La conférence
internationale sur les réformes de l'Autorité palestinienne
a eu lieu mardi, à Londres, en l'absence des principaux
intéressés. Ils devaient toutefois participer à la réunion
par lien vidéo, Israël ayant empêché la délégation palestinienne
de s'y rendre.
Les Etats-Unis
avaient envoyé le secrétaire d'Etat adjoint pour le Proche-Orient,
William Burns, et y ont participé des représentants des
autres membres du quartette sur le Proche-Orient (Nations-Unies,
Russie, Union européenne), ainsi que de l'Egypte, de l'Arabie
saoudite et de la Jordanie. « Nous espérons que
cette conférence sera un succès », en dépit de
la « regrettable » interdiction de voyager
imposée par Israël, a affirmé le chef de la diplomatie britannique
Jack Straw. « Nous espérons que les arrangements
techniques tiendront », a ajouté M. Straw, précisant
que certaines personnalités palestiniennes interviendraient
de Ramallah et d'autres de Gaza, comme le ministre de la
Coopération internationale Nabil Chaath.
Israël a annoncé
le 6 janvier qu'il empêcherait les représentants palestiniens
de quitter les territoires palestiniens pour assister à
la conférence. Ce camouflet a contraint Jack Straw à annoncer
vendredi qu'il se contenterait d'une « conférence
téléphonique » avec des hauts responsables de l'Autorité
palestinienne, même si le représentant palestinien à Londres
participe à la réunion. « Ce qui est important dans
les discussions que nous avons aujourd'hui c'est qu'elles
sont destinées à accélérer l'élan vers une réforme interne
de l'Autorité palestinienne dans les territoires occupés »,
avait encore affirmé mardi matin M. Straw.
Michael Terazi,
disposant d'un passeport américain et seul délégué palestinien
qui a pu venir des territoires occupés, a estimé que la
conférence « mettrait en lumière les obstacles posés
par Israël sur le chemin de ces réformes ». « Nous
espérons montrer que le conflit fondamental au Proche-Orient
est l'occupation des territoires palestiniens »,
a-t-il ajouté.
Le premier
ministre israélien Ariel Sharon a souligné pour sa part
mardi, dans un message adressé à Tony Blair, « qu'on
ne peut pas se fier à Yasser Arafat », pour mener
des réformes, soulignant que son opposition à la venue des
dirigeants palestiniens n'était pas dirigée contre Londres.
Les participants
doivent discuter des réformes en profondeur exigées par
la communauté internationale de l'Autorité palestinienne,
accusée de corruption et d'inefficacité.