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Initiative . « Les antiquités de Mésopotamie ». C'est le thème qui s'est imposé à l'Association des archéologues arabes lors de leur sixième réunion qui vient d'avoir lieu au Caire.
Pour une action arabe
en faveur des antiquités iraqiennes
Mésopotamie, Assyrie et autres Ninive, sont les mots qui reviennent à l'heure actuelle suite à l'invasion américaine de l'Iraq et le pillage des monuments archéologiques qui l'a suivie. Bien avant l'attaque, les archéologues arabes avaient mis en garde contre une telle éventualité, mais le cauchemar a bien eu lieu avec le pillage du musée national. Plusieurs pièces exposées ont été endommagées et d'autres ont été volées. Les sites archéologiques ont été mis en danger.

Sous l'occupation, les risques augmentent, c'est ce qui a poussé la direction de l'Association des archéologues arabes à organiser cette conférence sur les antiquités iraqiennes. D'où la recommandation adoptée de former un comité pour participer à la restauration de ces pièces et monuments. Les archéologues arabes ont par ailleurs exigé de faire un suivi régulier et d'établir périodiquement des listes des pièces antiques volées. Ils demandent aussi de ne pas traiter avec tout organisme qui pourrait être impliqué dans le pillage des antiquités iraqiennes, soit en apportant assistance aux pillards, soit en recelant les pièces, ou encore en les endommageant. L'Association fait appel aux Nations-Unies, l'Unesco, la Ligue arabe et l'Organisation de la conférence islamique pour participer à la conservation des antiquités iraqiennes et arabes. L'Association voudrait encore que les forces d'occupation assument la responsabilité de la destruction du patrimoine, ainsi que les frais de sa restauration.

Après que Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités égyptien (CSA), eut relevé que certaines organisations internationales ont contesté le droit de l'Association de parler au nom de tous les archéologues arabes, il a été recommandé que l'Association change de statut et fasse partie de la Ligue arabe. Ainsi, il lui sera possible de mener sa tâche à bien. Ceci exige évidemment de rassembler toutes les associations arabes locales sous la bannière de cette organisation. Il reste qu'il faut passer des paroles aux actes. Mais un pas est déjà franchi « pour unifier les Arabes au moins sur un seul sujet, celui de l'archéologie, même si les gouvernements sont en différend », commente Hawas.

Doaa Elhami

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Quatre questions à Nahed Daftar, archéologue iraqien et professeur à l'Université de Bagdad.

Al-Ahram Hebdo : La délégation iraqienne attendue à la conférence devait se composer de 12 membres. Seuls 3 ont effectivement participé ...
Nahed Daftar : Etant donné la situation d'occupation, il n'y a pas de vol à partir de l'aéroport de Bagdad. Pour nous rendre en Egypte, nous avons pris la route vers Damas et ensuite nous nous sommes envolés vers la capitale égyptienne. Le trajet était alors plein de difficultés, de danger et de fatigue. Aussi c'est très coûteux, étant donné le manque de moyens dont nous disposons. Mais puisque les responsables de la conférence ont consacré une journée aux monuments iraqiens, il fallait qu'on participe pour donner une image réelle de l'état déplorable des antiquités iraqiennes.

— Avez-vous une liste exhaustive des pièces archéologiques qui ont été endommagées ou bien volées ?
— Jusqu'à maintenant, on ne connaît pas exactement combien de pièces ont été volées. Mais je crois que les responsables du Musée national ont déjà une idée. Cependant, par chance, plusieurs antiquités ont été préservées avant l'attaque. Par exemple des trésors assyriens qui ont été déposés à la Banque Centrale iraqienne avant la guerre. D'autre part, beaucoup de citoyens ont rendu des pièces volées, et la police iraqienne en coopération avec les troupes des alliés ont pu en restituer d'autres.

— Avez-vous apporté des photos ou documents sur ces pièces endommagées pour les présenter aux archéologues arabes ?
— Les choses sont très difficiles sous l'occupation. Nous-mêmes, en tant que spécialistes, nous n'avons pas le droit d'entrer au Musée national pour examiner l'état des pièces endommagées afin de les restaurer et conserver les pièces qui sont en bon état.

C'est désolant. De toute façon, les antiquités iraqiennes ont un cachet propre. Lors de leur parution dans n'importe quel pays, elles seront facilement identifiées. Toutes les antiquités qui ont été exposées et conservées dans le musée sont enregistrées.

— Dans ces conditions, comment les archéologues iraqiens peuvent-ils conserver leurs monuments ?
— Tout d'abord on a besoin d'établir des projets de restauration soit pour les pièces antiques soit pour les sites archéologiques. En même temps, j'espère encore qu'on enseignera l'archéologie dans nos écoles à côté de l'Histoire. Par ailleurs, on a besoin d'une coopération entre les pays arabes afin de restituer les antiquités volées. J'aimerais organiser sur le terrain iraqien une réunion pour que les archéologues arabes pour voir de manière concrète ce qui se passe afin de prendre les meilleures mesures.

Propos recueillis par
D. E.

 

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