| Tout nous
incite à suivre avec intérêt les élections israéliennes
et de tenter même d'avoir une influence sur leur déroulement.
Si l'on jette un coup d'œil sur les programmes électoraux
des différents candidats, on sera à la fois terrifiés et
surpris. Car lorsqu'il s'agit de la question palestinienne,
on les trouve tous rivalisant sur un seul point : lequel
d'entre eux est le plus capable d'éliminer les Palestiniens,
de les pousser à se soumettre, de violer la loi internationale
et d'écarter en plus les éléments arabes qui font partie
du soi-disant régime démocratique israélien. Et ce, après
que les politiciens eurent convaincu la société israélienne
que les deux peuples palestinien et juif ne peuvent pas
vivre en paix côte à côte et que l'élimination des Palestiniens,
et non pas les négociations, est le seul moyen pour réaliser
le bien-être du peuple israélien. Ceci doit attirer également
l'attention de l'Occident qui ne cesse de vanter la démocratie
israélienne et qui pense que l'Etat hébreu est le prolongement
du patrimoine culturel et politique occidental au Proche-Orient.
Si le peuple juif ne pense plus qu'à l'assassinat et l'élimination
des Palestiniens, à la démolition de leurs maisons et à
leur humiliation et choisit son premier ministre en vertu
d'un programme qui fait prévaloir ces aspects, ceci mérite
qu'on s'y arrête.
D'autant plus
que l'Etat
hébreu, qui se dit démocratique, insiste à confirmer son
statut d'état juif refusant la présence sur ses territoires
de non juifs. Et si nous
le taxons d'Etat raciste, on nous accuse d'antisémites et
d'anti-juifs.
Les candidats
au poste de premier ministre s'accordent sur un point :
l'injustice qu'il faut infliger aux Palestiniens. Et s'il
n'est pas question en ce moment que les Arabes mènent une
action militaire contre Israël pour arrêter cette injustice,
il est donc inévitable qu'ils interviennent avec l'Occident
notamment, pour influencer les élections israéliennes. Et
ce, pour éviter les conséquences désastreuses inéluctables
qui découleront du climat qui prévaut actuellement en Israël.
Comment ceci
peut-il se faire ? Il faut s'adresser à l'opinion publique
israélienne qui influence les programmes des candidats et
en faisant en sorte que les sondages effectués auprès de
cette opinion publique favorisent le candidat le plus enclin
à la paix et non pas à l'extermination et la consécration
de la situation humiliante actuelle.
Cette mission
incombe à tous ceux qui ont intérêt à ce que la paix puisse
prévaloir dans la région. A leur tête viennent les Etats-Unis
dont l'intérêt est que les électeurs israéliens choisissent
un premier ministre qui ne leur cause pas de l'embarras
et qui ne les oblige pas à choisir entre les Arabes et Israël.
La paix est également dans l'intérêt des juifs vivant à
l'extérieur. Les juifs en Afrique du Sud avaient publié
le 23/10/2001 une déclaration dans laquelle ils ont fait
part qu'ils sont concernés tant par la paix et le bien-être
des Palestiniens que des Israéliens et par la paix internationale
en général. Bien plus, la déclaration a mis en relief le
rapport de la commission parlementaire sud-africaine d'établissement
des faits qui avait visité Israël et les territoires palestiniens
en juillet 2001 et qui avait établi que les Palestiniens
subissaient le même traitement qu'ont connu les noirs en
Afrique du Sud sous le régime de l'apartheid. Enfin, la
déclaration a insisté sur le fait que la sécurité des deux
peuples est inhérente.
Quant aux juifs
américains, leur capacité à influencer la politique et l'opinion
publique en Israël est indéniable. D'aucuns jouent même
un rôle dangereux en mobilisant l'opinion publique américaine
contre les Palestiniens. Enfin, il est bien connu que la
coordination entre la communauté américaine juive et les
autorités israéliennes est complète.
Quant à la
troisième partie à qui importe la paix en Palestine, c'est
l'Europe. L'Europe doit se départir de son hésitation. Il
n'est plus suffisant d'entendre ses leaders condamner la
politique et les pratiques israéliennes. L'Europe a été
tranchante dans la position qu'elle avait adoptée vis-à-vis
du gouvernement d'extrême droite en Autriche. Elle a imposé
des sanctions sur ce pays, ce qui a finalement provoqué
le recul du parti d'extrême droite.
Il y a également
le monde arabe, puisque le bilan des élections israéliennes
influence la vie de chacun de ses citoyens. Il faut qu'il
soit conscient que les initiatives ne suffisent plus. La
diplomatie arabe doit s'activer et être cohérente. Elle
doit bien choisir ses outils politiques et médiatiques pour
convaincre le peuple juif et les Arabes israéliens que le
chemin de la paix commence par les urnes. Le monde arabe
doit se tenir fermement face à tout candidat qui appelle
à la guerre et à l'anarchie sans craindre d'être accusé
d'intervenir dans les affaires internes israéliennes. Il
doit déclarer dès à présent qu'il ne reconnaîtra aucun candidat
qui appelle à la guerre.
Ces parties
réunies, notamment l'Europe et le monde arabe doivent coordonner
les efforts pour empêcher ces crimes commis contre les destinées
des peuples de la région et ces violations des règles qui
régissent les relations internationales. Sinon le résultat
ne sera pas surprenant : Sharon l'emportera avec une
majorité écrasante. Ainsi sera renouvelé le mandat de la
terreur. |