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Le
sionisme est-il mort ?
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Par
Mohamed Sid-Ahmed
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| Des
activistes appartenant au mouvement israélien
de gauche Gosh Shalom avec en tête le
militant pour la paix, Uri Avnery, ont rendu
visite à Yasser Arafat dans son siège détruit
à Ramallah, le 13 septembre dernier. Ils lui
ont promis de devenir des boucliers humains
pour le protéger contre toute tentative israélienne
de le liquider. Espérons que les Arabes en feront
autant et protégeront activement le symbole
de la révolution palestinienne !
L'Assemblée
générale de l'Onu a adopté avec une majorité
écrasante une résolution refusant l'expulsion
d'Arafat. L'opposition est venue seulement d'Israël,
des Etats-Unis, et de deux îles inconnues au
sein de l'océan Pacifique : la Micronésie
et les îles Marshall.
Il
est à noter qu'Israël a atteint un degré inégalé
de cruauté avec les Palestiniens, qui soulève
les critiques non seulement de la communauté
internationale, mais également des membres de
l'élite israélienne au pouvoir. Ces derniers
commencent à s'interroger : Qu'en est-il
de l'avenir d'Israël ? Et de notre avenir
en tant que sionistes ?
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Corruption, oppression et injustice
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Avraham
Burg, ancien président de la Knesset (1999-2001)
et ancien président de l'Agence juive, a écrit
à Yediot Ahronot que le « sionisme
est mort et que ses agresseurs sont installés
dans les fauteuils du gouvernement à Jérusalem ! ».
Selon Burg, « la révolution sioniste
reposait sur deux piliers : une soif de justice
et une équipe dirigeante soumise à la morale
civique. L'une et l'autre ont disparu. La nation
israélienne n'est plus aujourd'hui qu'un amas
informe de corruption, d'oppression et d'injustice.
La fin de l'aventure sioniste est déjà à notre
porte. Oui, il est devenu probable que notre
génération soit la dernière du sionisme. Après
elle, il restera ici un Etat juif méconnaissable
et haïssable. Qui de nous voudra en être le
patriote ? ».
Burg
continue : « L'opposition s'est
évanouie et la coalition reste muette. Il n'y
a tout simplement rien à dire. Seuls nos échecs
sont retentissants. Sans doute avons-nous ressuscité
la langue hébraïque, notre théâtre est excellent,
notre monnaie résiste bien et les cerveaux juifs
n'ont pas fini d'étonner. Est-ce que pour cela
que nous avons créé un Etat ? Non, ce n'est
pas pour inventer des armes sophistiquées, des
instruments d'irrigation au goutte-à-goutte,
des programmes de sécurité informatique ou des
missiles antimissiles que le peuple juif a survécu.
Notre vocation est de devenir un modèle, la
lumière des nations, et nous avons échoué ! ».
« Demandez
à vos enfants lequel d'entre eux est sûr de
vivre ici dans 25 ans. Les réponses les plus
clairvoyantes risquent de vous choquer, parce
que le compte à rebours de la société israélienne
a commencé ».
Burg
passe ensuite en revue les différentes images
de la société israélienne avec ses contradictions
flagrantes : « Il existe une autoroute
pour l'occupant israélien, alors que les Palestiniens
doivent se traîner sur des routes défoncées
et interrompues par des barrages pendant des
heures. Pour le sioniste, le temps est rapide,
efficace et moderne. Pour l'Arabe primitif,
manœuvre sans permis en Israël, le temps est
d'une lenteur épouvantable ».
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Une réalité qui ne peut pas durer
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Burg
aboutit à la conclusion suivante : « Cela
ne peut pas durer. Même si les Arabes courbaient
la tête et avalaient leur humiliation, le moment
viendra où plus rien ne marchera. Tout édifice
bâti sur l'insensibilité à la souffrance d'autrui
est appelé à s'effondrer avec fracas. Les forces
du bien perdent l'espoir, font leurs valises
et nous abandonnent ici, avec le sionisme tel
qu'en lui-même : un Etat chauvin et cruel
où sévit la discrimination ».
Burg
poursuit : « Si tout cela était
inévitable et infligé par une force surnaturelle,
je me serais tu moi aussi. Mais il y a une autre
option. C'est pourquoi il faut hurler ».
Burg
termine son article en déclarant : « Voici
ce que le premier ministre doit dire à son peuple :
le temps des illusions est périmé. On ne peut
plus différer les décisions. Oui, nous aimons
le pays de nos ancêtres dans sa totalité. Oui,
nous aimerons bien y résider, nous tous seuls.
Mais cela ne marche pas, les Arabes eux aussi
ont leurs rêves et leurs besoins. Entre le Jourdain
et la mer, c'en est fini de la majorité juive.
Tout garder, mes chers concitoyens, comme cela,
gratuitement, sans en payer le prix est chose
impossible. Nous ne pouvons plus prétendre être
la seule démocratie au Proche-Orient parce que
nous ne le sommes pas. Sans l'égalité complète
avec les Arabes, il n'y a pas de démocratie.
Conserver à la fois les territoires et une majorité
juive dans le seul Etat juif tout en respectant
les valeurs de l'humanisme et de la morale juive
est une équation insoluble ».
« Vous
voulez la totalité du territoire d'Israël ?
Parfait. Vous avez donc renoncé à la démocratie,
et nous allons mettre en place un système efficace
de ségrégation ethnique, de camps d'internement,
de villes-prisons ! Vous voulez une majorité
juive ? Parfait. Ou bien nous entasserons
tous les Arabes dans des wagons de chemin de
fer, des autobus, sur des chameaux et des ânes
pour les expulser ! Il n'y a pas de moyen
terme ! ».
