Ce que je
déteste le plus en moi, c’est le fait de me laisser terriblement
influencer par ceux que je fréquente comme amis. Moi, pourtant
pauvre, je vécus une période nullement courte à suivre avec
intérêt les cours des actions et des titres, étonné par
leur baisse et heureux à leur hausse, car, à cette époque,
j’avais un ami qui était boursier. Ces deux dernières années
sont passées sans que ne cessât ma réflexion, nuit et jour,
sur les problèmes du mariage en Egypte ; chose que
je dois à mon ancien ami Abdel-Aziz Fawaz.
Son père était
secrétaire de chef-lieu et, à l’instar des bédouins, il
avait passé sa vie à se déplacer d’une contrée à une autre.
Quand il obtint son diplôme des arts et métiers, Abdel-Aziz
fut nommé à l’inspection de l’irrigation au Soudan et je
ne le vis plus pendant dix ans ; période durant laquelle
il avait économisé pour la dot. Puis il fut muté au Caire,
où il arriva sans connaître pratiquement personne à part
moi. Il se mit à me voir fréquemment et à passer les soirées
avec moi, qui rompis avec mes autres amis et laissai tomber
certaines de mes affaires à cause de lui.
C’était il
y a deux ans et je me souviens encore aujourd’hui quand
il s’était ouvert à moi, la première fois que nous nous
revîmes, sur son désir de se marier. C’est qu’il est un
jeune homme sans vices, en bonne santé et la dot est prête.
Il a même en sa possession une collection rare de peaux
de serpents, de lézards et de crocodiles, ainsi que des
éventails en plumes d’autruches qui lui épargnaient les
dépenses en cadeaux à offrir à la mariée, qui est encore
inconnue.
La deuxième
fois que nous nous vîmes, Abdel-Aziz se mit à me consulter
et à se plaindre de ses problèmes. Il me dit :
— J’ai
un collègue qui me propose une de ses proches qu’il couvre
d’éloges (je compris que son mariage était devenu un sujet
de discussion dans son service.) Il m’a demandé de l’accompagner
dans une visite aux parents de la jeune fille pour la voir,
mais j’ai décliné sa proposition car je suis timide et il
m’est pénible d’arriver dans une demeure où tout le monde
sait — même les domestiques — que je viens en
prétendant. Comment échapper au sentiment que je viens m’imposer
aux gens ou bien que je suis englué dans un problème à cause
de mon manque de savoir-faire et ma … Ma pudeur m’interdit
également de blesser l’amour propre d’une famille par un
refus, si la jeune fille vient à ne pas me plaire. De plus,
par mon refus, je n’échapperais aux mots cinglants que ne
manquerait pas de m’infliger toute la famille — la
jeune fille en tête — après que nous ayons échangé
de faux sourires et saluts dans le salon.
La nuit suivante,
il vint me dire :
— Je me
suis mis d’accord avec mon collègue pour qu’il me fasse
connaître sa cousine au cinéma et j’ai pensé qu’il serait
correcte que ce soit moi qui paye les billets d’entrée.
Ça se passera demain et il m’a promis qu’il ne mettrait
pas la jeune fille au courant, qu’elle ne saura donc pas
que cette sortie au cinéma est organisée pour la soumettre
à un prétendant et que la rencontre aura lieu comme par
pure coïncidence, et non comme une rencontre organisée intentionnellement.
Et naturellement,
le collègue faillit à sa promesse et la jeune fille se vêtit
de la plus coûteuse et acheta une paire de chaussures pour
la circonstance.
