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Veulent-ils nous pousser au désespoir ?
Par Ibrahim Nafie

Ibrahim Nafie Tout ce qui se passe actuellement autour des Etats arabes, de la Palestine à l’Iraq et la Syrie, trouve son explication dans l’agenda de l’Administration américaine, qui agit conjointement avec le gouvernement de la droite israélienne. Les événements de ces derniers jours ont montré que l’objectif présumé impose l'élargissement des zones de confrontation, afin de passer à la seconde étape du projet sioniste, celle de l'hégémonie régionale.

Le monde arabe fait face à des défis majeurs et des risques sans précédent, dont il faut prendre conscience pour agir plus efficacement à l'avenir.

A commencer par la cause palestinienne, la scène paraît claire : les forces d'occupation adoptent une politique d'extermination et de ravage sans précédent dans l'histoire des nations civilisées. Israël poursuit l'agression dans une barbarie encore inconnue. Tandis que le gouvernement Sharon poursuit de son côté la construction de la prétendue clôture de sécurité, qui réduit la vie des Palestiniens à un enfer intolérable, coupe les étendues dans les villes et les villages et engloutit une large superficie des terres occupées de la Cisjordanie ...

Cela se passe sans aucun signe d'action de la part de la communauté internationale, dont le mouvement est strictement entravé par l'opposition — à la fois théorique et pratique de Washington. En effet, sur le plan théorique et juridique, l'action se heurte au veto américain et sur le plan pratique, nous savons tous qu'Israël a le feu vert pour déployer sans restriction ses tendances agressives. Le mouvement international s'est réduit en conséquence à des déclarations d'assistance appelant Washington à tenir compte des souffrances et du sort du peuple palestinien.

En Iraq, on trouve une nouvelle phase du plan anti-arabe : les forces américaines refusent le transfert du pouvoir au peuple iraqien, et de livrer le dossier aux Nations-Unies. L'objectif est de poursuivre l'occupation de l'Iraq, voire le contrôle et la domination de son avenir. Tout se passe comme si ce pays arabe n'était qu'une portion de terre américaine.

Face à l'intensification des opérations de résistance armée, Washington a déployé d'intenses efforts pour la promulgation d'une résolution prévoyant l'intervention de troupes supplémentaires, de nationalité différente. Il s'agit d'épargner aux forces américaines la mission difficile d'affronter les opérations de résistance.

Une proposition fortement refusée par de nombreuses forces internationales (France, Allemagne, Russie et Chine) qui estiment que la guerre contre l'Iraq est injustifiable.

La question maintenant est : Pourquoi Washington tient à la poursuite de l'occupation iraqienne ? Pourquoi les Américains refusent-il le transfert du dossier aux Nations-Unies ? Où se trouvent donc les prétendues armes de destruction massive qui ont suscité le déclenchement d'une guerre sans recours préalable au Conseil de sécurité ? L'incapacité de présenter une réponse convaincante nous pousse à chercher d'autres considérations, tel le plan américain contre le monde arabe.

Le dossier syrien a fait paraître de nouveaux traits. A l'appui du raid israélien au nord de Damas, le président Bush a de nouveau rappelé qu'Israël a le droit de tout faire pour défendre sa sécurité et celle de ses citoyens. Et aussitôt la Commission des relations internationales au Sénat américain s'est prononcée en faveur d'une résolution prévoyant des sanctions contre Damas.

Le durcissement de la politique des Etats-Unis à l'égard de la Syrie indique l'existence d'un inventaire d'Etats arabes et islamiques visés par l'Administration américaine — dont l'Iraq fut le premier, et dont la Syrie ne sera pas la dernière.

Les informations implicitement infiltrées à la presse américaine et européenne au sujet des capacités nucléaires d'Israël sont destinées à présenter l'image que Washington et Tel-Aviv entendent propager dans la région : Israël, force régionale première, seule autorisée à frapper ses ennemis en tout lieu et à tout moment sans contrainte ni restriction.

Je pense que les propos sur les capacités nucléaires d'Israël, le raid sur Damas sans condamnation internationale, sa disposition à frapper les sites nucléaires iraniens, tout cela est destiné à terroriser le plus grand nombre d'Etats arabes dans la région.

L'objectif final est de nous pousser vers les sentiments de frustration et de pessimisme, et donc de désespoir !

Il est donc inacceptable de nous contenter du rôle de spectateur, et que certains d'entre nous parient sur leur capacité de gérer seuls de tels dossiers.

 

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