Burg
affirme que pour éviter de tels scénarios « ceci
implique le démantèlement de toutes les implantations
ainsi que la détermination d'une frontière internationale
reconnue entre le foyer national juif et le
foyer national palestinien ». Et ce
à condition que soit appliqué le droit au retour
juif à l'intérieur du foyer national juif et
il en sera de même pour le droit au retour palestinien.
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Deux Etats ou bien un seul ?
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Cette
idée s'affirme dans un autre article rédigé
par le professeur de sciences politiques à l'Université
Bar-Ilan, Ilan Greilsammer. Pour lui, « de
façon insidieuse et détournante, nous assistons
à un phénomène pervers à propos duquel je voudrais
tirer la sonnette d'alarme. Ce phénomène date
en fait du début de l'Intifada et il prend une
ampleur croissante. Voici que, de plus en plus,
dans divers cercles intellectuels et universitaires
de gauche, surtout en France, on commence à
évoquer l'idée d'un seul Etat à la place de
deux Etats vivant côte à côte, l'un juif, l'autre
palestinien. D'aucuns des anciens partisans
de la gauche sioniste se demandent : la
création de l'Etat d'Israël en 1948 était-elle
une erreur et faudrait-il revenir aux solutions
des années 1920 et 30 d'un seul Etat arabe à
minorité juive entre la mer et le Jourdain ».
Par
un regard observateur, nous comprenons que la
confusion dans la vision et les points de vue
sévissent non seulement au sein du camp arabe,
mais également dans le camp israélien. Ces derniers
souffrent eux aussi d'une vraie crise. Une crise
mortelle d'identité qui les a amenés à s'interroger :
Qui sommes-nous ? Jusqu'où devons-nous
vivre dans un environnement hostile. Ils ont
commencé à comprendre que tout devrait être
remis en cause.
Quand
ils se demandent : Le sionisme est-il mort ?
Ils ne visent nullement à l'exclure en tant
que référence. Au contraire, leur objectif est
de se débarrasser des aspects qui lui portent
atteinte, tout en essayant de créer une atmosphère
plus propice à l'épanouissement des valeurs
sionistes. Bref, dévoiler les défauts du sionisme
vise à trouver les remèdes nécessaires pour
le maintenir en vie non pour l'abandonner.
De
notre côté, il est indispensable de comprendre
que les anciens clichés ne tiennent plus, et
qu'il est grand temps de se hisser au niveau
des défis. Il est temps que surgissent parmi
nos rangs arabes des élites à même de traiter
avec les questions les plus sensibles et les
plus essentielles. C'est devenu une question
de vie ou de mort ... |
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Le
voile, un problème européen
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| Par Salama
A. Salama
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| Un
problème social important sévit actuellement
en Europe à tel point qu'il risque d'escamoter
tous les autres, notamment en France et en Allemagne.
Il s'agit du voile que portent de nombreuses
jeunes filles et femmes musulmanes. Ces dernières
ne représentent qu'un très faible taux par rapport
aux millions de femmes qui vivent et travaillent
dans les pays européens. Chaque automne, à la
rentrée scolaire, ce problème se transforme
en une question socioculturelle, surtout en
France. Cette question est alors exploitée par
des groupuscules xénophobes qui rejettent la
présence arabe et islamique, dans l'objectif
de provoquer les sentiments conservateurs de
certaines forces sociales fermées sur elles-mêmes
et racistes.
Le
phénomène du voile avait également suscité de
larges polémiques dans certaines sociétés arabes
et islamiques, dont la société égyptienne, mais
le problème a été résolu en tant que question
de liberté personnelle. Aujourd'hui, cette question
n'attire plus vraiment l'attention après que
la conception traditionnelle religieuse du voile
eut changé pour devenir une sorte de mode qui
attire les jeunes filles. Cependant, le voile
reste dans la conscience française, et un peu
moins dans la conscience allemande, un aspect
qui a une signification idéologique et religieuse
allant à l'encontre du régime laïc instauré
par l'Etat dans les institutions gouvernementales,
dans l'enseignement et dans la vie publique.
Ceci suscite donc des polémiques aiguës dont
la conséquence est l'expulsion des élèves musulmanes
des écoles françaises.
En
Allemagne, la Haute Cour constitutionnelle a
refusé la décision d'exclure une institutrice
musulmane voilée d'origine afghane. La cour
a souligné qu'il n'existe pas de lois interdisant
le port de voile. Cette même cour avait précédemment
prononcé un verdict rendant illégal le licenciement
d'une vendeuse turque travaillant dans une parfumerie
parce qu'elle porte le voile.
En
France, les Français ont délaissé une question
sociale d'une importance majeure qui a bouleversé
le pays en entier, la mort de 15 000 personnes
âgées à cause de la chaleur qui a sévi en Europe
cet été, pour se préoccuper de la question de
permettre ou non aux élèves d'origine algérienne
ou marocaine de porter le voile à l'école. Cependant,
selon les statistiques, le nombre de ces jeunes
filles ne dépasse pas quelques dizaines en France
et une centaine d'institutrices d'origine turque
en Allemagne.
Le
problème, et je suis partisan de la liberté
personnelle des individus de porter ce qu'ils
veulent, ne semble pas être un refus de voir
des gens porter des vêtements qui rappellent
leur religion, ce qui va à l'encontre du principe
de la laïcité. Mais plutôt l'expression de tentatives
acharnées de certains éléments racistes dans
ces sociétés visant à déclencher des guerre
culturelles et civilisationnelles contre les
minorités musulmanes en Europe dans l'objectif
de les isoler et d'empêcher leur intégration
dans ces sociétés, au point de vouloir former
des « ghettos » pour ces minorités,
c'est-à-dire des écoles, des restaurants et
des quartiers isolés. Cette question pose un
vrai problème, à des degrés différents, dans
plusieurs sociétés européennes.
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