Deux commissions pour une Constitution

Une commission palestinienne présidée par le ministre de la Coopération internationale, Nabil Chaath, s'est chargée de l'élaboration du projet de Constitution palestinienne. Cette commission a travaillé entre 1999 et février 2001. En fait, ce projet est un document complet qui inclut toutes les questions liées à une Constitution d'une nation. Que ce soit la forme de gouvernement, les pouvoirs de gouvernement accordé à chacune des instances, les droits, les libertés publiques, les droit de l'homme, de la femme, de l'enfant, de vivre dans un environnement, propre, sain et sûr ...

Par la suite, la Ligue arabe a établi, à la demande des Palestiniens, une commission pour la rédaction finale du projet de Constitution palestinienne. Esmat Abdel-Méguid, ancien secrétaire général et ancien ministre égyptien des Affaires étrangères, assume la présidence de cette nouvelle commission, qualifiée également de « commission de soutien ». Le juriste égyptien et professeur de droit international Salah Amer a été désigné comme rapporteur. Des experts palestiniens comme Ahmad Moubarak Al-Khaldi, qui a présidé le comité de rédaction du premier texte, figurent au sein de la commission avec des spécialistes de la Ligue arabe.

R.A.


Palestine. Yasser Abd Rabbo, ministre palestinien de l’Information, revient sur les dissensions palestiniennes et l'interdiction par Israël de la conférence de Londres.
« L'unité est vitale pour les Palestiniens »

Paris,
Correspondance —

Al-Ahram Hebdo : Quel est l’objectif des entretiens inter-palestiniens parrainés par Le Caire ?

Yasser Abd Rabbo : Admettre qu’il n’existe qu’une seule autorité, qu’un seul centre de contrôle et respecter les engagements pris par ce centre, c’est ça le principal objectif. La loi palestinienne doit être appliquée à tous sans aucune exception. Nous ne voulons pas de pluralité en dehors du cadre politique. Il est impossible dans cette lutte difficile qu’il y ait une vingtaine d’armées, de plans, de stratégies et de directions.

— En d’autres termes, arrêter les attentats contre les civils ?

— Quand l’Autorité palestinienne demande l’arrêt des opérations contre les civils, cet appel doit être écouté par tout le monde. Pour l’instant, nous attendons une réponse de l’autre partie. Il est inutile de tenir des réunions juste pour se réunir. Et dans de telles affaires, il n’existe pas de compromis. Il n’y a pas d’avancée partielle ou proportionnelle. Soit il y a des décisions et des personnes qui sont capables de respecter ces décisions et les tendances de l’actuelle Autorité palestinienne, soit il n'y en a pas. Pas de respect à moitié ou d’acquiescement à moitié.

— Dans ce contexte, à quoi la conférence de Londres doit-elle servir ?

— C’est une réunion destinée en principe à soutenir l’Autorité palestinienne dans ses réformes. On devrait aussi discuter des entraves et des obstacles qu’Israël ne cesse de placer sur notre route à travers la répression, le terrorisme, les sanctions, les destructions, la confiscation des terrains et la colonisation. C’est une tribune internationale comme beaucoup d’autres, comme le Conseil de sécurité ou l’assemblée générale. Les Palestiniens ne s’attendaient pas à ce que cette conférence mette un terme au conflit au Proche-Orient. On sait d’avance, à chaque fois, qu’aucune décision contraignante à l'égard des Israéliens ne sera adoptée. On accepte d’y assister car notre absence sert uniquement les intérêts d’Israël.

— Si c’est le cas, pourquoi Israël empêche-t-il les Palestiniens de partir pour Londres ?

— C’est plutôt une mesure contre la Grande-Bretagne et contre les efforts européens de paix en général. Une façon de les punir. Bien sûr, les Israéliens affirment que cette décision intervient suite à l’opération de Tel-Aviv. Mais je ne vois pas la relation entre l’opération et une conférence sur la réforme. Israël invente toujours des justifications et veut imposer son veto à tout effort de paix ou toute activité politique. Malheureusement, en se comportant de cette façon, l’Etat hébreu est totalement soutenu et protégé par l’Administration américaine. La question qui se pose maintenant est : pourquoi les Etats-Unis n’ont-ils pas bougé le petit doigt pour soutenir leur principal et constant allié, la Grande-Bretagne ? Comment se fait-il qu'ils n’ont déployé aucun effort pour sauver Tony Blair, qui a appelé personnellement la tenue de cette conférence ? Et comment, par la suite, les Palestiniens pourraient-ils faire confiance à la Maison Blanche si elle ne peut pas obliger Israël à nous laisser participer à une conférence non contraignante pour toutes les parties.

— Les Palestiniens appellent aussi à la tenue d’un sommet arabe extraordinaire. Pourquoi ?

— La tenue d’un sommet arabe n’est pas uniquement une demande palestinienne. Je crois que c’est une volonté arabe vu les menaces d’une éventuelle guerre au Proche-Orient qui pourrait redessiner non seulement la carte de la région, mais aussi son avenir. Dans tous les cas, le sommet ordinaire doit en principe se tenir dans deux mois. Il faut que les Arabes discutent aussi de cette intensification des sanctions et de la répression israélienne à l’encontre des Palestiniens. Ils doivent se demander : si Israël bloque une conférence d’une journée à Londres, pouvons-nous attendre que cet Etat reprenne le chemin de la paix ? Impossible.

Propos recueillis par
Samar El Gamal

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