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L'enfer du processus
de paix |
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Par
Mohamed Sid-Ahmed |
| L'état
de ni paix ni guerre ne peut durer indéfiniment.
Tant qu'aucun progrès n'est réalisé dans le
sens de la paix, il devient tout à fait naturel
que les différends s'aggravent et aillent dans
la direction opposée, soit la guerre.
Bush
peut avoir une certaine vision le poussant à
classer certains Etats dans l'Axe du mal. Ces
pays peuvent être au nombre de 3, 5 ou 7. En
effet, l'Administration américaine avait commencé
par l'Afghanistan, ensuite ce fut le tour de
l'Iraq. Et aujourd'hui, c'est la Syrie qui est
menacée d'être incluse dans l'Axe du mal. Jusqu'ici,
ces pays ont dû faire face séparément aux Etats-Unis.
Nous
devons d'ailleurs réaliser que seuls les Etats-Unis
sont capables d'empêcher Israël de porter un
coup à la Syrie. Or, les Etats-Unis, en attaquant
l'Iraq, ont accordé à Israël une certaine immunité
en attaquant la Syrie. Nous sommes donc dans
une impasse. Comment éviter la recrudescence
de la violence ? |
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Qu'en est-il de l'ordre mondial ?
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Est-il
une pure coïncidence que la première attaque
contre la Syrie ait lieu après 30 ans de calme
total et d'un respect mutuel du cessez-le-feu ?
Ceci signifie que nous nous trouvons face à
un nouveau genre de confrontation dans la région,
à une diffusion des opérations visant l'Axe
du mal. Il
ne s'agit pas d'une opération sélective mais
globale. Qu'adviendra-t-il si les Etats-Unis
ne peuvent plus tenir les rênes du pouvoir et
que la Chine, par exemple, se permet d'attaquer
Taiwan ?
Ou si le Pakistan
attaque le Cachemire ? Que se passera-t-il
si la situation explose entre les Turcs et les
Kurdes ou entre les chiites et les sunnites
à l'intérieur ou à l'extérieur de l'Iraq ?
Qu'en sera-t-il de l'ordre mondial ou du principe
de souveraineté ? Il est grand temps de
changer complètement l'ordre mondial et le plus
vite possible. La seule issue est donc d'appliquer
ce qu'on appelle la Feuille de route.
Cette
Feuille reste pour l'instant lettre morte. Plus
encore, l'Administration américaine refuse de
condamner les attaques de Sharon. Ce qui nous
fait entrer dans un cercle vicieux.
Il
est donc indispensable de trouver une autre
issue. Et ce en partant du principe selon lequel
les pays non concernés par le conflit sont les
plus attachés à l'option de la paix ; ce
qui leur donne la responsabilité d'entreprendre
une action en faveur de la paix. En d'autres
termes, l'opposition au règlement provient essentiellement
des parties en conflit. A vrai dire, tenir fermement
aux actes de représailles expose le processus
de paix à un danger de mort. Bref, sortir de
l'impasse actuelle serait peut-être tributaire
de l'action de parties extérieures.
Il
existe aujourd'hui une force plus importante
que celle de la paix : il s'agit de celle
de la vengeance ! La règle du jeu est donc
la suivante : les parties directement impliquées
dans le conflit ne tiennent plus à la paix,
mais menacent de faire basculer la région entière
dans les pires désastres.
Ainsi,
le processus de paix a-t-il donné naissance
à une opération radicalement opposée :
une détérioration du conflit et une recrudescence
des actes de violence et d'atrocités.
Bref, il s'agit
d'un enfer sur la ligne de front israélo-arabe.
Et la situation restera telle quelle tant qu'Israël
campe sur sa position et continue d'occuper
les terres arabes. Ce qui donnera naissance
à une résistance et à une réaction opposée de
la part des Israéliens. Un cercle infernal d’escalade
de la haine et des actes de vengeance se mettra
alors en place |
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La solution imposée
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La
question qui s'impose est donc la suivante :
A la lumière de la position de Washington peut-on
s'attendre toujours à une solution imposée ?
Nous avons déjà été témoins de ce genre de solution
en Iraq. Sous prétexte de trouver une solution,
la guerre fut déclenchée. Et ce sans preuves
que l'Iraq possède des armes de destruction
massive et sans une résolution à cet égard de
la part du Conseil de sécurité. L'Iraq peut-il
devenir le symbole de ce genre de solution qui
sera imposée à la question palestinienne ?
Une solution qui ne sera pas accueillie favorablement
par les Palestiniens car leur Etat souhaité
ne sera pas entièrement souverain. Sans oublier
que cette solution ne sera guère satisfaisante
pour les Israéliens et notamment pour le gouvernement
de Sharon. Car la droite israélienne refuse
le principe même de la présence d'un Etat palestinien
sur « la terre historique d'Israël ».
Bref, le conflit restera en flammes tant que
l'équilibre et la justice lui feront défaut.
Existe-t-il
en Israël une force politique capable de chercher
à établir un règlement contractuel équitable
pour les deux parties ?