Abdel-Aziz
arriva tôt au cinéma, choisit une place discrète située
près de l'entrée de la salle et se mit en devoir de scruter
les spectateurs qui entraient jusqu'à ce qu'il aperçut,
de loin, son collègue. Mais la cohue était telle qu'il ne
put voir le visage de la jeune fille. Il parvint tout juste
à en entrevoir quelques parties éparpillées entre les épaules,
les fez et les couvre-chefs. Son cœur tressaillit quand
il les vit accompagnés d’une vieille femme, aux yeux prédateurs
et il comprit que c’était lui la proie attendue. Prenant
alors son courage à deux mains, il entra dans la rangée
où ils s’étaient installés et son collègue se leva pour
le saluer chaleureusement, avec l’étonnement feint de cet
heureux hasard qui les faisait se rencontrer. La famille
s’arrangea pour que le siège d'Abdel-Aziz se trouvât à droite
de celui de la jeune fille, mais à peine s’était-il assis
que les lumières furent éteintes. Sa voisine demeura, tout
le temps de la projection, comme hypnotisée, ne tournant
sa tête ni à droite ni à gauche. La mère, quant à elle,
le cou comme pris d’un torticolis, demeura la tête penchée
dans sa direction, durant toute la séance, ne le quittant
pas de ses yeux qui dégageaient, dans l’obscurité, une lueur
qui ne brillait pas moins que celle qui émanait de la cabine
de projection et venait éclairer l’écran. A l’entracte,
Abdel-Aziz vit que la jeune fille portait au poignet une
belle montre faite de poudre de diamant, mais il remarqua
qu’elle était bloquée sur dix heures vingt. L’obscurité
se fit de nouveau puis les lumières s’allumèrent et le public
se déversa hors de la salle, accompagné par une marche militaire
rythmée. Son collègue se mit à héler un taxi — alors
que ses proches n’habitaient pas très loin de là —
puis ils disparurent le laissant là, noyé dans sa sueur
et c’est comme ça que s’acheva la séance de cinéma, ainsi
que l’exposition de la jeune fille.
* * *
Abdel-Aziz
dit en se plaignant :
— Dis
moi comment je peux prendre une décision définitive à propos
d’une question dont dépend mon avenir et mon bonheur, après
une rencontre furtive comme celle-ci ?
Puis il vint
me trouver quelques jours après, avec, dans les yeux, l’expression
de quelqu’un que Dieu aurait soumis à une épreuve décisive,
et il me dit qu’il avait — par le biais du ministère
du Culte — rencontré une jeune fille au zoo et une
autre — par le biais du siège du gouvernement —
près de Chicorelle, et enfin une troisième — par le
truchement du ministère des Communications — dans le
jardin Andalousie. Seulement, la première était petite de
taille alors qu’il la voulait grande, la deuxième était
grande, mais aux formes rondes alors qu’il la voulait élancée
et la troisième était brune, alors qu’il la voulait blanche ;
c’est qu’il revenait du Soudan et il avait horreur des brunes.
Je ne pus m’empêcher
de le plaindre et priait Dieu pour qu’il lui vienne en aide
dans sa grande détresse.
Mon ami avait
désespéré de réussir à rencontrer l’élue de son cœur hors
de la demeure familiale et, à force d’entraînement et d’exercice,
sa timidité avait disparu et il n’eut plus peur de se présenter
comme prétendant par la grande porte.
A Manial Al-Roda,
il avait vu une jeune fille qui tenait à peine debout, tellement
elle était maigre ; à Abbassiya, il avait vu une autre,
mais elle avait les yeux qui louchaient ; enfin, à
Choubra, il en avait vu une troisième, seulement elle était
dartreuse.
Je lui dis
que le mariage était une loterie, et il acquiesça. Seulement,
je me rendis compte qu’il ne comprenait pas cette sagesse
comme signifiant qu’en de telles choses, la réussite était
entre les mains de Dieu et non entre celles des hommes.
Il avait pris le mot loterie comme voulant dire qu’un shilling
joué devait rapporter cent livres, sinon on devait se considérer
comme perdant.
A la fin, par
souci d’économie de temps et d’efforts, je lui conseillai
de recourir aux services d’une marieuse. Il me demanda si
j’en connaissais une et, par chance, il y avait encore dans
notre quartier, une marieuse célèbre du nom de Zennouba.
