Moubarak :
« Une guerre en Iraq aura des conséquences redoutables »

Le président Moubarak a estimé dimanche dernier à Tochka que la situation est très mauvaise entre Israéliens et Palestiniens. « Sans retour à la table des négociations, il ne peut y avoir d'arrêt de la violence », a affirmé le chef de l'Etat. Il a estimé qu'Israël avait empêché les Palestiniens de se rendre à la conférence de Londres sur les réformes palestiniennes en réaction au refus du premier ministre britannique Tony Blair de rencontrer le ministre israélien des Affaires étrangères, Benyamin Netanyahu, fin décembre, lors de sa visite à Londres. M. Blair a ensuite rencontré le chef du Parti travailliste israélien, Amram Mitzna, à Londres. Ce qui a été interprété par M. Sharon comme une sorte de soutien à M. Mitzna, le rival de M. Sharon lors des prochaines législatives en Israël, le 28 janvier. Concernant son évaluation des répercussions d'une guerre contre l'Iraq sur le processus de paix au Proche-Orient, le président Moubarak a déclaré à Al-Ahram hebdo : « C'est une question à laquelle il est très difficile de répondre. Je ne veux pas en parler, sinon on dira que Moubarak prône ceci ou cela  ».

Moubarak a indiqué qu'une guerre ne fera que verser de l'huile sur le feu. « Les Turcs ont indiqué qu'ils avaient des idées, ils ont proposé l'envoi d'un émissaire à Saddam Hussein. Nous leur avons dit que nous sommes d'accord à condition d'avoir la bénédiction américaine, nous ne voulons pas avoir de problèmes », a affirmé le chef de l'Etat. Il n'a pas précisé si l'émissaire était le ministre turc du Commerce extérieur, Kursat Tuzmen, arrivé vendredi dernier en Iraq et qui avait indiqué être porteur d'un message du premier ministre turc, Abdullah Gul, à Saddam Hussein.

Moubarak avait rencontré le 5 janvier Abdullah Gul en Egypte. Il s'est rendu mardi 14 janvier en Arabie saoudite pour se concerter avec les dirigeants du royaume au sujet de la crise iraqienne.

« Une attaque militaire contre l'Iraq aurait des conséquences redoutables que personne ne peut prévoir », a-t-il ajouté. Pour le chef de l'Etat, aucun pays au monde ne peut empêcher les Etats-Unis de frapper l'Iraq. « Mais nous mettons en garde contre les conséquences d'une telle frappe et nous tentons de trouver un moyen de l'éviter », a-t-il affirmé.

Moubarak, qui s'est déclaré à plusieurs reprises opposé à une guerre en Iraq, a estimé à 50 % la possibilité de déclenchement d'une guerre contre ce pays, soulignant que Saddam Hussein en portait une grande responsabilité. « Nous lui avons dit qu'il doit supporter beaucoup de choses afin d'éviter l'extermination de son peuple », a-t-il conclu.

Cherif Ahmad

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