Il est important
d'examiner le sens de l'action d’Uri Avneri
et de ses partisans en faveur de la paix en
Israël. Il est indispensable de réfléchir sur
l’idée même de ces pacifistes de former des
boucliers humains pour protéger Arafat. Ceci
signifie que si Sharon insiste à liquider Arafat,
il devra par conséquent tuer des juifs avec
lui. Le premier ministre israélien peut-il assumer
une telle responsabilité ? Le comportement
de ces partisans de la paix réfute tout argument
selon lequel Arafat est l'unique responsable
du « terrorisme palestinien ».
Ceci prouve de même que l'isolement d'Arafat
n'est pas la solution. |
La réforme de l'ordre mondial
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Nous
en déduisons que le climat, sur le plan régional,
est plus proche de la guerre que d'un règlement
du conflit. Et uniquement en focalisant sur
les dangers, nous pouvons éviter le déclenchement
de la guerre.
Quant
à la conception de l'Axe du mal, il faut avouer
qu'elle évoque une notion extrêmement dangereuse.
Selon cette notion, le mal n'est pas le fruit
de la conjoncture, mais une qualité inhérente
à une certaine catégorie d'hommes. Selon cette
conception, il existe un mal naturel, et un
bien naturel. Plus encore, le mal est invariable
selon les circonstances. Ce qui est une erreur
à même de justifier les actes terroristes.
Il
est grand temps de réaliser que le terrorisme
n'est pas une fatalité. Il s'agit d'un événement
d'ordre social remédiable. Il nécessite une
disposition à faire assumer à l'ordre mondial
sa part de responsabilité dans les crimes actuellement
commis. Ajoutons que pour éradiquer le terrorisme,
il ne suffit pas d'éliminer ses symptômes mais
ses racines. C'est une responsabilité que doit
assumer la communauté internationale tout entière,
les forts et les riches avant les faibles et
les marginalisés accusés de commettre des actes
terroristes.
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Doubaï, une ville
florissante
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| Par
Salama A. Salama
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En
visitant Doubaï, cette ville florissante, on
ne peut qu’être surpris par le caractère titanesque
des travaux et des efforts qui ont transformé
cette petite ville perdue sur la côte du Golfe
en un gigantesque centre d’activités économiques,
industrielles, touristiques et médiatiques.
Cette ville est désormais capable de ravir la
vedette à d’autres pays arabes plus vastes,
plus riches et possédant une plus grande expérience.
Ce qui a créé ce progrès, c’est l’adaptation
rapide aux lois de la mondialisation et le dynamisme
qui caractérise cette société créative et évoluée.
C’est ainsi que Doubaï est devenue un centre
de rayonnement civilisationnel que lui envient
de nombreux pays arabes.
Doubaï
a dernièrement accueilli le Forum des médias
arabes auquel elle a invité de nombreuses personnalités
des pays arabes et européens ainsi que des Etats-Unis
pour débattre de la question des médias et de
la guerre, et de la responsabilité des médias
dans la couverture des conflits armés tout en
mettant l’accent sur la guerre contre l’Iraq.
Ce forum est un simple exemple de la créativité
qui caractérise Doubaï dans l'organisation de
ce genre de conférences. Ce forum était précédé
par une énorme conférence internationale réunissant
des présidents de banques et des hommes d’affaires
sous la houlette des deux organismes internationaux,
la Banque mondiale et le FMI.
Doubaï
est un exemple à suivre dans le domaine du tourisme
des conférences du point de vue de l’organisation,
de la commercialisation, du suivi, des préparatifs,
etc. En abordant ce sujet, il serait difficile
de ne pas faire allusion au comportement des
responsables égyptiens qui représentent notre
pays dans ces manifestations. Alors que de nombreux
pays s’évertuent à parler d’eux-mêmes et à défendre
leurs intérêts, on entend parler de l’absence
des responsables égyptiens des activités et
des conférences de presse tenues lors de cette
manifestation. Et quand ils sont présents, ils
présentent des informations, des chiffres et
des statistiques anciens qui ne reflètent en
aucun cas la réalité des conjonctures actuelles
que ce soit dans le domaine du tourisme, des
échanges commerciaux ou autres ... Il est
difficile de comprendre les raisons de ce manque
d’intérêt dans un monde où seuls le sérieux
et la pleine prise en conscience des mutations
mondiales, des conditions de développement et
d’attraction des investissements sont gages
de succès.
L’absence
totale d’entraves bureaucratiques et l’encouragement
des investissements étrangers ont fait de Doubaï
la plus grande zone franche du monde arabe et
ont encouragé de nombreuses compagnies et agences
étrangères agissant dans tout le monde arabe
à transférer leurs activités, services et bureaux
régionaux dans cette ville. Il suffit d’y visiter
la Cité de production médiatique qui abrite
les sièges d’un grand nombre d’institutions
travaillant au Proche-Orient. Cette cité leur
offre toutes les facilités modernes, de l'Internet
aux médias en passant par les agences de presse
et les chaînes de télévision mondiales. Ces
institutions ont choisi cette petite ville comme
point de départ de leurs activités dans la région.
Tout ceci a également encouragé de nombreux
chefs d'Etat à visiter cette ville, dont le
dernier en date est le chancelier allemand Gerhard
Schröder.
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