Sa mère avait été une vendeuse ambulante et, ayant apparemment
connu le veuvage alors qu’elle était encore jeune, Zennouba,
pour gagner sa vie, n’avait pas trouvé d’autre issue que
celle de faire le métier de sa mère. Elle l’avait même dépassée
et avait ajouté à son activité héritée, celle de marieuse.
Les voisins parlaient de sa grande fortune et de sa terrible
parcimonie dans les dépenses. Pour elle, c’est comme si
les chiffres avaient été créés d’abord pour compter l’argent.
Malgré sa jeunesse, elle portait un voile noir et ses habits
étaient vieux et usés bien que propres. Elle avait des doigts
comme des serres de rapaces qu’elle serrait sur un antiqusac
à main digne d’être exposé dans des musées. Elle semblait
boiter légèrement, car le talon de sa chaussure était usé
et tordu et portait des lunettes avec un cadre en fer blanc,
au travers desquelles elle regardait le monde avec ses yeux
grossis exagérément par les verres. Sa parole était ensorcelante
et ses arguments imbattables.
J’accompagnai
Abdel-Aziz chez Zennouba qui lui jeta un regard dans lequel
je compris qu’elle lisait le chiffre vingt-cinq livres,
clairement écrit sur le visage du client et qui représentait
le montant de sa commission. Je le laissai avec elle et
sortis ; rien n’est plus détestable pour un courtier
que de voir une tiers personne entre lui et le client.
* * *
Zennouba lui
offrit une tasse de café et un agenda plein de noms et d’adresses
de candidates, d’informations sur leurs proches qui avaient
un certain pouvoir, un certain degré d’instruction, ainsi
que la quantité de legs qui leur reviendrait à la mort du
grand-père ou de la grand-mère, après une longue vie bien
sûr.
S’ouvrirent
alors pour Abdel-Aziz les portes d’un monde nouveau et il
se mit à tourner les pages de l’agenda comme s’il lisait
une histoire passionnante qui lui captiva l’esprit et le
cœur. Ensuite, Zennouba revint avec une série de photos
de jeunes filles dans lesquelles il y avait les souriantes,
les timides ou les effrontées. Il y avait également celles
qui portaient une robe de soirée et celles qui choisissaient
de s’habiller en paysanne et s’étaient allongées près d’une
jarre. Abdel-Aziz, l’affamé, se trouva soudain devant un
banquet appétissant. Il ne sentit pas le temps passer et
finit quand même par s’arracher de chez Zennouba en lui
promettant de revenir deux jours après. Quand il fut dehors,
il sentit que la vie était douce et que cette soirée était
la plus agréable qu’il eût passée au Caire depuis son retour
du Soudan. Il souhaita qu’une telle soirée puisse se répéter.
Le jour du
rendez-vous vint et Abdel-Aziz se dirigea résolument vers
la maison de Zennouba. A peine s’était-il installé et avait-il
but son café que sa langue se délia et il se mit à se plaindre
des déboires et vicissitudes de la vie du célibataire, et
Zennouba se mit à le questionner sur sa famille, son passé,
ce qu’il aimait manger et boire, les endroits où il passait
ses soirées et avec qui il les passait. Il se plaignit de
la solitude et lui dit :
— Je ne
trouve aucun compagnon, si ce n’est ton voisin que tu connais.
Il est silencieux, a l’esprit ailleurs et est un habitué
des cafés. Chaque fois que je le quitte, je jure ne plus
le revoir, mais je ne connais personne d’autre que lui.
Elle lui rétorqua :
— Dieu
te fera rencontrer une belle mariée, fille de bonne famille.
Remets-en toi sincèrement à lui.
