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Théâtre . Dans Masques, toiles et destins, le metteur en scène Hani Al-Métnaoui et le dramaturge iraqien Qassem Mohamad lancent un cri lyrique contre les atrocités de la guerre.
Bas les masques

Avec les atrocités de la guerre en Iraq ou ailleurs, les répressions des divers régimes et les brutalités commises sur la terre de Palestine, certains ont tout intérêt à s'abriter derrière des masques. Les uns se cachent par peur, les autres par indifférence ou par culpabilité, alors que d'autres tentent de donner une meilleure image d'eux-mêmes. Tout au long de la pièce, les comédiens sont pris dans des toiles très fines, comme pour se protéger contre les multiples violations. D'où le titre de cette mise en scène de Hani Al-Métnaoui : Aqnéa, Aqmécha wa massaër (Masques, toiles et destins), actuellement sur les planches du théâtre Hanaguer. Le thème de la pièce est donc la guerre, la mort et la destruction, de façon générale. « La guerre change les destins, certains n’arrivent pas à choisir leur vie sous le poids de ses séquelles », explique le metteur en scène.

Il n’y a pas d'intrigue précise ni de construction dramatique dans le sens traditionnel. On assiste à des scènes successives qui racontent l’histoire de l’homme, la naissance de l'amour entre Eve et Adam, des séquences de guerre, etc. Le dramaturge, Qassem Mohamad, a bien fouillé dans la mythologie grecque et en a tiré quelques personnages tel le voyant Tiresias, qui a prédit le mauvais sort du monde, il y a fort longtemps. De temps à autre, ce dernier intervient afin de faire la transition entre une scène et l'autre.

Tout baigne dans une ambiance poétique et lyrique. On retrouve des références à la poésie de T.S. Eliot, de Jobran Khalil Jobran, Abou-Hayane Al-Tawhidi, etc. Les vers de ces derniers se mêlent subtilement au texte de Qassem Mohamad.

La scénographie du metteur en scène Hani Al-Métnaoui s'avère remarquable. La scène est divisée en 3 niveaux agréablement utilisés par le metteur en scène. A première vue, on voit sur les planches les acteurs derrière leurs masques. Sur le côté, les représentants du pouvoir avec des masques d'animaux. L’arrière-plan fait office de cave ou plutôt de tombe portant les symboles des crucifiés et des martyrs. Au-dessus est perché le voyant aveugle. Le message est clair : il n'y a plus de sauveur, arrêtez d’attendre.

La gestuelle s'ajoute à l'ensemble dans une chorégraphie bien étudiée, notamment les scènes de guerre. Les acteurs se tiennent par la main et lancent : chair … chair, suivant un rythme puissant évoquant les atrocités de la guerre. Tout est agencé comme dans un jeu d’échecs. Les percussions montent et l'on assiste à une scène où l'on voit les guerriers s’entre-tuer devant un jeu d’échecs.

Al-Métnaoui a bien insisté sur le côté mélancolique et spirituel du spectacle à travers la voix d'une chanteuse fredonnant des airs tristes et languissants. Lorsqu'elle parle, celle-ci répète les phrases des acteurs sous forme de murmures indéchiffrables, dans une tonalité souvent trop faible. Une voix mélodieuse et mélancolique qui convient à la nature lyrique de la pièce, qui a d'ailleurs été primée lors de la dernière édition du Festival du théâtre expérimental.

May Sélim

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Masques, toiles et destins, tous les jours à 20h30, (relâche le lundi) au théâtre Hanaguer, terrain de l'Opéra, Guézira. Tél. : 735 68 61.

 

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