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Nationalité
. Les enfants d'Egyptiennes
mariées à des étrangers peuvent désormais obtenir la nationalité
égyptienne. Mais les conditions requises n'ont pas été précisées.
Seul le temps dira s'il s'agit d'une réelle avancée ou d'un
nouveau faux pas.
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Un
espoir se dessine
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| Depuis la
semaine dernière, des centaines d'Egyptiennes affluent tous
les jours à l'Organisme de la nationalité et de l'immigration
au complexe administratif de Tahrir (Mogammaa). Et
cela après la publication d'une annonce attendue depuis des
années par les Egyptiennes mariées à des étrangers. « L'Organisme
de la nationalité et de l'immigration accepte toutes les demandes
d'Egyptiennes mariées à des étrangers, arabes ou européens,
pour accorder à leurs enfants la nationalité égyptienne »,
explique l'annonce. La procédure est simple. La mère égyptienne
obtient gratuitement un formulaire qu'elle doit remplir :
nom, nationalité, date et lieu de naissance, métier et religion
de la personne qui veut obtenir la nationalité égyptienne.
Mais aussi le nom, la nationalité et la date et le lieu de
naissance du père, de la mère, et celle du grand-père maternel
de la personne qui demande la nationalité. Après avoir rempli
le formulaire, la mère doit le remettre à l'organisme, tout
en y attachant le certificat de naissance de l'enfant, son
passeport étranger, les certificats de fin d'études qu'il
a obtenus, 4 photos récentes de lui et son casier judiciaire
s'il a plus de 16 ans. La mère doit également présenter son
propre certificat de naissance et celui de son père, un papier
d'identité et le contrat de son mariage avec le père du demandeur
de nationalité. Elle doit aussi payer 70 L.E. pour chaque
enfant. Seuls les fils de Palestiniens sont exclus de cette
procédure, conformément à la décision de la Ligue arabe émise
en mars 1959, selon laquelle tous les pays membres de la ligue
ne doivent pas accorder leur nationalité aux Palestiniens,
afin de préserver l'identité palestinienne.
Pourtant, le
fait d'accomplir correctement toutes ces procédures administratives
ne signifie pas forcément que la demande sera acceptée. Car
l'annonce de l'Organisme de la nationalité et de l'immigration
n'a pas signalé que la nationalité égyptienne serait uniquement
accordée à ceux qui répondent aux conditions requises, sans
toutefois mentionner ces conditions ! En fait, cette
dernière annonce est basée sur une ancienne décision administrative
selon laquelle toute personne étrangère vivant en Egypte a
le droit de se présenter à l'Organisme de la nationalité et
de l'immigration et de demander la nationalité égyptienne.
Et, c'est au ministre de l'Intérieur d'accepter ou non sa
demande. Selon cette décision administrative, le ministre
de l'Intérieur est le seul à avoir le droit d'accorder la
nationalité égyptienne aux personnes qui répondent aux conditions,
afin de garder la composition démographique du pays.
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Dans l'expectative
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« Cette
décision administrative n'est pas nouvelle. Ce qui est nouveau,
c'est le fait d'annoncer dans les journaux que l'organisme
est prêt à recevoir toutes les demandes de femmes égyptiennes
ayant des enfants de père étranger. Apparemment, c'est une
tentative de réactiver la décision. Mais il est toujours trop
tôt pour dire si c'est un pas en avant ou non »,
estime Fardos Al-Bahnassi, conseillère en matière de développement
et de formation auprès de l'Association de la femme arabe.
Selon elle, il faudra attendre pour voir si la nationalité
égyptienne sera réellement accordée à ces gens et combien
de cas seront refusés et pour quelles raisons. « Je
ne comprends pas pourquoi il nous faut toujours tourner en
rond. La question est beaucoup plus simple que cela. Il suffit
que les personnes qui apportent tous les documents requis
aient systématiquement la nationalité. Ou, plus facile encore,
changer une seule clause dans la loi sur la nationalité pour
donner à la femme égyptienne le droit de passer sa nationalité
à ses enfants, même si elle est mariée à un étranger, comme
c'est le cas pour les hommes égyptiens », ajoute
Fardos Al-Bahnassi.
En
fait, la loi actuelle sur la nationalité (26/1975) accorde
le droit à la nationalité égyptienne à toute personne née,
à l'intérieur ou à l'extérieur de l'Egypte, d'un père égyptien ;
à toute personne née d'une mère égyptienne et dont le père
est sans nationalité ou dont la nationalité est inconnue.
Toujours selon la loi, les enfants d'Egyptiennes nés en Egypte
obtiennent la nationalité si le père est inconnu. Les enfants
trouvés ont aussi droit à la nationalité égyptienne. Pourtant,
la loi interdit à la femme égyptienne de donner sa nationalité
à ses enfants nés de pères étrangers même si le père est mort,
s'il a immigré ou s'il a quitté sa femme.
