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Dans
une zone où ils ne s'étaient pas encore aventurés, les Casques
bleus ont essuyé samedi une série de tirs auxquels ils ont
riposté, près du site où 65 personnes ont été massacrées le
6 octobre à Chatchele, en Ituri (nord-est de la République
Démocratique du Congo, RDC), a indiqué dimanche la Mission
des Nations-Unies (Monuc).
Aucun
Casque bleu n'a été blessé dans cet échange de tirs près de
Petro, le village d'où seraient partis les auteurs du massacre,
a précisé un porte-parole militaire de la Monuc. Selon un
autre porte-parole, « la Monuc n'a fait ni blessé,
ni mort » et n'a procédé à aucune arrestation.
Le
6 octobre, au moins 65 personnes avaient été tuées à Chatchele.
Selon les témoins, le massacre a été perpétré par des membres
de l'ethnie Lendu, majoritaire en Ituri, contre des Hema,
de l'ethnie minoritaire. Selon la Monuc, les victimes étant
principalement des femmes et des enfants tués par balle et
à coups de machettes.
Le
président de l'Assemblée nationale de transition, Olivier
Kamitatu, s'est rendu dimanche sur les lieux du massacre.
C'est la première fois qu'un haut responsable des institutions
de transition en RDC, mises progressivement en place depuis
trois mois, se rend à l'extérieur de Bunia, le chef-lieu du
district de l'Ituri, dont dépend Chatchele.
« C'est
parce que nous sommes décidés à tout mettre en œuvre pour
arrêter les massacres en Ituri que nous sommes là aujourd'hui »,
a expliqué M. Kamitatu devant quelque 500 personnes réunies
dans un pré en contrebas du village. La veille, il affirmait
déjà que les auteurs des massacres « subiront un châtiment
exemplaire ». « Il y va de la crédibilité »
du gouvernement congolais de transition, a-t-il estimé.
M.
Kamitatu était notamment accompagné de parlementaires de l'Ituri
et de William Swing, l'envoyé spécial en RDC du secrétaire
général des Nations-Unies, Kofi Annan. « Le fait que
le président de l'Assemblée nationale ait pris l'initiative
de venir lui-même à Chatchele est un événement très significatif »,
a estimé M. Swing, qui avait auparavant salué l'engagement
du gouvernement de Kinshasa en Ituri.
La
guerre en RDC, qui a impliqué jusqu'à sept pays d'août 1998
à la fin 2002, a fait quelque 2,5 millions de morts, en majorité
des civils. Les violences se poursuivent toutefois dans plusieurs
régions du pays, notamment l'Ituri, qualifié de poudrière
ethnique.
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Le
massacre de Chatchele constitue un défi de taille pour la
Monuc, chargée depuis le 1er septembre d'assurer la sécurité
dans ce district en proie à des violences interethniques qui
ont fait depuis 1999 quelque 50 000 morts et 500 000
déplacés. Jusqu'au massacre du 6 octobre, la Monuc n'était
déployée qu'à Bunia, le chef-lieu. Dans la brousse, en revanche,
les exactions entre milices rivales se poursuivent en toute
impunité. Depuis cette tuerie, quelque 175 Casques bleus sont
installés à Bule, à environ 5 km de Chatchele, et des hélicoptères
de combat de l'Onu survolent la région à basse altitude, quand
le temps le permet.
« Dès
que nous aurons suffisamment d'informations fiables, il y
aura une réponse militaire adaptée, en conformité avec notre
nouveau mandat qui nous autorise à ouvrir le feu pour protéger
les civils », a assuré au lendemain du massacre le
colonel Laurent Banal, commandant de secteur de la Monuc en
Ituri. Jeudi soir, la Monuc a annoncé dans un communiqué avoir
envoyé des hommes pour poursuivre l'enquête.
Les
derniers massacres commis dans le nord-est de la République
démocratique du Congo soulignent la nécessité de déployer
la Mission des Nations-Unies dans l'ensemble de l'Ituri, a
souligné dans un communiqué le Haut représentant de l'Union
européenne pour la politique étrangère, Javier Solana.
D’après
la porte-parole de la Monuc à Bunia, Isabelle Abric, la « Brigade
Ituri » devrait entamer son véritable déploiement
dans le reste de la région dans les prochains jours. Auparavant,
une source onusienne avait déclaré qu'un déploiement durable
à l'extérieur de Bunia pourrait encore prendre « au
moins trois semaines ». Plus de 3 300 Casques
bleus, Bangladeshis et Pakistanais pour la plupart, sont actuellement
déployés à Bunia dans le cadre de cette Brigade. A terme,
la brigade devrait compter entre 4 000 et 5 000
hommes, après l'arrivée, en novembre, d'un contingent népalais.
« Pour l'instant, les Casques bleus n'ont pas réellement
montré s'ils sont en mesure d'assumer cette mission »
en dehors de Bunia, estime un observateur de la région des
Grands Lacs, sous couvert d'anonymat. « Le massacre
de Chatchele est pour eux un test : ils ont l'occasion
de prouver leur capacité de réaction et d'intervention »,
a-t-il conclu.
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