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Festival international du film du Caire . Chérif Al-Choubachi est le président de la 27e édition, qui se déroulera du 7 au 17 octobre. Tour d'horizon.
Une édition à plusieurs dimensions

Après plus de 20 ans passés en France, Chérif Al-Choubachi est en Egypte. Avec ce même calme qui le caractérise, il s'occupe comme l'année dernière du Festival International du film du Caire qui entame sa 27e édition. « Un des 11 festivals les plus importants du monde, selon la classification de la Fiaf (Fédération Internationale des producteurs de films) », rappelle-t-il. Ce n'est qu'une de ses charges nombreuses. Il n'empêche qu'à l'approche du festival, il lui consacre la majeure partie de son temps. Détendue et dynamique, l'équipe qui le seconde ne cesse de s'affairer. Le temps presse et les jours sont comptés avant l'ouverture officielle.

Cette année, les mots d'ordre sont « bonne organisation et performance ». Et lui de commenter : « Comme dans nos pays, la culture de la discipline et de la prévision ne fait pas partie de notre manière d'être, nous passons notre temps à improviser. Cela ne fonctionne pas quand il s'agit, comme c'est le cas pour le Festival du cinéma, de travailler toute l'année pour mener à bien 11 jours de festival. C'est sur cela que j'ai voulu tabler. De la plus petite tâche aux plus grandes œuvres, du plus petit fonctionnaire aux cadres supérieurs, aucun détail ne doit être laissé pour compte ».

De bonnes intentions qui voient déjà le jour avec cette décision de louer des salles de cinéma qui projetteront exclusivement les films du festival. Une décision astucieuse qui va permettre aux organisateurs de maîtriser la situation. En effet, lors des années précédentes, voyant que le film du festival allait remplacer un film américain à grand public, et que les recettes allaient diminuer, certains directeurs de salle remplaçaient le film prévu à la dernière minute par un film américain. Choix d'autant plus malheureux que le public égyptien, comme tient à le souligner Chérif Al-Choubachi, ne visionne depuis 20 ans que des films américains de mauvais niveaux. Des films où la violence et les effets spéciaux ont la priorité sur tout le reste. « Il y a certes un bon cinéma américain que le public égyptien n'a pas la latitude de voir. Le festival est donc l'occasion de voir des films venus d'ailleurs d'Europe, mais aussi d'Amérique latine, d'Asie et des pays arabes. Durant plus de 11 jours, nous leur permettrons de voir des films qui échappent à la pollution cinématographique dans laquelle ils baignent ». Et celle-ci est de taille.


La France à l'honneur

D'autre part, le festival s'efforce de présenter un monde multidimensionnel. Sans minimiser la valeur et l'impact du cinéma américain qui est l'un des fabricants, producteurs et distributeurs les plus importants du monde, il est d'autres cinémas qui sont intéressants. Il ne faut pas restreindre notre vision du monde à un seul cinéma. Et comme Al-Choubachi le dit si bien : « Les problèmes humains sont les mêmes de par le monde, mais chaque cinéma présente des solutions originales à ces problèmes ».

Quelles solutions présente donc le cinéma français au festival ? Surtout qu'il sera l'invité d'honneur du festival. Un des nouveaux axes de cette année. Plus de 50 films de France et plus de 65 films francophones seront ainsi projetés. Les films français les plus récents, mais aussi les plus beaux. « Il suffit de rappeler que le film d'inauguration Bon Voyage, de Jean Paul Rappeneau avec Isabelle Adjani, invités d'honneur du festival, que nous avons sélectionné il y a trois mois, a été choisi par la France pour la compétition de l'Oscar ». D'autre part, le comédien et réalisateur Jean claude Brialy sera le président du jury, en plus de 80 invités français dont Dominique Baudis, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, des réalisateurs, des comédiens, des producteurs, etc. Un hommage sera décerné aussi à Claude Chabrol. « Ce choix est d'autant plus important que dans les années 1950, comme aime à le rappeler Al-Choubachi. Le cinéma français était très populaire en Egypte. Les noms de Belmondo, Delon et Brigitte Bardot avaient la priorité sur tous les autres. Sans oublier que le cinéma français est un des cinémas qui combat le plus l'avancée hollywoodienne et cette uniformisation du monde ».

Par ailleurs, l'objectif multiculturel ne s'arrête pas là. De nombreuses sections vont nous permettre des percées dans des univers cinématographiques peu familiers. En effet, si le cinéma commercial indien est très connu en Egypte, le cinéma indien de qualité est absent pour le grand public. Tous les soirs au théâtre en plein air de l'Opéra, des projections de films indiens auront lieu. Le cinéma « Bollyoodien » sera d'ailleurs tous les soirs précédé d'un spectacle de danse populaire indienne pour l'occasion. Pour un bonheur artistique encore plus intense ! D'autres sections présenteront des films récents du nouveau cinéma allemand et coréen. Ainsi que le premier film de réalisateurs venus d'horizons variés.

Et qu'en est-il du cinéma arabe ? Une section accueillera le nouveau cinéma issu du Maghreb. Et, courtoisie oblige, les cinéastes femmes arabes auront une place de choix dans ce festival. Des noms célèbres comme ceux de Yamina Bachir Chouich d'Algérie avec son film Rachida, Jocelyn Saab du Liban avec son film Une vie suspendue, Nargess Neggar du Maroc avec Les Yeux secs, Moufida Tlatli de Tunisie avec Le Silence des palais et Waha El Raheb de Syrie avec Dreamy visions, pour ne citer qu'elles. Elles seront d'ailleurs présentes lors de la projection de leurs films. En ce qui concerne l'Egypte, le grand réalisateur Ali Badrakhane sera honoré, ainsi que deux comédiens qui ont souvent fait rêver le monde arabe, Naglaa Fathi et Mahmoud Yassine.

Ces horizons multiples, quelquefois contradictoires, coexisteront durant 11 jours pour créer un univers où il est bon de vivre la différence et la créativité. Un monde privilégié où tout et chacun comme bon lui semble ira visiter une culture et un univers où des femmes et des hommes de part leur imaginaire, en débattant de leur problème, en nous montrant leur réalité et en la transcendant, nous aideront à mieux les comprendre. A mieux nous comprendre. Une parenthèse de rêve dans un quotidien qui tend à s'uniformiser et se banaliser.

Soheir Fahmi

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Des carnets de six billets et de treize billets sont disponibles respectivement aux prix de 50 L.E. et 100 L.E. dans les locaux de la direction du festival : 17, rue Qasr Al-Nil (3e étage), Tél. : 02-392 35 62 - 02-392 39 62 à partir du 1er octobre, de 10h30 à 22h30. Ces billets sont valables pour les six salles projetant les films du festival, à savoir Cosmos, Métro, Wonderland et aux clubs Guézira, Al-Chams et au Club de Chasse.

Des billets seront vendus également dans un kiosque situé devant le club Al-Sayd.

(Site Internet : www.cairofilmfest.com

Adresse e-mail : info@cairofilmfest.com).

 

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