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Politique .
Des représentants de l'opposition et de la société civile
soumettront le 22 octobre au président Moubarak une série
de revendications. En première ligne, la suppression de l'état
d'urgence. |
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L'opposition
unie pour la réforme |
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représentants de l'opposition, des ONG et d'autres composantes
de la société civile, regroupés sous le nom de Commission
nationale de défense de la démocratie, se rendront le 22 octobre
au palais présidentiel à Abdine pour soumettre au président
Moubarak une liste de revendications. Parmi celles-ci, une
modification radicale de la Constitution, une annulation de
toutes les lois d'exception, une plus grande marge de liberté
d'expression, une annulation du comité des partis (organe
gouvernemental chargé d'autoriser ou non la création des nouveaux
partis politiques) et une modification des lois régissant
les élections. « Cela
fait presque un an que nous menons une campagne pour l'annulation
de la loi sur l'état d’urgence. Malheureusement, le Parlement
a reconduit l'année dernière l'état d'urgence pour trois années
supplémentaires. Or, cette loi ne doit être reconduite et
appliquée qu'en cas de guerre. De nombreuses violations des
droits de l'homme ont été commises par les autorités à cause
de cette loi », s'indigne Hafez Abou-Seada, secrétaire
général de l'Organisation Egyptienne des Droits de l'Homme
(OEDH). La
commission de la défense de la démocratie a été formée l'année
dernière par le parti néo-Wafd, le Parti nassérien,
le parti du Rassemblement, des représentants du courant communiste
en coopération avec plusieurs organisations des droits de
l'homme. « Nous réclamons aussi la modification du
mode de désignation du président de la République. Celui-ci
doit être élu par suffrage direct et non par référendum »,
réclame Diaaeddine Daoud, président du Parti nassérien.Mahmoud
Abaza, vice-président du néo-Wafd, demande pour sa
part que les partis d'opposition aient les mêmes droits que
le Parti National Démocrate (PND), notamment le droit d'apparaître
dans les médias audiovisuels et dans la presse écrite. « Les
médias sont une des raisons qui affaiblissent les partis politiques
d’opposition. Ces derniers veulent y avoir accès pour que
le public arrive à mieux les connaître, à connaître leurs
programmes. Je pense que si les médias étaient plus libres,
cela renforcerait automatiquement le rôle des partis politiques »,
estime Mahmoud Abaza.
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Débat
national
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Lors
du dernier congrès annuel du PND, le président Moubarak a
appelé les partis politiques de toutes les tendances à un
dialogue national afin d'établir une charte de bonne conduite.
Cette charte a pour but de relancer l'action des partis et
de réaliser la réforme politique requise. Mais les partis
d'opposition ne semblent pas optimistes quant au résultat
d'un éventuel débat. Ils ont participé de 1982 à 1992 à 5
débats de ce genre avec le PND sur l'économie, les préoccupations
des citoyens et sur la politique, sans jamais parvenir à des
résultats concrets. « Le PND impose toujours son point
de vue en ignorant les propositions des autres partis politiques.
Il prétend à chaque fois qu'il y a une unanimité nationale
sur la politique du parti et de son gouvernement. Nous réclamons
un débat public, pas un débat dans les bureaux. L'opinion
publique doit connaître la politique et le point de vue de
chaque parti pour garantir le succès d’un tel dialogue »,
insiste Réfaat Al-Saïd, secrétaire général du parti du Rassemblement,
qui vient d’émettre un communiqué sur ce débat national. Le
communiqué met en garde contre le fait que le gouvernement
utilise ce genre de débats pour passer des lois rejetées par
l'opinion publique et les autres partis politiques. « Pour
que le débat soit fructueux, il faut se mettre d'accord sur
un programme qui détermine les questions importantes qui seront
discutées durant ce dialogue. La priorité doit être accordée
à la question de la réforme politique », réclame
le communiqué. Au
lieu d'un débat qui, selon eux, pourrait n'aboutir à rien,
les partis d'opposition réclament donc une réforme directe.
Ils espèrent profiter du contexte actuel pour faire pression
sur le gouvernement. Depuis
la chute du régime iraqien au mois d'avril dernier, la société
civile et les partis d'opposition sont plus actifs sur le
dossier des réformes. « Après la guerre en Iraq, les
Etats-Unis ont commencé à faire pression sur certains pays
de la région pour entamer des réformes démocratiques. L'opposition
veut donc visiblement mettre à profit cette atmosphère pour
faire pression sur le gouvernement et l'inciter à mener une
véritable réforme », analyse Amr Hachem Rabie, chercheur
au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d'Al-Ahram.
Il ajoute que ceci ne signifie pas pour autant que le gouvernement
va obtempérer aux exigences de l'opposition. « Tout
d'abord, ces exigences de l'opposition ont déjà été formulées
à plusieurs reprises par le passé sans résultat »,
relève Amr Hachem Rabie. « Je pense que le gouvernement
se dirigera vers une petite ouverture comme il l'a déjà fait,
mais une véritable réforme de fond n'est en aucun cas envisageable »,
conclut Rabie.
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Ingy
Al-Qadi |
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