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Festival
international du film du Caire
. L'actrice française Emmanuelle Béart était la vedette
de l'ouverture de cette 27e édition. Elle s'est vu remettre
la Pyramide d'Or pour l'ensemble de son œuvre. Coup
de projecteur. |
Le
retour aux sources d'Emmanuelle Béart |
Son
nom évoque à lui seul d'innombrables succès, et une
série de rôles qui ont marqué le cinéma français. Et
bien qu'elle reste finalement assez mal connue du public
égyptien, Emmanuelle Béart a été accueillie avec chaleur
dès son arrivée à l'aéroport du Caire, puis lors de
sa montée sur scène lors de la cérémonie d'ouverture,
et pendant les trois jours qu'elle vient de passer en
Egypte.
« Je
n'ai jamais vu des lieux si splendides, et je n'ai jamais
rencontré un peuple aussi accueillant que le peuple
égyptien, affirme Béart. Lors de nos visites
dans les différents quartiers du Caire, je me suis déplacée
d'une mosquée à une autre, d'un lieu de paix à un autre,
j'étais vraiment éblouie par cette paix et cette chaleur
qui inondent votre pays au sein de ce monde noirci par
les guerres. Cette visite était pour moi presque un
rêve, des moments magiques qui m'ont tellement émue
que je mettrai un certain temps à me remettre de ce
que j'ai vécu ici ».
« Même
les regards et les sourires des gens et le bruit des
rues de cette ville qui compte 18 millions d'habitants
m'ont laissé des messages d'amour et de splendeur qui
m'ont touchée au fond », poursuit-elle.
L'Egypte
est depuis longtemps un pays particulier pour l'actrice.
Son père, le célèbre chanteur et compositeur Guy Béart,
y est né et enterré.
Elle
n'était jamais venue en Egypte. Elle a passé sa jeunesse
au sein d'une famille d'artistes à la campagne, et a
débuté sa carrière à 11 ans dans Demain des mômes,
en 1976, de Jean Pourtalé. Ce n'est que 8 ans plus tard
qu'elle joue son deuxième rôle dans Premiers désirs
de David Hamilton, en 1984. Mais c'est en 1986,
avec Manon des sources, de Claude Berri, qu'elle
acquiert le statut de star et obtient son premier prix,
le César du meilleur second rôle féminin. Depuis, elle
a été à l'affiche de plus de 34 films, parmi lesquels
quelques-uns ont été sélectionnés par le Festival du
Caire, entre autres : 8 Femmes, de François
Ozon, ou encore Les Egarés d'André Téchiné, projeté
lors du dernier Festival de Cannes.
C'est
après la projection de ce dernier la semaine dernière,
que le Festival du Caire a organisé une conférence de
presse d'Emmanuelle Béart à la veille de son retour
à Paris. « C’est une deuxième expérience avec
André Téchiné après J'embrasse pas, qu'on a tourné
en 1991, explique Emmanuelle Béart. Le travail
avec Téchiné est formidable, car il est très directif,
et ses cadres sont toujours très précis. Ces cadres
rigides peuvent donner aux comédiens plus de liberté
en travaillant ».
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Star,
mère et militante
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Dans
ce film, l'interprétation de Béart est à la fois simple
et suffisamment riche pour exprimer le dilemme et les
controverses qui caractérisent son personnage dans le
film. « C'est le conflit entre son métier d'institutrice
et ses sentiments de femme et de mère qui donne à ce
personnage toute son émotion », explique-t-elle.
Relatant l'histoire de l'occupation allemande de la
France pendant les années quarante, ce film a rendu
Béart plus sensible aux questions politiques. « Je
sens à quel point il est effrayant pour un peuple de
se retrouver occupé par autrui. Ma grand-mère m'a raconté
l'exode pendant la guerre. Mais je suis tout à fait
d'accord avec Chérif Al-Choubachi, président du festival,
lorsqu'il affirme que la meilleure façon de répondre
à la violence et à l'injustice c'est d'organiser des
festivals et des manifestations artistiques et culturelles
dont le rôle est de policer les âmes ».
Ambassadrice
de l’Unicef depuis 6 ans, Emmanuelle Béart prend sa
mission très au sérieux. « C'est un travail
très important pour moi, explique-t-elle. Ça
me touche de très près et je lui consacre beaucoup de
temps ». Sa tâche, selon elle, est d'être
témoin, de préparer des dossiers sur les problèmes qui
l'intéressent, pour ensuite aller recueillir les témoignages
sur le terrain. « Je fais actuellement des recherches
sur le problème de la prostitution des mineures, dit-elle.
C'est dur d'être témoin, de fouiller dans les vies
des autres, d'écouter leurs problèmes et de rassembler
leurs douleurs sans y apporter de solutions. Cela nécessite
d'avoir une sensibilité particulière pour jouer ce rôle ».
Et de continuer : « Je me sens coupable
d'avoir le privilège d'être comédienne sans jouer de
rôle pour ceux qui souffrent. Cette mission m'a beaucoup
changée ; le seul fait d'avoir commencé à observer
tout ce qui m'entoure m'a littéralement transformée ».
Elle
a fait un détour par le cinéma américain dans Mission
impossible, en 1999, devant Tom Cruise et avec le
fameux metteur en scène Bryan de Palma. Un détour qu'elle
n'a pas répété depuis. « Cette expérience était
assez drôle, avoue-t-elle. Travailler à Hollywood,
c'est entrer dans une machine de cinéma qui marche très
rapidement. Les metteurs en scène américains n'ont pas
de temps à donner à leurs comédiens, comme le font les
Français. Mais Bryan de Palma n'est pas tellement américain,
il est d'origine italienne. Je m'étais mise d’accord
avec lui pour manger des spaghetti et de la pasta
ensemble une fois par semaine. C'est à ce moment-là
seulement que je me sentais proche de lui pour mieux
discuter le travail et mieux comprendre son style ».
Ex-mannequin
pour Christian Dior, et actrice de renommée internationale,
Emmanuelle Béart n'a pourtant jamais eu le profil d'une
star. « Je suis maladivement timide. Et quand
je suis confrontée à l'inconnu, je redeviens l'enfant
que j'étais, avoue-t-elle. Il doit y avoir en
moi une sorte d'exhibitionnisme qui cohabite avec une
terrible pudeur ». Elle réussit malgré
tout à vivre sa vie privée. Elle est mère de deux enfants,
Nelly, fille de Daniel Auteuil, et Yohan, fils de son
compagnon David Moreau, à qui elle voue une véritable
passion. Elle l'avoue même à ses admirateurs avant de
rentrer à Paris. « Je dois rentrer rapidement
parce que je veux voir mes enfants qui m'ont beaucoup
manqué. Je souhaite avoir un film participant au Festival
du Caire l'année prochaine pour y revenir, mais cette
fois-ci avec mes enfants ». |
| Yasser
Moheb |
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