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Les
Arabes israéliens crient victoire |
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Des députés
arabes israéliens ont qualifié de « victoire »
de la démocratie sur la droite et le service de sécurité
intérieure, Shin Beth, la décision de la justice,
jeudi dernier, d'autoriser deux des leurs à se présenter
aux élections législatives anticipées du 28 janvier.
La décision de la Cour suprême israélienne
de permettre à MM. Azmi Bichara et Ahmad Tibi de se
présenter au scrutin, malgré l'avis contraire de la
commission centrale des élections, est « très
importante et représente une victoire pour les Arabes
au Parlement », a déclaré M. Bichara. « Cette
décision est une victoire pour la démocratie d'Israël
et rend confiance à la population arabe dans la mesure
où elle donne un coup d'arrêt à l'attaque contre ses
représentants », a déclaré, pour sa part, M.
Tibi qui va se présenter sur la liste Hadash
comprenant des communistes et d'autres formations.
La commission des élections, composée
de membres de partis du Parlement sortant et dominée
par la droite nationaliste, avait interdit à MM. Tibi
et Bichara, ainsi qu'au parti de ce dernier, le Balad,
de participer au scrutin. Elle avait accusé ces deux
parlementaires de « soutenir des organisations
terroristes » et de nier le caractère juif
et démocratique de l'Etat.
Le Shin Beth et le conseiller
juridique du gouvernement, le procureur général de l'Etat,
Elyakim Rubinstein, avaient affirmé que le Balad « soutenait
la lutte armée » contre Israël et « remettait
en cause le caractère juif et démocratique de l'Etat
d'Israël ». M. Bichara, unique député du Balad,
a contre-attaqué en accusant le Shin Beth de
chercher à imposer aux Arabes israéliens leurs représentants
à la Knesset (Parlement), et en assurant que la représentation
arabe dans la nouvelle Chambre « allait »
augmenter.
La semaine dernière, M. Bichara — actuellement
poursuivi devant les tribunaux israéliens pour incitation
à la révolte, à la suite des déclarations qu'il avait
faites en Syrie en juin 2001 — avait menacé d'appeler
les Arabes israéliens à boycotter les élections s'il
ne pouvait se présenter. « Les Arabes israéliens
vont pouvoir choisir leurs députés et pas ceux que tentent
de leur imposer le gouvernement et ses services de renseignement »,
a ajouté, de sa part, M. Tibi. Le député sortant, Hachem
Mahamid, est du même avis. « Il n'y a aucun
doute sur le fait que la campagne de la droite a échoué,
et les masses arabes doivent voter pour leurs listes
et non pas pour les listes sionistes », a-t-il
estimé.
Les Arabes israéliens ont 10 députés
dans le Parlement sortant. Leur minorité, qui rassemble
environ 15 % de l'électorat et 18 % de la
population, sera représentée par quatre listes (sur
un total de 28) lors du scrutin du 28 janvier.
A l'heure actuelle, les députés arabes
souhaitent que le bras de fer entre les députés sortants
et la commission électorale encourage les Arabes à participer
en masse aux élections pour faire chuter le gouvernement
d'Ariel Sharon.
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M.Ch. |
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Israël .
A moins de deux semaines des législatives, la popularité
du Likoud est en baisse en raison d'un scandale de
pots-de-vin dans lequel est impliqué le premier ministre
Ariel Sharon. |
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Sharon
en chute libre
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A l'approche
des législatives du 28 janvier, la campagne électorale
israélienne a pris un ton brutal entre le Likoud (droite)
du premier ministre, Ariel Sharon, et ses rivaux travaillistes,
ses alliés d'hier, dans le contexte des affaires de
corruption qui éclaboussent le Likoud.
En effet,
M. Sharon se trouve a u
milieu d'un scandale financier qui a gravement affecté,
pour la première fois depuis le début de la campagne
électorale, sa cote de popularité. Le premier ministre
israélien, ainsi que ses deux fils Omri et Gilad,
se retrouvent sous pression pour s'expliquer à propos
d'un prêt de 1,5 million de US$ que leur aurait accordé
un homme d'affaires sud-africain pour servir de garantie
à un emprunt auprès d'une banque en Israël. La police
a ouvert, jeudi dernier, une enquête à ce propos et
demandé l'aide des autorités sud-africaines. L'emprunt
devait permettre au premier ministre d'éponger l'ardoise
de sa campagne pour l'élection à la tête du Likoud
en 1999.
En première
réaction directe à ce nouveau scandale financier qui
ne cesse de coûter à sa formation une grave hémorragie
de voix, le premier ministre a qualifié de « honteuse
calomnie politique » cette affaire de pots-de-vin.
