Iraq
. Le pays est
toujours en proie à la violence et les attaques
contre les forces de la coalition se poursuivent
à un rythme soutenu. En attendant l'arrivée de
renforts multinationaux, prévue par la nouvelle
résolution de l'Onu. |
| L'occupant
toujours malmené |
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Les
troupes étrangères en Iraq sont confrontées à
de nouvelles menaces en Iraq, après la diffusion
de messages attribués à Ossama bin Laden et à
Saddam Hussein appelant à la résistance contre
les forces d'occupation. Un message écrit attribué
au président iraqien déchu Saddam Hussein a appelé
les chefs tribaux iraqiens au djihad et à frapper
« d'une main de fer » ceux qui
collaborent avec les forces d'occupation.
Ce message, impossible à authentifier,
a suivi la diffusion, samedi, par la chaîne de
télévision qatari Al-Jazeera, de deux nouveaux
enregistrements sonores attribués au chef du réseau
terroriste Al-Qaëda, Ossama bin Laden,
et menaçant les Etats-Unis et leurs alliés de
nouveaux attentats sur leur sol, et raillant en
outre leur « enlisement » en
Iraq. « Nous nous réservons le droit de
riposter au moment et au lieu opportuns contre
tous les pays participant à cette guerre injuste,
en particulier la Grande-Bretagne, l'Espagne,
l'Australie, la Pologne, le Japon et l'Italie »,
dit la voix attribuée à Bin Laden.
Ces nouvelles menaces interviennent
alors que sur le terrain, la coalition militaire
dirigée par les Etats-Unis subit encore des attaques.
Deux soldats américains ont été tués samedi soir
dans une attaque près de Kirkouk (250 km au nord
de Bagdad), théâtre de fréquentes attaques contre
les soldats de la coalition. Les deux décès portent
à 103 le nombre de soldats américains tués au
combat depuis l'annonce de la fin des opérations
militaires majeures le 1er mai. D'autre part,
un civil iraqien a été tué et six autres ont été
blessés dimanche à Falloujah (50 km à l'ouest
de Bagdad), où l'armée américaine a été de nouveau
la cible de deux attaques aux roquettes antichars.
Une autre attaque, à la roquette
Katioucha, a visé dimanche un poste de police
dans la région d'Al-Wassiti, à Kirkouk, mais a
raté sa cible. Il s'agit de la première attaque
dans laquelle ce type d'armes est utilisé contre
les forces de la coalition en Iraq.
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Possible réduction
des forces américaines
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Réagissant aux menaces de Bin
Laden, le président américain George W. Bush,
en visite à Bangkok, a lancé dimanche un appel
à poursuivre la « guerre contre le terrorisme ».
Face aux attaques quotidiennes contre les GI's
américains, le Pentagone a mis au point un plan
de réduction des forces américaines en Iraq prévoyant
de les faire passer graduellement de quelque 130 000
actuellement à environ 50 000 pour la mi-2005.
C'est ce qu'a dévoilé dimanche le Washington Post,
selon lequel ce plan n'a pas encore été approuvé
par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld.
Les retraits commenceraient à partir du 2e trimestre
2004 pour atteindre moins de 100 000 hommes
à la mi-2004. Selon l'une des sources citées par
le Washington Post, ce plan prévoirait également
le retrait des forces américaines et britanniques
des villes iraqiennes clés, en commençant par
celles de Bassora (sud) et Mossoul (nord). Le
chiffre de 40 000 militaires stationnés en
Iraq à la mi-2005 serait un chiffre considéré
comme « supportable au niveau de la taille
du déploiement, pour des années », si tout
se passe bien, selon le Post.
En attendant cette réduction
de l'effectif des forces américaines, de nouvelles
troupes étrangères devraient être déployées en
Iraq pour épauler les quelque 130 000 soldats
américains. En effet, le Conseil de sécurité de
l'Onu a adopté jeudi dernier à l'unanimité de
ses 15 membres une nouvelle résolution sur l'Iraq,
la 1 511, qui autorise la création dans ce
pays d'une force multinationale sous commandement
unifié américain pour participer à la stabilisation
du pays. La résolution 1 511 demande également
au Conseil de gouvernement provisoire iraqien
de présenter d'ici au 15 décembre un calendrier
pour rédiger une Constitution et tenir des élections.
