En
réponse à la demande des établissements scolaires, une formation
aux « Pratiques et techniques théâtrales »,
le Festival international de théâtre scolaire francophone
d'Egypte aura lieu du 4 au 9 octobre au collège de la
Sainte-Famille à Obeissi (Daher). Le seul spectacle ouvert
au public, Andromaque, de Racine, par la compagnie
Pierre Debauche aura lieu le 5 octobre, à 20h, au théâtre
en plein air à l'Opéra du Caire.
Lors de la préparation
à ce festival animé par Bernard Chaumont-Gaillard, formateur
et coordinateur en primaire au Lycée Al-Haram, une
quinzaine d'enseignants du cycle maternel et primaire des
écoles francophones, assurant chacun des missions précises
(coordination, gestion, secrétariat, accueil des troupes,
communication, dimension artistique, recherche des mécènes …)
suivent avec enthousiasme cette formation pour s'engager dans
cette initiative.
14 troupes égyptiennes
et 4 autres étrangères, dont la France, la Roumanie, le Maroc
et la Turquie y participeront, répartis en 18 spectacles de
40 minutes chacun. Chaque troupe est composée d'un maximum
de 15 personnes (1 ou 2 animateurs inclus). Chaque spectacle
peut insérer 5 minutes en langue maternelle animé par des
élèves du cycle préparatoire et secondaire. « On a
choisi de commencer par le cycle préparatoire, la phase transitoire
au cycle secondaire, l'âge adéquat pour ce festival »,
explique Jean-Paul Durin, attaché de coopération pour le français.
La préparation
à ce festival a débuté il y a un an et demi avec comme finalité
de « fédérer en Egypte l'ensemble des parties prenantes
de la francophonie » (établissements scolaires, Centre
de coopération culturelle français, entreprises en tant que
mécènes indispensables. Citons à titre d’exemple : la
délégation de l'Union européenne en Egypte, Air France, Carrefour,
MG Travel, Esig). D’autre part, ce festival francophone a
pour but de « tisser des liens de coopération avec
les institutions et organismes égyptiens du domaine culturel
(Ministères, presse écrite, radiophonique et télévisuelle,
théâtres) », selon la Charte de coopération datée
de 1994.
L'essentiel
pour ce projet théâtral est d'instituer entre les établissements
un espace de coopération pédagogique et éducative en action
afin de développer les rencontres entre enseignants qui peuvent
rebondir sur d'autres projets et action. Il s'agit également
de mettre en place des activités mettant en jeu des compétences
d'expression orale. Le projet devrait également permettre
aux élèves de développer « des valeurs de tolérance,
du respect du travail et de la sensibilité de l'AUTRE
dans une ambiance festive ». Comme c'est le cas lors
des représentations théâtrales, chaque troupe présentera à
tour de rôle son travail aux festivaliers, aux mécènes, institutionnels,
membres des communautés éducatives des établissements. La
compagnie Pierre Debauche animera par ailleurs les
ateliers de pratique théâtrale à destination des élèves et
participera à l'ensemble du festival comme le mentionne Jean-Paul
Durin. En développant un espace de pratiques théâtrales et
artistiques qui mette en jeu le sens du travail d'équipe,
la rigueur, le sens de l'effort, il s'agit de faire de ce
festival un lieu de formation de la personne, qu'il s'agisse
des acteurs ou .des spectateurs.
Au-delà des objectifs
d'ordre pédagogique général, le festival se pose clairement
dans le contexte de la francophonie, visant d'abord à promouvoir
politiquement la langue française en Egypte. Il est ainsi
présenté comme un moyen de « renforcer le sentiment
d'appartenance et la fidélité au système d'enseignement francophone »,
d'apporter un soutien à l'Université française du Caire,
d'aider à la formation d’acteurs « à la gestion de
projet dans un contexte francophone ». Bref, il s'agit
de « favoriser la défense, l’illustration et la promotion
du théâtre en langue française », « permettre
dans chaque pays qui le souhaite la création d’un festival
de théâtre scolaire en langue française ».
Les organisateurs
cherchent à promouvoir la francophonie en Egypte par le biais
du théâtre, mais pour être efficace l'initiative doit dépasser
cet objectif politique par la présence sur place de formateurs
compétents. Cela permettrait de provoquer un nouveau courant
d'idées permettant d'intégrer le théâtre et sa puissance créative
à l'espace scolaire en général, à ouvrir un espace stimulant
pour les jeunes talents, qu'elle sera une réelle réussite. |