« Il s'agit d'une honteuse calomnie politique
et je la démonterai par des faits et des documents »,
a affirmé jeudi le premier ministre. Se présentant
comme un homme honnête aux ressources modestes, M.
Sharon a affirmé ne pas être au courant de ce prêt
et a accusé les Travaillistes et leur chef, Amram
Mitzna, de vouloir ravir le pouvoir par tous les moyens,
notamment en salissant le Likoud. « Celui
qui diffuse cette calomnie n'a qu'un seul but :
renverser un premier ministre », a ajouté
M. Sharon. Pourtant, ce dernier ne semblait pas avoir
convaincu l'opinion israélienne de sa bonne foi. Samedi,
la presse israélienne a jugé sévèrement le comportement
du premier ministre jugeant que les explications qu'ils
avait données étaient « trop vagues »
pour mettre fin au scandale du « Sharongate ».
Pour le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot,
M. Sharon a mis bas le masque en usant d'un langage
brutal qu'il avait évité depuis près de deux ans qu'il
dirige le pays.
Par ailleurs,
la police israélienne a déclaré, vendredi dernier,
avoir conclu l'enquête concernant l'achat de voix
au comité central du Likoud le 8 décembre et avoir
remis le dossier au Parquet qui décidera d'éventuelles
poursuites. Tentant de s'épargner cette affaire qui
avait éclaboussé le Likoud lors de la désignation
de ses candidats à la députation le 8 décembre, M.
Sharon avait limogé, la semaine dernière, la vice-ministre
des Infrastructures, Naomi Blumenthal, qui avait refusé
de répondre aux questions de la police.
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« Le mal est déjà fait »
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Cette
affaire de pots-de-vin, qui survient après plusieurs
autres scandales touchant le Likoud, a provoqué une
chute du parti d'une dizaine de mandats sur 120 sièges
au Parlement dans tous les sondages d'intention de
vote, à moins de deux semaines des législatives. Selon
un sondage publié vendredi par le quotidien Maariv,
43 % d'Israéliens estiment que M. Sharon est
« impliqué » dans les scandales et
n'est plus digne d'être premier ministre, contre 31 %
de l'avis contraire et 26 % sans opinion. Selon
un autre sondage publié par le quotidien Haaretz,
le Likoud obtiendrait 27 mandats (sur 120), contre
31 il y a une semaine et 41 il y a quatre semaines.
Dans le système électoral israélien, qui repose sur
la proportionnelle intégrale, le nombre de sièges
reflète exactement le nombre de suffrages. En un mois,
le Likoud a donc perdu le soutien d'au moins un quart
des électeurs qui se disaient prêts à voter pour lui
début décembre.
Selon
tous les sondages, ce recul ne profite toujours pas
au Parti travailliste qui est crédité par les quatre
sondages de 20 à 24 mandats pratiquement sans changement
par rapport à la semaine dernière, contre 25 actuellement.
Ce recul favorise, en revanche, le parti centriste
laïc Shinouï avec 14 à 17 mandats (contre 6 dans le
Parlement sortant) ainsi que le parti ultra-orthodoxe
Shass (droite), l'Union nationale et le Parti national
religieux, deux formations d'extrême-droite. Selon
les commentateurs, M. Sharon n'est plus assuré de
pouvoir former une majorité de plus de 60 députés
avec les partis ultra-orthodoxes et d'extrême-droite
alors que ce « bloc » disposait dans
le Parlement sortant de 65 députés.
Pour
tous les analystes, « le mal est déjà fait
» pour Sharon. Ces scandales vont terriblement
réduire sa marge de manœuvre pour former un gouvernement
même s'il remporte les élections du 28 janvier. D'une
part, M. Sharon ne souhaite pas mettre sur pied une
coalition avec l'extrême droite, au sein de laquelle
il serait l'otage de cette dernière et qui risquerait
de déclencher une crise avec les Etats-Unis. D'autre
part, il ne pourrait pas réaliser son objectif qui
était de reconstituer le gouvernement d'unité nationale
avec les Travaillistes qu'il a dirigé de mars 2001
à octobre dernier, car le nouveau chef du Parti travailliste,
Amram Mitzna, dit y être opposé.
Ce dilemme
porte certains analystes à avancer l'hypothèse d'un
retour à une formule de rotation à la tête du gouvernement,
comme après les élections de 1984, lorsque les Travaillistes
et le Likoud, que les urnes n'avaient pu départagés,
s'étaient répartis à l'avance le pouvoir : deux
ans pour les uns, puis deux ans pour les autres.
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| Maha
Al-Cherbini
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