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de toute part par des attaques de plus en plus fréquentes,
les forces d'occupation américaines en Iraq attendent avec
impatience l'arrivée de 10 000 GI's supplémentaires,
mobilisés par le Pentagone. Quelques heures après l'attaque
samedi par trois ou quatre projectiles — roquettes
ou obus de mortier — de l'hôtel Rachid où résident
des responsables américains, le Pentagone a annoncé la mobilisation
de deux brigades de la Garde nationale, soit 10 000 hommes,
en vue de leur prochain déploiement en Iraq. Une autre brigade
de 5 000 hommes a également été mise en état d'alerte.
Quelque
118 600 Américains et 10 600 Britanniques sont déjà
déployés en Iraq où l'insécurité continue d'entraver les efforts
de reconstruction, et où les Américains sont quotidiennement
la cible d'attaques souvent sanglantes.
Depuis
le 1er mai dernier, 171 soldats américains ont été tués, dont
plus de 80 au combat, selon l'armée américaine. L'attaque
menée contre l'hôtel Rachid et qui n'a pas fait de
victime, est intervenue deux jours après l'explosion d'une
charge devant l'hôtel Aike, où réside une équipe de
la chaîne de télévision américaine NBC, tuant un employé
de l'établissement. Face à ces attaques régulières, les mesures
de sécurité à Bagdad ont été renforcées. Des barrières de
béton sont érigées autour des hôtels où logent les étrangers,
des routes sont bloquées, des périmètres de sécurité imposés
pour empêcher le passage d'éventuelles voitures piégées.
Malgré
cela, un soldat américain a été tué et un autre blessé lundi
dans l'attaque à l'explosif d'un convoi militaire près de
Falloujah, à 50 km à l'ouest de Bagdad, a déclaré un porte-parole
militaire. Mais des témoins ont affirmé que les attaques contre
des convois américains à Falloujah et près de Khaldiya, plus
à l'ouest, avaient fait de nombreuses victimes parmi les soldats.
D'autre part, six soldats américains ont été blessés dimanche
soir dans des attaques menées au nord, au sud, et à l'ouest
de Bagdad. A Khaldiya, de fortes explosions ont également
été entendues aux alentours d'une base des forces américaines.
La
recrudescence des attaques contre les troupes américaines
intervient alors que l'appel des Etats-Unis à une contribution
d'autres pays en Iraq est resté sans écho. Le Conseil de sécurité
débat actuellement de l'éventuelle création d'une force de
maintien de la paix en Iraq. A ce sujet, le chef de la diplomatie
américaine, Colin Powell, a annoncé dimanche qu'un nouveau
projet de résolution devrait être finalisé « d'ici
deux jours » afin de permettre notamment la participation
de nouvelles troupes étrangères. « D'ici les deux
prochains jours, nous nous présenterons avec une deuxième
version de la résolution, basée sur les consultations de la
semaine dernière », a-t-il dit. « Je ne peux
vous dire quand la résolution sera adoptée, mais je souhaite
aller vite car nous avons la conférence des donateurs qui
arrive fin octobre. Et quant à savoir si cette résolution
générera plus de soutiens en matière de troupes en temps voulu,
je ne peux le dire », a-t-il ajouté, listant un certain
nombre de pays ayant exprimé leur intérêt, notamment la Turquie,
le Pakistan, le Bangladesh et la Corée du Sud. Mais « je
ne m'avancerai pas à dire que nous allons obtenir des quantités
énormes de soldats. Il n'y a pas tant de pays disposant d'armées
capables d'envoyer de larges effectifs de par le monde »,
a-t-il précisé.
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Pour
inciter d'autres pays à apporter leur contribution à une
force multinationale en Iraq, les Etats-Unis ont fait un
geste d'ouverture en annonçant vendredi l'adoption dans
les six mois d'une nouvelle Constitution en Iraq. Cette
proposition faite par M. Powell apparaît comme un signe
en direction des membres du Conseil de sécurité, en particulier
la France, qui réclament un calendrier rapide et précis
du retour à la souveraineté iraqienne. Mais M. Powell a
aussi marqué les limites de sa proposition, en affirmant
notamment que les Etats-Unis n'entendaient pas transférer
le pouvoir en Iraq avant la mise en place de nouvelles institutions,
dans le courant de l'année 2004. Il a également estimé toujours
peu probable qu'un échéancier précis soit inclus dans le
projet de résolution américain pour encadrer l'après-guerre
en Iraq, en pourparlers au Conseil de sécurité. Il a réaffirmé
la position de Washington, pour qui ce texte pourrait faire
référence à une séquence de principe : élaboration
d'une Constitution, élections et installation d'un nouveau
pouvoir Iraqien.
A
la suite de l'annonce de la proposition américaine, le Conseil
du gouvernement transitoire iraqien a entamé lundi la discussion
sur l'Assemblée constituante chargée de rédiger la nouvelle
Constitution. Dans une première étape, l'exécutif iraqien
va devoir examiner les recommandations de la commission
préparatoire, créée le 11 août avec la mission de définir
la procédure et les critères de choix ou d'élection des
membres de l'Assemblée constituante. Les membres du conseil
semblent encore divisés sur la question d'une élection ou
d'une désignation de l'Assemblée constituante.
L'idée
d'une Constitution sous six mois a été accueillie avec prudence
par certains membres de l'Onu. « Cela ne change
à priori pas l'approche américaine du problème »,
selon un diplomate d'un pays membre du Conseil de sécurité,
qui relève que la perspective d'un retour à un pouvoir iraqien
reste toujours floue. Les déclarations de M. Powell ne répondent
pas non plus aux demandes de nombreux pays, au sein du Conseil
de sécurité ou en dehors, pour que l'Onu joue un « rôle
central » dans la transition politique iraqienne.
Le président américain George W. Bush, dans une intervention
le 23 septembre devant l'Assemblée générale de l'Onu, a
confiné ce rôle à une aide pour la rédaction d'une Constitution,
la formation de fonctionnaires et la supervision d'élections.
Les
débats de la 58e Assemblée générale de l'Onu, qui se sont
ouverts le 23 septembre, sont le plus vaste forum diplomatique
depuis le renversement du régime de Saddam Hussein, en avril
dernier. Le président américain George W. Bush et les principaux
opposants à la guerre — les présidents français
Jacques Chirac, russe Vladimir Poutine et le chancelier
allemand Gerhard Schröeder — ont fait assaut
de propos conciliants et de promesses de tourner la page,
sans toutefois céder grand-chose sur le fond. M. Bush a
notamment fait savoir que Washington ne voulait toujours
pas entendre parler d'un calendrier précis de retour à un
pouvoir iraqien, une idée jugée par Washington « irréaliste ».
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