Un membre du Conseil de gouvernement transitoire
iraqien, Mohsen Abdel-Hamid, a affirmé dimanche
qu'il était possible d'achever avant fin 2004
le processus constitutionnel et électoral en Iraq,
prévu par ladite résolution. Cependant, M. Abdel-Hamid
a averti que cette mission restait tributaire
de l'évolution de la situation en Iraq. « Les
circonstances peuvent changer », a-t-il
dit, tout en affirmant que le Conseil de gouvernement
transitoire allait soumettre, à la date prévue,
le calendrier que lui réclame le Conseil de sécurité.
« La Constitution devra
stipuler le multipartisme, la démocratie et un
système fédéral. Elle respectera l'identité musulmane
de la majorité des Iraqiens, ainsi que toutes
les confessions », a-t-il ajouté, en
soulignant que « cette Constitution sera
rédigée exclusivement par des Iraqiens (...) sans
aucune interférence étrangère ».
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| Abir
Taleb |
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En
quête de fonds
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Quelque
78 pays et 19 organisations internationales sont
attendus ces jeudi et vendredi à Madrid pour lancer
un programme de reconstruction de l'Iraq, dévasté
par plusieurs guerres, une gestion désastreuse
et dix ans de sanctions internationales. Une étude
de la Banque mondiale et des Nations-Unies a évalué
à 36 milliards de dollars les besoins de la reconstruction
de l'Iraq sur la période 2004-2007 dans 14 secteurs
prioritaires. Pour la seule année 2004, les besoins
sont évalués à 9,2 milliards de dollars. En marge
de cette estimation, l'Autorité Provisoire de
la Coalition (APC) en Iraq a évalué à 20 autres
milliards de dollars les besoins dans les secteurs-clés
comme la sécurité ou l'industrie pétrolière, ce
qui porte le total des besoins iraqiens jusqu'en
2007 à 56 milliards de dollars.
Face à l'incertitude sur l'importance
des contributions à venir, les organisateurs espagnols,
comme les responsables américains, avancent avec
prudence. Le vice-président du gouvernement espagnol
Rodrigo Rato a estimé vendredi que la conférence
pourrait réunir 15 à 20 milliards de dollars.
Les contributions annoncées jusqu'à
présent pour la reconstruction du pays sont loin
d'atteindre les 56 milliards, ou même les 36 milliards,
et certaines sont émises sous formes de dons,
d'autres de prêts. Les Etats-Unis apporteront
ainsi 20 milliards de dollars, dont la moitié
pourrait être fournie en prêts, le Japon 1,5 milliard
de dollars en 2004, le Royaume-Uni au moins 375
millions d'euros, l'Espagne 300 millions de dollars
pour 2003-2007, le Canada 220 millions de dollars
et l'Union européenne 200 millions d'euros. De
son côté, la Banque mondiale a annoncé qu'elle
pourrait prêter entre 3,4 et 4 milliards de dollars
au cours des cinq prochaines années.
L'Allemagne, la France et la
Russie ont indiqué qu'elles n'apporteront pas
de « contributions financières supplémentaires
aux engagements déjà pris ». Berlin et
Paris participent à la reconstruction de l'Iraq
par le biais de leur participation à la contribution
de l'UE.
Aux contributions annoncées par
les pays, devraient s'ajouter celles que l'Iraq
pourra apporter, essentiellement grâce au pétrole,
si la sécurité permet de reconstruire les infrastructures
et de prévenir les attentats contre les oléoducs.
Outre l'annonce des engagements financiers, la
conférence de Madrid devra décider de la création
d'un « fonds garanti des donateurs »
(Donors Trust Fund) qui devrait être géré
par la Banque mondiale et l'Onu.
La conférence de Madrid examinera
au cours de la première journée, jeudi, les besoins
humanitaires, en matière de sécurité et de justice,
et étudiera les 14 priorités identifiées dans
le rapport de la Banque mondiale et de l'Onu.
Une réunion séparée, avec la participation d'hommes
d'affaires, sera consacrée à l'importance du secteur
privé dans la reconstruction de l'Iraq. La journée
de vendredi, au niveau ministériel, permettra
aux différents pays de préciser l'aide qu'ils
envisagent d'apporter à la reconstruction de l'Iraq
au cours des prochaines années.
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