Escrime . Radwa Nagati vient de remporter le championnat arabe dans la catégorie dames, à 18 ans. Portrait.
L'avenir au féminin

Lors de la dernière édition du championnat arabe qui s'est achevée récemment au Liban, la joueuse égyptienne Radwa Nagati a réalisé une victoire personnelle et un record égyptien en épreuve individuelle. Premièrement, elle a remporté le titre alors que c'était la première fois qu'elle combattait en catégorie dames. Deuxièmement, grâce à sa qualification, la finale a été purement égyptienne, pour la première fois de l'histoire du championnat. « Pourtant, la chose qui me satisfait le plus, c'est ma victoire sur ma compatriote Chimaa Al-Gamal, la tenante du titre des trois dernières éditions. Al-Gamal est une bonne joueuse que les championnes tunisiennes et jordaniennes n'arrivent jamais à battre, tandis que moi je n'avais jamais participé à ce championnat », souligne Radwa Nagati.

Moralement, Radwa était prête pour cet exploit. Son entraîneur du Club d'escrime égyptien, ainsi que son entraîneur de la sélection égyptienne lui ont assuré avant de partir qu'elle était à son meilleur jeu techniquement et qu'elle pouvait battre n'importe qui. « L'escrime dépend essentiellement d'une bonne condition physique et de la concentration. Et Radwa arrive toujours à conserver ces deux qualités. Mais elle possède un atout, c'est que ses mains sont fortes et son mouvement sur la piste d'escrime excellent », explique Hossam Hassan, entraîneur de Radwa. Il ajoute que celle-ci arrive à trouver un équilibre entre l'attaque et la défense, mais que sa défense est plus forte, ce qui est une bonne chose en escrime.

Avec ce titre arabe, les rêves de Radwa commencent à se réaliser. Il s'agit du premier pas vers l'objectif qu'elle s'est fixé : jouer dans les grands tournois mondiaux , arriver à battre les joueuses allemandes et françaises et remporter un jour le titre mondial. Selon elle, la seule vraie compétition arabe en escrime vient d'Algérie, car les autres pays ne s'intéressent pas sérieusement à ce sport. C'est pourquoi elle doit partir à l'étranger pour progresser. « Etre une joueuse professionnelle, c'est participer au moins à 12 championnats internationaux par an et collecter des points pour le classement mondial. Cela est difficile dans un club qui n'a pas un budget suffisant ; la fédération n'a pas les moyens non plus de payer ces sommes. Et en escrime féminin, il n'y a pas de prix pour les vainqueurs », fait remarquer la mère de Radwa. Jusqu'à présent, les parents de Radwa payent les voyages. La fédération, qui a connu d'importants problèmes de gestion, consacre peu d'argent aux joueurs, surtout dans la catégorie féminine.

Moustapha Nagati, le frère de Radwa, est un champion égyptien dans la même discipline. Moustapha, qui a commencé l'escrime avant sa sœur, l'a poussée à pratiquer ce sport sérieusement. « Je l'ai vue remporter des titres et des trophées. Je me suis dit pourquoi pas faire encore mieux que lui ? », raconte-t-elle.

Les responsables de la nouvelle Université française en Egypte, où Radwa est inscrite, apprécient le talent de la jeune femme et l'encouragent en lui permettant de rater quelques cours pour s'entraîner. Cela lui a permis de participer au championnat arabe, qui avait lieu au moment des examens semestriels. Et cela va également l'aider à se préparer librement pour son prochain objectif : remporter le titre mondial des moins de 19 ans cette année. « On a déjà commencé l'entraînement avec des Roumaines. C'est mon premier contact avec des joueuses internationales. J'ai découvert que la différence de niveau n'était pas énorme entre l'Egypte et la Roumanie, qui est 10e mondiale », explique-t-elle. Selon elle, les pays les plus forts refusent de se rendre en Egypte pour disputer des matchs amicaux, car le niveau n'est pas assez bon et il n'y a pas d'argent pour les encourager à se déplacer.

« J'ai créé la surprise au Liban en remportant le titre, alors que je suis encore en catégorie juniors et Hamad bin Séoud, le président de la fédération arabe d'escrime, m'a offert un trophée spécial à cette occasion. Attendez-vous à d'autres surprises. Vous verrez un jour, les grandes équipes mondiales vont s'intéresser à nous », dit Radwa d'une voix douce, mais déterminée.

Chourouq Chimy
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