Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'enquête

 

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Les analyses
de Heykal
Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Iraq . Sous la pression des principaux créanciers du pays, les Etats-Unis ont accepté de restructurer la dette du pays, estimée à 130 milliards de dollars, et non de l'annuler. Cette restructuration devrait intervenir d'ici fin 2004.
Le poids de la dette

« Nous allons déployer les efforts nécessaires pour arriver à un compromis sur la restructuration des dettes iraqiennes d'ici à la fin 2004 », ont déclaré la semaine dernière les sept pays membres du G7 (les 7 plus grandes nations industrielles), en marge des réunions de la Banque Mondiale (BM) et du Fonds Monétaire International (FMI) tenues à Doubaï.

Pour une fois, les Etats-Unis se sont battus, en vain, pour obtenir une annulation de la dette, et non pas une restructuration, comme le souhaitent les créanciers. Ce changement de terminaison intervient notamment après l’échec de l'Administration américaine à convaincre les grands créanciers tels que la France, la Russie et l'Allemagne à annuler les dettes iraqiennes, évaluées à 130 milliards de dollars.

Le montant des dettes contractées par l'Iraq auprès de ces trois pays est estimé à 8,8 milliards de dollars repartis comme suit : la Russie 3,4 milliards de dollars, l'Allemagne 2,4 milliards et la France 3 milliards de dollars. Ils étaient les premiers à s’être opposés à la politique américaine. Ce refus a été confirmé lors de la réunion du G8 tenue à Washington en avril dernier. L’Allemagne a annoncé qu’il ne serait pas question d’annulation, mais d'un rééchelonnement de la dette.

Les Etats-Unis avaient multiplié les appels aux créanciers, et en particulier à ces trois pays, pour annuler les dettes iraqiennes en vue d'aider à la reconstruction du pays. « L'annulation de la dette est devenue une question de vie ou de mort pour le peuple iraqien. C'est le seul moyen pour l'aider à survivre », souligne John Snow, secrétaire d'Etat au Trésor des Etats-Unis. Washington a par ailleurs utilisé pour la première fois, en avril, la notion de « dettes odieuses ». Ce sont les dettes accordées à un pouvoir despotique (le régime de Saddam Hussein) qui auraient servi les intérêts de l’Etat, ignorant les besoins du peuple et ceci pour fortifier un régime despotique et réprimer une population qui le combat. Pour l'Administration américaine, une telle dette devrait être annulée après la chute du régime. « Personne n'a accepté d'annuler les dettes russes de l'ex-régime communiste, estimées à 50 milliards de dollars », justifie le ministre russe des Finances, avec étonnement.

Même les pays arabes refusent d'annuler les dettes.

Cette question fait l'objet d‘un litige entre les pays arabes et l’ex-régime de Saddam Hussein. L’Iraq considérait ces sommes comme des dons perçus pour mener la guerre contre l’Iran, alors que les Etats concernés considèrent de leur côté qu’il s'agit bien de prêts.

Les institutions internationales elles-mêmes n'ont pas adopté de positions définitives pour restructurer les dettes iraqiennes. Georges Al-Abd, directeur du département du Moyen-Orient au sein du FMI, a annoncé en marge des réunions de Doubaï que le fonds essaie actuellement de déterminer le montant exact des dettes iraqiennes, en collaboration avec les créanciers, souhaitant que cette tâche soit réalisée dans les semaines qui viennent.

L'objectif est de parvenir à un consensus sur le montant exact des dettes iraqiennes. Selon l'Administration américaine, ces dettes varient entre 100 et 300 milliards de dollars. Par ailleurs, le Centre stratégique d'études internationales (CSIS), bureau privé basé à Washington, a estimé le montant des dettes iraqiennes à 127 milliards de dollars, dont 47 milliards de dollars d’intérêts. Ces dettes se repartissent comme suit : 56 milliards de dollars auprès des pays arabes, 21 milliards de dollars auprès des pays du Club de Paris, qui regroupe 19 pays, 2 milliards de dollars auprès de la BM et du FMI. S’ajoute à cela la facture des réparations des deux guerres du Golfe estimée à 199 milliards de dollars, et 57 milliards de dollars représentant la valeur des contrats signés sous le régime de Saddam Hussein. Au total, les obligations financières de l'Iraq s’élèvent à 383 milliards de dollars. Ces obligations représentent 14 fois le PIB annuel, évalué à 27 milliards de dollars.

Face à la mauvaise situation économique du pays, qui a besoin de plus de 100 milliards de dollars pour sa reconstruction, le Club de Paris et des responsables américains ont estimé un possible remboursement des dettes pour 2004. Alors qu'un responsable polonais a estimé de son côté que l’Iraq ne serait en mesure de rembourser qu’en 2007. Cela pourrait être rendu possible par la nouvelle politique économique annoncée récemment par le nouveau gouvernement.

