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Iran . Les pressions internationales se poursuivent sur Téhéran, qui s'expose à des sanctions internationales s'il refuse de coopérer avec l'Agence internationale de l'énergie atomique.
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Ignorant, malgré une pression et une suspicion croissantes, les termes de l'ultimatum de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), l'Iran ne veut plus entendre parler de concession, ni au niveau du nucléaire, ni sur celui de l'enrichissement d'uranium.

L'agence onusienne veillant à la non-prolifération nucléaire avait donné, le 12 septembre, à l'Iran jusqu'au 31 octobre pour fournir des garanties probantes qu'il ne met pas secrètement au point l'arme atomique. Elle attend donc que l'Iran lui fournisse d'ici là un « accès illimité » à tous les sites nucléaires.

Loin de discuter les termes de cette résolution « humiliante », inspirée par les Américains et les « sionistes », suivis par les Européens, l'Iran l'a quasi unanimement rejetée, arguant de la vocation pacifique de son programme nucléaire et persistant dans son chemin.

Sans recourir à aucun prétexte, l'Iran a reporté, jusqu'au jeudi 2 octobre, une visite d'inspecteurs de l'AIEA prévue dimanche dernier. Soucieux de trouver une raison à ce report, le chef de l'AIEA, Mohamad Al-Baradei, a affirmé qu'il s'agit, pour les Iraniens, « de mieux préparer la visite  » et de les laisser achever d'importantes réunions au cours desquelles ils doivent décider de leur niveau de coopération avec l'AIEA.

Ce report intervient au lendemain de l'annonce par des diplomates onusiens de la découverte, pour la seconde fois en un an, de nouvelles traces d'uranium hautement enrichi, potentiellement utilisable à des fins militaires. Cette nouvelle découverte de traces d'uranium en Iran, annoncée vendredi dernier, n'a fait qu'accentuer les doutes sur la nature du programme nucléaire iranien, surtout que les inspecteurs de l'AIEA ont déjà trouvé, en août, des traces d'uranium hautement enrichi dans l'usine électrique de Kalaye (banlieue de Téhéran). Ces éléments d'uranium pourraient provenir, selon des sources occidentales, du Pakistan, de la Corée du Nord ou encore d'autres pays. D'après certaines sources américaines et européennes, l'Iran serait ainsi en mesure de fabriquer l'arme nucléaire d'ici deux ans, par le biais de filières à l'uranium enrichi et au plutonium. Parmi les exigences des experts de l'Onu, l'Iran sera désormais contraint de prouver que ces traces d'uranium hautement enrichi, proviennent bien, comme il l'affirme, de matériels importés.

Autre signe de défi, l'Iran vient d'annoncer la mise en service, depuis plusieurs semaines, de son usine de retraitement d'uranium à Natanz, et ce malgré la résolution de l'AIEA du 12 septembre, lui demandant de suspendre toute activité de ce type.

Il semble donc que Téhéran n'ait pas l'intention de fléchir. Dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi, a affirmé qu'en « aucun cas » il ne renoncerait au nucléaire ni à l'enrichissement d'uranium. Il a affirmé que son pays n'avait « rien à cacher » dans son programme nucléaire, affirmant même que le pays serait prêt à coopérer avec les Etats-Unis, y compris sur ses activités dans le domaine nucléaire, si les autorités américaines changeaient d'attitude à son égard.

Réagissant directement pour la première fois à l'ultimatum fixé par l'AIEA, le président iranien Mohammad Khatami a qualifié, jeudi, d'« injuste » la récente résolution de l'AIEA demandant à l'Iran de démontrer d'ici le 31 octobre qu'il ne met pas au point d'armes atomiques : « De nombreuses allégations à l'encontre de l'Iran et de son programme nucléaire sont irréelles et font partie d'une guerre de propagande », a-t-il estimé, affirmant que celle-ci échouerait..


Menaces de sanctions

De son côté, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a appelé les responsables iraniens à ne pas courber l'échine devant les pressions internationales. « L'hostilité des oppresseurs envers la nation islamique a atteint son apogée et se concentre sur la nation iranienne », a dit l'ayatollah Khamenei. « Les tyrans du monde essaient de démolir le modèle introduit par la République islamique », a ajouté M. Khamenei. Selon les responsables iraniens, toutes ces accusations sur le nucléaire ne sont qu'un prétexte. « Les pressions des ennemis s'expliquent par le fait qu'ils ne peuvent supporter les progrès scientifiques de ce pays », a affirmé l'ayatollah conservateur, Mohammad Emami Kachani, devant des milliers de fidèles qui scandaient « Mort à l'Amérique ».

Le raidissement iranien n'a fait qu'accentuer la pression d'une communauté internationale pour laquelle « ce problème ne peut durer éternellement », selon les termes du chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Ce dernier a réclamé, samedi, une « coopération et une transparence pleines et entières de la part de l'Iran d'ici au 31 octobre », faute de quoi il s'expose à une saisine du Conseil de sécurité et à des sanctions internationales. « J'espère que l'Iran prendra toutes les mesures correctives nécessaires pour que nous puissions présenter un rapport positif », a-t-il ajouté. « Les Iraniens disent que leur programme nucléaire a une vocation pacifique; alors s'ils n'ont rien à cacher, qu'ils ouvrent toutes leurs installations et tous leurs registres », a-t-il dit, mettant en garde contre un désengagement iranien du Traité de non-prolifération, que réclament de plus en plus de conservateurs iraniens: « Cela mènerait la communauté internationale à une autre confrontation majeure alors que l'expérience iraqienne a montré que là n'était pas la meilleure voie ».

Le président américain, George W. Bush, a indiqué vendredi qu'il était très important que l'ensemble de la communauté internationale s'unisse pour signifier clairement à l'Iran qu'il y aura « une condamnation universelle » s'il poursuit son programme de développement d'armes nucléaires. De son côté, le président français, Jacques Chirac, n'a pas exclu des sanctions contre Téhéran : « Si l'Iran n'acceptait pas les demandes ou les exigences de l'AIEA, alors nous sommes tout à fait d'accord avec les Américains pour que le Conseil de sécurité soit saisi et prenne toutes les dispositions nécessaires pour que l'Iran rentre dans le droit international ».

L'Iran n'a qu'un mois pour convaincre les inspecteurs de l'Onu que son programme nucléaire est bien pacifique, en risquant, s'il traîne des pieds, des sanctions internationales après l'expiration de l'ultimatum. « Les semaines qui s'annoncent seront cruciales », résume Melissa Fleming, porte-parole de l'AIEA.

Maha Al-Cherbini
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