Sa tendre compassion
lui alla droit au cœur et il se leva pour aller s’asseoir
à côté d’elle sur le canapé et lui dit :
— Mis
à part toi, je n’ai trouvé personne qui me comprenne. Je
m’en remets, madame Zennouba, à ton esprit clairvoyant et
à la bonté de ton cœur. Zennouba remarqua alors qu’un bouton
du vêtement d'Abdel-Aziz était sur le point de tomber. Elle
se leva pour aller chercher un fil et une aiguille. Abdel-Aziz
remarqua que sa démarche était élégante et que sa taille
était svelte. Mais son regard fut contrarié par les cheveux
qu’elle portait ramassés sur la tête et il détesta les boucles
d’oreilles avec pendentif en forme de cœur transpercé d’une
flèche qui se balançait chaque fois qu’elle bougeait la
tête. Il parcourut le salon du regard et remarqua que le
mobilier, bien que vétuste, était propre et bien agencé.
Il constata également que la demeure était calme, sans bruit
ni désordre. Le café était fait comme il se doit, l'eau
était bouillie à la gomme alimentaire. Il se dit :
« A quoi ressemble-t-elle si elle enlève ses lunettes ? ».
Elle revint
et se baissa pour lui coudre le bouton. Sa tête se
rapprocha du
torse de l'homme et ses cheveux faillirent lui chatouiller
le nez. Il huma l'odeur de sa peau et sentit la chaleur
de son corps. Son regard s’arrêta un instant sur ce fin
duvet en bataille, caché à la naissance des cheveux, sur
la nuque et dont la couleur demeurait indéfinissable. Le
cœur de l’homme fondit de tendresse devant l’innocence et
la faiblesse de cette femme. Puis, sans qu’il l’eût voulu,
son regard glissa par l’échancrure de la robe — qui
s’était abaissée par le fait que Zennouba était penchée —
pour arriver à la naissance de deux seins serrés l’un contre
l’autre, tels deux pigeons dormant dans un nid étroit. On
les aurait crus endormis, alors qu’ils palpitaient et frémissaient
du secret de la vie.
Elle coupa
le fil avec ses dents et lui dit en souriant :
— Si tu
as des vêtements à ravauder, n’hésite pas à me les apporter.
Rien ne me fait plus plaisir que d’aider un homme aussi
paisible et qui a un aussi bon cœur que toi.
Puis elle lui
parla de la jeune fille qu’elle lui avait choisie et lui
montra sa photo. Elle ne lui plut pas et il le lui dit franchement.
Elle lui montra de nouveau son catalogue et il se mit à
le feuilleter, l’esprit ailleurs, jusqu’à ce qu’il s’arrêta
sur l’une d’elles et lui dit :
— Si cette
jeune fille troquait ses longues boucles d’oreilles contre
de plus petites, elle serait plus belle. Leur mode est dépassée
et il n’y a plus que les filles encore campagnardes qui
en portent.
Le passage
en revue du catalogue s’acheva sans qu’Abdel-Aziz eût fait
son choix. Zennouba n’en prit pas ombrage et lui demanda
de patienter encore deux jours pour qu’elle lui trouvât,
sans doute, une jeune fille, bonne, qui lui conviendrait.
La fois suivante, Abdel-Aziz se dirigea vers la demeure
de Zennouba, un peu plus élégamment vêtu et avec une boîte
de chocolats comme cadeau. En lui remettant son présent,
son cœur palpita, car il remarqua qu’elle avait troqué ses
boucles d’oreilles pendantes contre de petites boucles en
forme de fleurs blanches. Elle lui offrit une galette faite
de ses mains et ils s’assirent pour déguster leurs présents
mutuels. L’étrange, dans l’affaire, est qu’il ne commença
pas son propos en parlant de la jeune fille à marier, mais
il se mit à lui raconter sa vie, son détachement au Soudan,
tandis qu’elle l’écoutait avec intérêt et ils rirent plusieurs
fois de concert. Soudain, Abdel-Aziz lui demanda :
— Pourquoi
n’enlèves-tu pas ces lunettes ?
