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C’est
une première au Moyen-Orient : l'indice global
américain Dow Jones a conclu un accord, le 7
octobre dernier, avec le Centre des finances internationales
de Doubaï, afin de créer un nouvel indice arabe. Baptisé
Blue Chip 50, cet indice englobera les 50 sociétés
les plus actives du monde arabe. Il sera mis en place
durant le premier quart de l'année 2004.
Lorsque
l'indice Blue Chip sera créé, une véritable Bourse
régionale sera mise en place à Doubaï afin d'enregistrer
les sociétés incluses dans l'indice. La banque d'investissement
Shuaa Capital aura pour tâche de promouvoir les
titres financiers. « L'indice introduira des
actions, des obligations, des fonds d’investissement
ainsi que les dérivés. Par ailleurs, Shuaa Capital
lancera un fonds d’investissement mutuel qui sera
relié à l'indice », explique Lars Hamich,
directeur exécutif du business global de Dow Jones.
« Créer un indice arabe est une expérience unique,
qui aura pour objectif de faciliter l'accès à l’investissement
dans la région, de garantir la transparence et de suivre
la méthodologie du Dow Jones », ajoute-t-il.
Le
président de la Bourse régionale de Doubaï, Lynton Jones,
a pour sa part souligné l'importance de cette unique
expérience basée essentiellement sur les fonds d’investissement,
et qui offrira l'opportunité aux investisseurs étrangers
de pénétrer dans un nouveau marché émergent. « Je
suis sûr que les fonds d’investissement liés à cet indice
attireront l’investisseur étranger cherchant à investir
dans des marchés émergents stables, avec la liberté
d’entrer et de sortir facilement du marché. L'indice
reflétera l'efficacité du marché régional de Doubaï
et permettra la liquidité des titres financiers »,
explique Jones.
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| L'indice
englobera les sociétés les plus actives des pays du
monde arabe tels que Bahreïn, le Koweït, le Liban, l’Egypte,
le Maroc, Qatar, l’Arabie saoudite, la Jordanie, l’Algérie
et d’autres. « La création de l’indice activera
le rôle de la Bourse régionale de Doubaï. Lorsque les
sociétés incluses dans le Blue Chip 50 se
trouveront davantage sollicitées grâce à l’indice, elles
se précipiteront pour payer les frais d'enregistrement
afin d’être cotées à la Bourse régionale de Doubaï »,
ajoute-t-il.
Quant
à Lars Hamich, il commencera ses activités par les pays
du Golfe tels que l'Arabie saoudite, le Koweït, les
Emirats, Qatar, Oman et Bahreïn pour englober plus tard
toutes les autres sociétés des pays de la région. « Nous
commencerons par les sociétés des pays du Golfe, notamment
les sociétés pétrolières, de télécommunications et d’assurances
en raison de leur capitalisation. Par exemple, Saudi
Telecom est la première désignée par Shuaa Capital
à cause de son capital échangé, atteignant 32 milliards
de dollars. La géante Industrie saoudienne la
suit, puis la Compagnie d’électricité saoudienne
et la société de télécommunications émiratie Ettissalat »,
commente-t-il. La mise de l'indice commencera par l'introduction
de marchés financiers à grande capitalisation tels ceux
de l'Arabie saoudite (100 milliards de dollars échangés),
et du Koweït (98 milliards de dollars échangés). Les
autres marchés viendront par la suite.
Moustapha Badra, analyste financier égyptien, espère
que cette expérience sera également bénéfique pour les
sociétés égyptiennes, dont certaines sont présentes
à la Bourse de Londres sous forme de certificats de
dépôt internationaux, à l'instar d'Orascom Telecom,
géant de la télécommunication dans la région, qui travaille
déjà en Algérie et récemment en Iraq, et qui a des parts
dans Telecel, le grand réseau de télécommunications
africain. « Doubaï est une région qui
attire les investissements étrangers directs et indirects,
donc il est tout à fait normal de créer la Bourse régionale
là-bas », dit-il. Et d’ajouter que cet indice
activera l'échange sur les actions des sociétés égyptiennes
ayant une bonne performance telles que MobiNil,
CIB et Industrie et Construction Orascom.
Chérif
Carrara, membre délégué d'EFG-Hermes, partage
cette opinion, en insistant sur trois facteurs. Le premier
facteur est que Doubaï a introduit de nouvelles législations
facilitant l'investissement étranger. Elle a également
procédé à des réformes dans le système d’investissement
pour être conforme aux normes internationales. « Le
second facteur est le système technologique sur lequel
se base le Centre des finances internationales de Doubaï,
qui lui permettra de jouer son rôle en tant que Bourse
régionale », souligne-t-il. Quant au troisième
facteur, il porte sur la capacité de Doubaï à attirer
les investissements. « Doubaï est relativement
loin des zones de conflits intenses. Bien que la Bourse
actuelle de Doubaï n’ait commencé son activité que depuis
un an, sa valeur échangée atteint déjà en moyenne 10
millions de dollars », assure Badra. |