Gilane Magdi
Retour au sommaire
Appel à l'aide

Les donateurs font souvent des promesses mirobolantes, qui mettent du temps à parvenir sur le terrain. Il faut compter des mois, voire des années, avant que les fonds ne soient versés, et encore, lorsqu'ils arrivent. En marge des réunions du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale à Doubaï, le 22 septembre dernier, le ministre iraqien du Plan, Mahdi Al-Hafez, a avancé le chiffre de 100 milliards de dollars pour les besoins de la reconstruction. De son côté, le ministre des Finances, Kamel Al-Kilani, espère « que l’aide accordée à l'Iraq sera de 70,75 et même 65 milliards de dollars sur la période 2004/2007. Cela dépendra des négociations », souligne-t-il, évoquant la prochaine conférence des donateurs, prévue les 23 et 24 octobre prochain à Madrid.

Parmi les pays qui participeront à cette conférence se trouvent l’Allemagne, qui vient de donner son accord le 28 septembre dernier, le Portugal, la Turquie, la Slovaquie, l'Ukraine, le Canada et les Pays-Bas. Le président du Conseil international pour la coordination, Mareq Belka, a demandé aux pays arabes de « rejoindre » les pays donateurs et a précisé que le Koweït et les Emirats arabes unis ont été contactés. Seule l'Arabie saoudite a refusé d’y participer.

Le pays, dont l’économie a été ravagée par la guerre, appelle à une assistance internationale afin de pouvoir reconstruire ses secteurs dévastés. Tout dépendra des négociations. Le ministre des Finances Kilani et celui du Plan Hafez, ainsi que le gouverneur de la Banque Centrale, Sinan Al-Chebibi, conduiront la délégation iraqienne aux réunions, proposant un ensemble de réformes économiques d’inspiration libérale et visant à attirer les investisseurs étrangers.

Le FMI et la Banque mondiale refusent de révéler le montant des aides qu'ils sont prêts à octroyer au pays, avant la conférence de Madrid. George Bush a évoqué le chiffre de 50 à 75 milliards de dollars jusqu'à 2007, alors que l'Union européenne a annoncé dimanche dernier qu'elle accorderait 250 millions d'euros pour l'année 2004. De même, les Nations-Unies ont limité l’assistance financière accordée à l’Iraq à un montant dérisoire de cinq milliards de dollars, alors que selon les estimations, l'Iraq aurait besoin de 20 milliards de dollars pour financer son budget 2004..

« Les recettes espérées peuvent atteindre au maximum 15 milliards de dollars, notamment grâce à la vente du pétrole, ce qui laisse un écart de cinq milliards de dollars qui peut être comblé grâce à l'aide internationale », a affirmé M. Lopez Da Silva, coordonateur de l'action humanitaire de l'Onu en Iraq.

« A quel point est-il réaliste d'espérer une aide de cinq milliards de dollars, nous l’attendons pour octobre », durant cette conférence, a-t-il souligné. Selon lui, même si cette somme est versée, les fonds ne serviront qu'à « des rafistolages ici ou là », car une refonte totale des secteurs en mauvais état, comme l'énergie ou l'agriculture, devrait coûter dans les 5O milliards de dollars. « Si vous voulez faire un vrai bond en avant, il faut être bien plus ambitieux que ce qui est prévu dans le budget actuel », a souligné Lopez.

Quant au président de la Banque mondiale, James Wolfensohn, il a qualifié de « chiffre plutôt élevé » les 50 à 70 milliards de dollars proposés dimanche dernier par le président américain. « Quels seront les termes et les conditions d'un nouveau fonds ? Quelle sera l'autorité chargée de dépenser des nouveaux fonds ? », s'est-il interrogé. Selon lui, la priorité va aussi à un accord sur la dette iraqienne, pour laquelle « il faut savoir si la part annulée est aussi importante que les nouveaux financements ».

C'est le Conseil pour la coordination internationale, qui regroupe le FMI, la Banque mondiale, les Nations-Unies et les pays donateurs qui sera chargé de gérer le fonds. « Nous allons présenter une liste des priorités. D'ici la fin septembre, nous fournirons la liste des projets nécessitant un financement et leur coût », a déclaré Mareq Belka.

Mais il semble que les donateurs souhaitent prendre part à la reconstruction dans les projets de court terme uniquement, ignorant les projets à long terme. Ces derniers, dans la hâte, répètent les mêmes erreurs qu'en Bosnie, au Kosovo et plus récemment en Afghanistan.

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631