Et, joignant
le geste à la parole, il tendit la main et lui retira ses
lunettes. Il vit alors des yeux légèrement exorbités comme
le sont ceux des gens atteints de myopie et il ne savait
pas avant cela que ce handicap donnait une certaine beauté
aux femmes, car le regard a quelque chose de vague, de perdu
dans les méandres des rêveries. Il remarqua des yeux limpides
où transparaissait un sourire pudique, dû à leur nudité
soudaine, après être restés si longtemps voilés derrière
les verres.
— Par
égard pour moi, quand je viens te voir, ne mets pas ces
lunettes.
Elle rit et
lui dit :
— C’est
toi qui réglera alors la note des verres et des assiettes
qui me tomberont des mains.
Il sortit vers
minuit, le cœur serein, les nerfs apaisés. Rendez-vous était
pris pour le jour suivant.
Le lendemain,
elle lui soumit la photo d’une nouvelle jeune fille, mais
il la regarda à peine et l’écarta en disant :
— Elle
ne me plaît guère.
— Je ne
sais plus comment faire avec toi. Comment tu la veux ?
Il dit en la
dévorant des yeux :
— Je la
veux de ta taille, de la même couleur de cheveux que les
tiens, avec ta bonté et ta courtoisie. Je la veux également
brune comme toi ; c’est que je n’aime guère les femmes
blanches car elles restent froides à mon cœur …
Les joues de
Zennouba rougirent, elle lui dit :
— Reviens
après-demain, j’aurais peut-être trouvé ce que tu cherches.
Ses collègues
remarquèrent qu’il ne se plaignait plus et qu’il était devenu
plus jovial et plus épanoui ; seulement ils ne le voyaient
pas la nuit, quand il marchait le long de la berge du Nil,
le cœur broyé par une main forte et impitoyable qui l’attirait
irrésistiblement vers la demeure de Zennouba.
Abdel-Aziz
retourna chez Zennouba et ils demeurèrent à discuter longuement.
Puis il lui demanda avec un sourire :
— Alors,
tu l’as trouvée ?
Elle lui répondit :
— Qui ?
— La mariée !
Elle se troubla,
comme si elle sortait d’unrêve, puis elle se leva et dit :
— Oui,
je l’ai trouvée et je vais t’en montrer la photo.
Abdel-Aziz
l’attrapa, la fit asseoir à côté de lui et lui dit :
— Cessons
de nous mentir à nous-mêmes et tu sais maintenant ce que
je veux dire.
* * *
Zennouba quitta
notre quartier et Abdel-Aziz cessa de me voir. Mais je le
rencontrai une fois, par hasard, et il m’informa qu’il avait
épousé Zouzou — c’est le nouveau prénom de Zennouba —
et il me fit jurer de n’en parler à personne car, comme
il dit, il ne voulait pas que les gens sachent qu’il avait
épousé une femme riche. Je le tranquillisai et le félicitai.
Mais après un petit moment de réflexion, il me dit :
— Il y
a quelque chose que je ne comprends pas chez ma femme. Elle
est belle, elle a bon cœur, mais elle m’a un peu contrarié
à propos d’un fait qui n’en vaut pas la peine. Je lui ai
donné la dot convenue dans une enveloppe, accompagnée d’une
collection rare de peaux de serpents, de lézards et de crocodiles,
ainsi que des éventails en plumes d’autruches. Elle a ouvert
l’enveloppe devant moi, compté l’argent et m’a dit, les
larmes aux yeux :
— Il manque
encore une somme. En vérité, c’est vingt-cinq livres qu’il
faut, si tu veux être juste.
Je me détournai
de mon ami pour qu’il ne puisse voir mon sourire. Cette
marieuse chevronnée avait tout simplement oublié, en recevant
la dot, que c’était elle la mariée.
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