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Afin d'essayer
de relancer un processus de paix en panne et d'améliorer les
relations avec les Etats-Unis, trois dirigeants du Fatah
de Yasser Arafat, Ahmad Ghoneim ainsi que les députés Kaddoura
Farès et Hatem Abdel-Qader se sont rendus aux Etats-Unis dimanche
à l'invitation de Dennis Ross, ancien envoyé spécial au Proche-Orient
de l'ancien président américain Bill Clinton.
Ils ont présenté,
notamment à des membres du Congrès, un arrangement de paix
conclu la semaine dernière en Jordanie avec des dirigeants
de l'opposition de gauche israélienne conduits par l'ex-ministre
travailliste de la Justice, Yossi Beilin. Le député travailliste
israélien Amram Mitzna a indiqué à la presse qu'il entendait
lui aussi se rendre dans les semaines à venir à Washington
avec les autres membres de la délégation israélienne qui ont
négocié ce projet de paix.
Cet accord, qui
doit être signé lors d'une cérémonie le 4 novembre à Genève,
engage les Palestiniens à renoncer au droit au retour (en
Israël) des réfugiés palestiniens et à mettre définitivement
fin au conflit. Il engage également Israël à un partage de
souveraineté sur la vieille ville de Jérusalem, et à donner
aux Palestiniens 97,5 % de la Cisjordanie.
La visite des
responsables palestiniens intervient au moment où les relations
entre les Etats-Unis et l'Autorité palestinienne sont au plus
bas, après l'attentat qui a tué la semaine dernière trois
agents de sécurité de leur ambassade à Tel-Aviv accompagnant
un convoi diplomatique. A la suite de cet attentat, Washington
a suspendu jusqu'à nouvel ordre les visites officielles et
diplomatiques dans les territoires palestiniens. Le porte-parole
du consulat des Etats-Unis à Jérusalem, Charles Hunter, a
affirmé qu'aucune visite n'avait été effectuée par le personnel
du consulat ou par des responsables américains en Cisjordanie
depuis l'attentat de Gaza. « Nous allons évaluer la
situation pour déterminer quand ces visites peuvent reprendre »,
a-t-il déclaré.
Après l'attentat
sans précédent de Gaza, les Etats-Unis ont demandé à tous
leurs ressortissants de quitter ce territoire et conseillé
à ceux se trouvant en Cisjordanie de « prendre toutes
les précautions possibles contre d'éventuels nouveaux attentats ».
Cet attentat
avait suscité la colère du président américain George W. Bush
qui a affirmé que « les autorités palestiniennes auraient
dû agir depuis longtemps pour combattre le terrorisme sous
toutes ses formes ». « L'incapacité à entreprendre
ces réformes et à démanteler les organisations terroristes
constitue le plus grand obstacle à la réalisation du rêve
des Palestiniens d'un Etat indépendant », a-t-il
encore dit après l'attentat.
De son côté,
le secrétaire d'Etat Colin Powell a déclaré au premier ministre
palestinien Ahmad Qoréï qu'un Etat palestinien n'était pas
possible si la violence continuait. « J'ai fait savoir
très clairement au premier ministre Ahmad Qoréï que nous ne
pouvions pas aller de l'avant dans une solution au conflit
israélo-palestinien prévoyant deux Etats sans éliminer la
violence et le terrorisme », a affirmé M. Powell
dans une déclaration lue mercredi dernier par son porte-parole,
Richard Boucher. Le dirigeant palestinien, Yasser Arafat,
a promis que la commission d'enquête palestinienne mise sur
pied après l'attentat allait coopérer avec l'équipe du FBI.
La question de
la ligne de sécurité construite par les Israéliens en Cisjordanie
empoisonne également la situation. Après avoir fait connaître
leurs réticences au gouvernement israélien d'Ariel Sharon,
les Etats-Unis ont toutefois opposé leur veto le 14 octobre
dernier à un projet de résolution du Conseil de sécurité de
l'Onu condamnant sa construction. L'ambassadeur américain
aux Nations-Unies, John Negroponte, a justifié le recours
au veto en affirmant que le texte présenté « n'était
pas équilibré et ne condamnait pas le terrorisme en termes
explicites ».
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