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Alexandrie . Le musée des bijoux royaux fait l'objet d'un grand projet de restauration. Après neuf mois de fermeture, les travaux n'ont pas encore débuté.
Le charme peu discret de la royauté

Alexandrie,
De notre envoyée spéciale —

« Le musée est fermé pour restauration », indiquent deux plaques en arabe et en anglais, accrochées des deux côtés de la porte du musée des bijoux royaux d'Alexandrie. Depuis le 24 janvier 2003, l'entrée est uniquement réservée aux employés du musée pour pouvoir commencer les travaux de réaménagement et de restauration. Ces travaux, qui devaient durer un an et demi, n'ont pas encore commencé. « On attend évidement la désignation d'une société qui se chargera des travaux. Ce que l'on a pu faire jusqu'à maintenant, c'est de transférer toutes les pièces précieuses à un endroit que je ne peux citer par mesure de sécurité. Evidemment, ces objets valent plus que de l'or », souligne Samia Al-Amoudi, directrice générale du musée.

Il s'agit effectivement de l'un des plus importants musées spécialisés de l'Egypte. Le musée des bijoux de la famille royale est situé dans un ancien palais situé dans le quartier de Zizinia, à Alexandrie. La maîtresse des lieux s'appelait « Al-Nabila (la noble) » Fatima Heidar. Elle est l’arrière-arrière-petite-fille d'Ibrahim pacha, fils de Mohamad Ali pacha, fondateur de la famille royale égyptienne. Les initiales de Fatima Heidar, F.H. ont été inscrites sur beaucoup d'endroits dans le palais ainsi que sur ses objets personnels. Elle s'est mariée avec Mohamad Fayeq Yaken et a donné naissance à Fadel, Fayez et Fayza.

La construction de son palais a débuté en 1919 à l'époque de la mère de la princesse, et ont été terminés à l'époque de cette dernière en 1923.

Le musée s’appelle aussi Qasr Al-mogawharat, c'est-à-dire le Château des bijoux. En fait, c’est à la fois un musée et un magnifique château : de l’extérieur, il ressemble plutôt à une luxueuse villa de style byzantin, mais de l’intérieur, c’est bel et bien un palais, avec des peintures au plafond style Renaissance et des vitraux style romantique. La décoration y a été réalisée avec beaucoup de goût. C'est un endroit qui émerveille et rappelle la splendeur du temps passé.

Le palais se compose de deux ailes : Est et ouest, reliées entre elles par une grande galerie. La partie Est se compose de deux salons, deux chambres, une grande salle et une salle de bain. Elle a été construite après la partie ouest, à laquelle elle est reliée par un corridor avec des fenêtres multicolores des deux côtés. La partie ouest se compose de deux étages : le premier comprend 4 petites chambres, une grande pièce et une salle de bains. Le deuxième se compose de 4 salles avec leur salle de bains et au milieu de l'étage, une grande pièce. Le rez-de-chaussée, quant à lui, se compose de 3 chambres, d'une cuisine et des salles de bains réservées aux employés.

L'architecture du palais ajoute encore au charme et au luxe. Tous les vitraux du château racontaient une belle histoire d’amour. De vitrail en vitrail, l’histoire se poursuivait jusqu’au dénouement final, c’est-à-dire le mariage. La scène de mariage apporte une touche d’exotisme avec le turban, les babouches du jeune garçon tenant la traîne de la mariée.

Cette demeure de 4 185 m2 de surface n’a été transformée en musée qu’en 1986, suite à un décret présidentiel pour regrouper une partie imposante de la collection des bijoux de la famille de Mohamad Ali pacha. Inauguré en février 1994, on y trouve ainsi des objets précieux et fascinants. Tous les bijoux remontent au règne de la famille royale en Egypte, depuis Mohamad Ali jusqu'au règne du roi Farouq (1805-1952). De Mohamad Ali jusqu’à Farouq, dix hommes d’une même famille se sont succédés et ont gouverné l’Egypte pendant plus d’un siècle. Pendant cette période, leur collection de bijoux et d’objets personnels n’a cessé d’augmenter.


Couronne en platine sertie de diamants

Le visiteur peut être fasciné par l'ensemble des bijoux et objets précieux ayant appartenu à la famille royale. Du jeu d'échec de Mohamad Ali, serti de pierres précieuses aux 1 506 diamants de la couronne de la reine Farida, tout donne l'impression de se trouver dans un conte de fées. Des colliers, bracelets, boucles d’oreilles et broches en or avec perles de cultures et rubis, de la vaisselle en or incrustée de diamant, des tasses de thé en porcelaine, des médailles en or incrustées de 288 diamants. Parmi les objets les plus précieux figure la couronne en platine sertie de 2 159 diamants ainsi que de 11 perles de culture appartenant à la princesse Chéweikar, la première épouse du roi Fouad 1er, le père du roi Farouq. Autres splendeurs d'antan représentent la couronne en platine en forme de fleurs sertie de 1 506 diamants avec une broche qui a appartenu à la reine Farida, une boîte de nouchouq (tabac à priser) de la collection de Mohamad Ali pacha et les portraits de la famille royale, ainsi que deux bustes imposants de Mohamad Ali pacha et du khédive Ismaïl. On pourra également admirer un courrier en or envoyé à la reine Farida et signé par la reine Chérine.

Ces objets imposants sont pour la plupart en bon état et bien conservés. Ils n'ont pas besoin donc d'être restaurés. Certes, c'est le palais occupé par le musée qui sera restauré. « Des parties de décoration du plafond et des murs de quelques chambres du palais sont tombées. Et puis la partie sud du palais est abîmée par l'humidité de la mer, ce qui nécessite une restauration régulière », explique Samia Al-Amoudi.

Les travaux comprennent également une nouvelle manière d'exposer les objets : ces derniers seront exposés dans des vitrines très modernes dans lesquelles seront bien contrôlés les degrés de température et d'humidité. Le système d'éclairage sera aussi développé dans l'ensemble du musée et de ses vitrines. De nouvelles salles seront ouvertes pour agrandir la surface de l'exposition et pour que le visiteur puisse contempler le palais complètement. Quant au système de sécurité, il devrait être au plus haut niveau puisque le palais abrite des objets sans prix.

Amira Samir
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