| La
omra ou petit pèlerinage est devenue un véritable business
qui rapporte d'énormes profits. De plus en plus d'agences
de tourisme s'y consacrent. Or, cette activité avale les réserves
en devises étrangères, ce qui inquiète le gouvernement. Le
ministère du Tourisme vient d'achever un projet de loi sur
les agences de tourisme, visant à mettre fin à ce business.
« L'objectif de cette loi est de punir les agences
de tourisme qui se consacrent exclusivement au tourisme religieux
vers les terres saintes et ne font pas assez d'efforts pour
faire venir des touristes en Egypte », a déclaré
un responsable du ministère du Tourisme. Le projet de loi
prévoit notamment une augmentation du capital minimum requis
pour la création des agences de tourisme. « Ce capital
variait entre 20 000 et 100 000 L.E. conformément
à l'ancienne loi. Il sera désormais de 2 millions de L.E.
Cette clause mettra fin aux activités des petites agences
dont la plupart se consacre au pèlerinage vers les lieux saints
et encouragera les grandes agences capables de faire face
à la concurrence mondiale », indique le responsable.
Le projet de loi donne en outre au ministre du Tourisme le
droit de supprimer la licence de toute agence de tourisme
qui travaille exclusivement sur le tourisme vers l'extérieur.
Ces mesures interviennent au moment où l'économie égyptienne
souffre d'une pénurie de devises. Le fait que de nombreuses
agences de tourisme se soient tournées vers les petit et grand
pèlerinages a affecté l'activité touristique en Egypte, estiment
certains responsables. Sabri Abdel-Hamid, propriétaire d'une
autre agence de tourisme, explique pourquoi le petit pèlerinage
l'attire plus que toute autre activité touristique. « Les
gens en Egypte se rendent souvent à La Mecque pour le petit
pèlerinage en pensant que s'ils l'accomplissent plusieurs
fois, cela équivaut au grand pèlerinage qui est devenu trop
cher pour eux », explique-t-il. « La
omra, petit pèlerinage, est l'activité touristique la plus
rentable », confie Ibrahim Al-Sayed, propriétaire
d'une agence de tourisme. Et d'ajouter qu'il s'agit d'une
activité qui s'étend sur toute l'année et qui rapporte beaucoup
plus de bénéfices que le grand pèlerinage car, selon lui,
les agences de tourisme n'ont pas la liberté de fixer les
prix de ce dernier. « Les tarifs du grand pèlerinage
sont fixés par le ministère du Tourisme selon la classification
de l'agence et son expérience dans l'organisation du pèlerinage.
Certaines agences, classées catégorie A, organisent le grand
pèlerinage à 24 000 L.E., celles de la catégorie B à
16 000 L.E. et ceux de la catégorie C à 12 000 »,
commente Al-Sayed. Pour sa part, Ossama Abdel-Rahmane ajoute
que pour ce qui est du petit pèlerinage, les prix varient
entre 1 000 et 40 000 L.E.
Selon
les statistiques du ministère du Tourisme, il existe en Egypte
1 150 agences de tourisme. 100 seulement assument leur
rôle essentiel d'attirer les touristes vers l'Egypte. Tandis
que le reste de ces agences se dirigent vers les petit et
grand pèlerinages. L'année dernière, 900 000 Egyptiens
sont partis pour le petit pèlerinage et 70 000 visas
ont été délivrés pour le grand pèlerinage. Chaque petit pèlerinage
selon ces statistiques a coûté 5 000 L.E. Résultat :
5 milliards de L.E. ont été dépensées l'année dernière comme
frais de voyage, sans compter les dépenses personnelles des
pèlerins qui s'élèvent à 10 milliards de L.E. Le business
du petit pèlerinage fera prochainement l'objet d'une discussion
au Parlement. D'ailleurs, le sous-secrétaire de la commission
de la culture et du tourisme, Hamdi Al-Konayessi, a affirmé
qu'il présentera une interrogation au gouvernement lors de
la prochaine session parlementaire concernant les effets négatifs
de ce phénomène sur l'économie égyptienne. |