| Lors de
la dernière édition du championnat arabe qui s'est achevée
récemment au Liban, la joueuse égyptienne Radwa Nagati a
réalisé une victoire personnelle et un record égyptien en
épreuve individuelle. Premièrement, elle a remporté le titre
alors que c'était la première fois qu'elle combattait en
catégorie dames. De uxièmement,
grâce à sa qualification, la finale a été purement égyptienne,
pour la première fois de l'histoire du championnat. « Pourtant,
la chose qui me satisfait le plus, c'est ma victoire sur
ma compatriote Chimaa Al-Gamal, la tenante du titre des
trois dernières éditions. Al-Gamal est une bonne joueuse
que les championnes tunisiennes et jordaniennes n'arrivent
jamais à battre, tandis que moi je n'avais jamais participé
à ce championnat », souligne Radwa Nagati.
Moralement,
Radwa était prête pour cet exploit. Son entraîneur du Club
d'escrime égyptien, ainsi que son entraîneur
de la sélection égyptienne lui ont assuré avant de partir
qu'elle était à son meilleur jeu techniquement et qu'elle
pouvait battre n'importe qui. « L'escrime dépend
essentiellement d'une bonne condition physique et de la
concentration. Et Radwa arrive toujours à conserver ces
deux qualités. Mais elle possède un atout, c'est que ses
mains sont fortes et son mouvement sur la piste d'escrime
excellent », explique Hossam Hassan, entraîneur
de Radwa. Il ajoute que celle-ci arrive à trouver un équilibre
entre l'attaque et la défense, mais que sa défense est plus
forte, ce qui est une bonne chose en escrime.
Avec ce titre
arabe, les rêves de Radwa commencent à se réaliser. Il s'agit
du premier pas vers l'objectif qu'elle s'est fixé :
jouer dans les grands tournois mondiaux , arriver à battre
les joueuses allemandes et françaises et remporter un jour
le titre mondial. Selon elle, la seule vraie compétition
arabe en escrime vient d'Algérie, car les autres pays ne
s'intéressent pas sérieusement à ce sport. C'est pourquoi
elle doit partir à l'étranger pour progresser. « Etre
une joueuse professionnelle, c'est participer au moins à
12 championnats internationaux par an et collecter des points
pour le classement mondial. Cela est difficile dans un club
qui n'a pas un budget suffisant ; la fédération n'a
pas les moyens non plus de payer ces sommes. Et en escrime
féminin, il n'y a pas de prix pour les vainqueurs »,
fait remarquer la mère de Radwa. Jusqu'à présent, les parents
de Radwa payent les voyages. La fédération, qui a connu
d'importants problèmes de gestion, consacre peu d'argent
aux joueurs, surtout dans la catégorie féminine.
Moustapha Nagati,
le frère de Radwa, est un champion égyptien dans la même
discipline. Moustapha, qui a commencé l'escrime avant sa
sœur, l'a poussée à pratiquer ce sport sérieusement. « Je
l'ai vue remporter des titres et des trophées. Je me suis
dit pourquoi pas faire encore mieux que lui ? »,
raconte-t-elle.
Les responsables
de la nouvelle Université française en Egypte, où Radwa
est inscrite, apprécient le talent de la jeune femme et
l'encouragent en lui permettant de rater quelques cours
pour s'entraîner. Cela lui a permis de participer au championnat
arabe, qui avait lieu au moment des examens semestriels.
Et cela va également l'aider à se préparer librement pour
son prochain objectif : remporter le titre mondial
des moins de 19 ans cette année. « On a déjà commencé
l'entraînement avec des Roumaines. C'est mon premier contact
avec des joueuses internationales. J'ai découvert que la
différence de niveau n'était pas énorme entre l'Egypte et
la Roumanie, qui est 10e mondiale », explique-t-elle.
Selon elle, les pays les plus forts refusent de se rendre
en Egypte pour disputer des matchs amicaux, car le niveau
n'est pas assez bon et il n'y a pas d'argent pour les encourager
à se déplacer.
« J'ai
créé la surprise au Liban en remportant le titre, alors
que je suis encore en catégorie juniors et Hamad bin Séoud,
le président de la fédération arabe d'escrime, m'a offert
un trophée spécial à cette occasion. Attendez-vous à d'autres
surprises. Vous verrez un jour, les grandes équipes mondiales
vont s'intéresser à nous », dit Radwa d'une voix
douce, mais déterminée.
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