Cette loi a créé
de nombreux problèmes. Car beaucoup de familles pauvres avaient
recours dans les années 1970 au mariage de leurs filles à
de riches Arabes du Golfe pour garantir à leurs filles une
vie aisée. Mais cela a abouti au divorce ou à l’abandon de
nombreuses femmes par leurs maris, et à la présence d’enfants
étrangers qui n'ont pas droit aux services gratuits offerts
par l'Etat (enseignement, assurance santé, etc.) et qui doivent
payer des sommes énormes pour renouveler tous les 3 ou 5 ans
leur certificat de résidence. Des problèmes qui ont poussé
l'Etat à poser des conditions fermes au mariage des Egyptiennes
à des étrangers. L'Etat a aussi décidé de faciliter la scolarisation
des enfants des Egyptiennes mariées à des étrangers, mais
il est souvent difficile d'en profiter, vu les difficultés
d’obtenir un visa de résidence ou parce qu’ils n'ont pas de
passeports.
D'après les statistiques
de l'Organisme de la nationalité et de l'immigration, le nombre
d'enfants de femmes égyptiennes nés de pères étrangers a atteint
en avril 2001, 4 millions de personnes. Selon les mêmes statistiques,
4 000 Egyptiennes épousent des étrangers tous les ans.
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Bataille inachevée
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Fayza Al-Tahnawi,
députée indépendante qui essaye depuis le début de la législature
actuelle, avec d'autres députés indépendants comme Abdel-Moneim
Al-Oleimi, de mettre la révision de la loi sur la nationalité
sur l'agenda du Parlement, estime que ce qui se passe actuellement
est prometteur. « Le fait que le ministère de l'Intérieur
fasse une annonce pareille veut dire qu'il ouvre la porte
à tout le monde pour se présenter, alors qu'autrefois seuls
des cas exceptionnels obtenaient la nationalité. Et, soyons
francs, ces exceptions se faisaient par piston »,
relève Fayza Al-Tahnawi. Selon elle, même si toutes les demandes
présentées ces jours-ci ne sont pas acceptées, on aura au
moins le chiffre exact de personnes concernées. « C'est
un acquis que nous avons réalisé, nous ne voulons pas le perdre
en demandant tout de suite la révision de la loi »,
ajoute Al-Tahnawi. Elle affirme pourtant qu'elle attaquera
cette affaire dès le début de la nouvelle session parlementaire.
Elle va commencer une campagne pour réviser la loi en faveur
de la femme égyptienne. « J'ai déjà commencé cette
campagne à travers les médias, j'ai participé à un nombre
d'émissions télévisées et je soutiens le travail de l'Association
du développement de la femme dans la même direction. Tout
ce que nous demandons, c'est l'égalité entre l'homme et la
femme, accordée par la Constitution », lance Fayza
Al-Tahnawi.
La bataille de
la révision de la loi s'annonce pourtant très dure. Car, déjà,
le gouvernement entend imposer quelques restrictions sur les
propositions de lois présentées par les députés indépendants.
Par exemple, on pourrait demander que l'enfant ait séjourné
en Egypte 5 années consécutives avant d'avoir atteint 16 ans,
ou 7 années avant l'âge de 21 ans. « Cette condition
n'affecte en rien les veuves ou les femmes divorcées ou abandonnées
par leurs maris, mais celles qui vivent avec leurs maris à
l'étranger, comment pourront-elles laisser leurs enfants vivre
toute cette période seuls pour avoir la nationalité ? »,
s'interroge Fardos Al-Bahnassi. Et d'ajouter : « Ne
serait-ce pas plus simple de donner à la femme les mêmes droits
que l'homme avec les mêmes restrictions ? ».
Al-Bahnassi propose effectivement qu'à l'instar de l'homme
égyptien, la femme ait le droit de passer disa nationalité
à ses enfants sauf si elle est mariée à un Israélien, et d’interdire
à ses enfants de faire le service militaire. Même son de cloche
chez Fayza Al-Tahnawi, qui estime qu'il faut complètement
éliminer les doutes concernant la loyauté de ces enfants pour
l'Egypte ou de prendre les raisons sécuritaires ou la croissance
démographique comme excuse pour ne pas donner aux enfants
d'Egyptiennes le droit à la nationalité. « 80 %
de ces enfants vivent en Egypte et ne connaissent qu'elle
comme patrie. Sinon, il faudra aussi douter de la loyauté
des fils d'Egyptiens mariés à des étrangères. Pour ce qui
concerne la croissance démographique, à mon avis c'est une
excuse pas convaincante car de toute façon ces gens sont comptés
lors du recensement. De plus, ils sont la raison de l’élévation
du taux d'analphabétisme, car la plupart d’entre eux n'adhèrent
pas aux écoles à cause du manque d'argent », affirme
Al-Tahnawi.
Bien que la porte
soit aujourd'hui ouverte à toutes les Egyptiennes pour présenter
des demandes d'obtention de nationalité pour leurs enfants
de pères étrangers, certains doutent que ce soit le début
de la solution de ce problème. « Je suis très sceptique
quant au choix de ce moment bien particulier, juste avant
la tenue du Congrès annuel du PND pour soi-disant réactiver
une décision qui existe depuis longtemps. De même, la date
de la présentation du rapport sur la situation de la femme
aux Nations-Unies approche », lâche Fardos Al-Bahnassi.
Même si certains sont sceptiques, il faudra attendre pour
voir ce que fera l'Organisme de la nationalité et de l'immigration
des piles de demandes qu'il reçoit tous les jours.
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| Yolande Youssef |
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