyés en mission, seule une cinquantaine ont réussi parmi lesquels 37 ont été choisis selon les critères indiqués. « Un prédicateur compétent doit être diplômé d'Al-Azhar, avoir une profonde connaissance de la jurisprudence et de la charia, une connaissance de l'informatique, et posséder une langue étrangère, celle du pays où il accomplira sa mission. Il doit être également modéré, ouvert d'esprit, capable de s'adapter à une société différente de la sienne, et être averti des différentes traditions et coutumes du pays », affirme Zidane.

Il ajoute que le prédicateur, avant son départ, participe à un stage de formation pendant lequel il apprend à traiter les sujets religieux, et à répondre à toutes les questions avec objectivité. Il n'est pas autorisé à aborder des questions politiques, il pourra seulement rectifier les préjugés liant l'islam à l'intégrisme et au terrorisme, notamment à la suite des événements du 11 septembre. Afin de garantir le respect de ces instructions, des inspecteurs de l'ambassade égyptienne dans le pays concerné sont chargés de faire le tour des mosquées. Au cas où le prédicateur transgresse les instructions, il obtiendra une mention faible dans le rapport annuel concernant l'évaluation de sa performance.

Ahmad Tamim est l'un de ces prêcheurs. Il a déjà été envoyé deux fois en Australie et aux Etats-Unis. Il se rend aujourd'hui pour la première fois en Angleterre. « Je suis fier d'avoir été choisi pour partir à Londres surtout que l'an dernier je devais partir aux Etats-Unis, mais on a refusé de délivrer des visas d'entrée à tous les prédicateurs pour des raisons de sécurité ! La prédication est pour moi une mission sacrée. Toutefois, je suis inquiet de l'attitude des Anglais vis-à-vis de l'islam, notamment après les attentats du 11 septembre. C'est pour cela que j'ai pris l'initiative de visiter Londres une semaine avant le Ramadan afin de me familiariser avec la situation sociale et culturelle », explique Tamim.

Il estime qu'être prédicateur est une affaire plus délicate dans un pays européen que dans un autre pays asiatique ou africain. « Le prédicateur doit bien maîtriser la langue du pays afin d'être capable de dialoguer avec les nouveaux convertis à l'islam. En outre, les musulmans d'Occident ont besoin qu'on leur corrige des concepts religieux concernant, à titre d'exemple, le port du voile et la liberté de la femme. Il faut leur expliquer qu'il n'existe pas de contradiction entre la vie moderne et les préceptes de l'islam », signale-t-il.

Les responsables au ministère des Waqfs affirment que ces missions religieuses jouissent d'un grand succès à l'étranger. « La preuve en est que certains pays insistent pour avoir un prêcheur égyptien pendant le Ramadan bien qu'ils aient de très bons prédicateurs. Ceci revient au fait que les prêcheurs égyptiens se distinguent par leur patience et l'accessibilité de leur discours. La popularité de certains d'entre eux s'est confirmée à tel point que la communauté musulmane les réinvite pour le Ramadan suivant », assure Zidane tout en concluant que les missionnaires dans les pays étrangers sont sans doute une source de fierté pour Al-Azhar.

Ola Hamdi
Héba Nasreddine

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