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Al-Ahram
Hebdo : Vous avez été nommé meilleur
milieu de Turquie pour le mois de septembre 2003.
Comment expliquez-vous vos excellentes performances
avec Besiktas ?
Ahmad
Hassan : Elles
sont le fruit d'un énorme travail en entraînement.
Je donne constamment le meilleur de moi-même.
Je suis un joueur professionnel, je donne tout
ce que j'ai pour ce sport. Il faut aussi signaler
que c'est maintenant ma 5e saison en Turquie.
J'ai acquis une expérience importante.
— Avec
7 buts marqués en 8 matchs, vous êtes le meilleur
buteur de l'équipe, et le second du championnat
turc, dépassant ainsi des attaquants de renommée
comme Hakan Sukur, Ilhan Mansiz, ou Pierre Van
Hooij Donk. Où avez-vous acquis ces qualités offensives ?
— Je
déploie énormément d'efforts sur le terrain et
je fais en sorte de bien me démarquer dans la
zone. La saison dernière, j'ai marqué 21 buts
avec Genclerbirligi, en championnat et
en Coupe. Et 16 buts au cours de la saison précédente.
Mes entraînements sont axés sur l'attaque. Je
participe aussi à des sessions supplémentaires
qui visent à développer spécifiquement mon attaque.
Il faut aussi mentionner que j'étais remplaçant
dans 5 des 8 matchs disputés. Quand je rentrais
sur le terrain, j'étais très déterminé à briller.
C'est ce qui m'a poussé à marquer ces sept buts.
— Justement,
il est curieux que vous soyez remplaçant malgré
vos excellentes performances ...
— C'est
le choix du directeur technique de l'équipe, le
Roumain Mircea Lucescu. Pour chaque match, la
composition de l'équipe est différente. Pour lui,
il s'agit de faire jouer régulièrement la vingtaine
de joueurs de son effectif. C'est son avis et
je dois m'y plier.
— Vous
êtes beaucoup plus performant avec votre club
qu'en sélection. Le public égyptien ne comprend
pas ...
— Ce
n'est pas de ma faute. En sélection, j'évolue
au poste de latéral droit, c'est-à-dire en défenseur.
Alors qu'avec mon équipe, j'évolue en milieu de
terrain, où je trouve des occasions de marquer.
J'en ai parlé avec Mohsen Saleh, le directeur
technique de la sélection. Il m'a promis de me
placer à mon poste préféré, celui de milieu de
terrain.
— Quel
bilan dressez-vous de ces 5 années passées en
championnat turc ?
— L'expérience
est réussie à tous les niveaux. Depuis que j'ai
quitté l'Egypte après la CAN 1998, j'ai intégré
les rangs de Kocaelispor, de Denizlispor
et de Genclerbirligi, tous des club
du milieu de classement. Aujourd'hui, j'évolue
avec Besiktas, le tenant du titre du championnat.
Au début, j'étais inconnu. Maintenant, les Turcs
savent que je suis égyptien et connaissent mon
nom. Je vaux aussi beaucoup plus cher. Le bilan
est donc très satisfaisant.
— Plusieurs
joueurs égyptiens sont allés, sans succès, tenter
leur chance en Turquie. Comment expliquez-vous
leur échec ?
— Le
problème des joueurs égyptiens, c'est qu'ils ont
énormément de mal à s'adapter au professionnalisme,
tel qu'entendu en Europe. Moi-même
j'ai beaucoup souffert au début mais j'étais déterminé
à réussir ma nouvelle carrière. Ici, toutes les
conditions sont réunies pour qu'un joueur se concentre
au maximum sur le jeu. L'échec ne peut s'expliquer
que par la faute du joueur.
— Le
football turc s'est beaucoup épanoui ces 5 dernières
années. A quoi cela est-il dû ?
— Au
professionnalisme. Ici, on est très rigoureux
et bien organisés. De nombreuses sociétés sponsorisent
largement les clubs. Ceux-ci se sont enrichis,
et ils ont donc les moyens de recruter de bons
joueurs. Ce qui leur a apporté de la puissance,
et la concurrence est devenue très forte. Contrairement
à l'Egypte, les différences de niveau entre les
clubs ne sont pas très importantes. Il existe
aussi des programmes de travail définis sur le
long terme, qui sont respectés, quels que soient
les dirigeants. Ce qui manque aussi au football
égyptien.
— Avez-vous
des ambitions au-delà du championnat turc ?
— En
Turquie, j'ai réalisé mon souhait de jouer dans
une équipe de tête de championnat. Mon objectif
suivant est de briller avec cette équipe en championnat
et en Ligue des champions d'Europe, pour ensuite
pouvoir intégrer un club au moins aussi connu
que Besiktas.
Sinon,
je me contenterais de ma place actuelle.
— Vendredi
dernier, dans le cadre de la préparation pour
la CAN 2004, vous avez rencontré le Sénégal avec
la sélection égyptienne. Où en sont les préparatifs
pour ce rendez-vous continental ?
— Je
suis content d'avoir joué ce match. Le Sénégal
est une puissante équipe qui a impressionné lors
du dernier Mondial. C'est important de rencontrer
de telles équipes pour mieux connaître nos faiblesses
et pouvoir y remédier. J'espère que nos prochains
matchs de préparation auront aussi lieu contre
des équipes de haut niveau. C'est très important,
car nous avons commencé tardivement notre préparation.
— Pour
la CAN 2004, l'Egypte est dans un groupe qui comprend
le Cameroun, l'Algérie et le Zimbabwe. Quel regard
portez-vous sur ce groupe ?
— C'est
sans doute un groupe difficile. Mais les autres
groupes le sont aussi. Quant on participe à une
CAN, on doit savoir que les adversaires comptent
parmi les 16 meilleures équipes nationales du
continent. Et avec l'épanouissement du foot africain,
il n'y a pas de rencontre facile. Notre premier
objectif sera d'aller au-delà du premier tour.
Ensuite, on verra.
— Vous
êtes une figure égyptienne du football européen.
Quel rôle jouez-vous dans la promotion de la candidature
de l'Egypte à l'organisation de la Coupe du monde
2010 ?
— Malheureusement,
personne ne m'a encore rien demandé. Mais je reste
à la disposition de la Fédération pour parvenir
à réaliser le rêve des Egyptiens d'organiser le
Mondial 2010. Je fais déjà mon maximum sur le
terrain afin de bien représenter le football égyptien
à l'étranger.
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