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Charm Al-Cheikh . Cette cité balnéaire est l'un des principaux atouts dont dispose l'Egypte pour la promotion du tourisme des congrès. Coup de projecteur sur une ville qui est devenue un foyer des manifestations et des événements internationaux.
Le pôle Charm

Soleil, mer et sable. C'est grâce à cette formule toute simple que Charm Al-Cheikh est devenue une destination privilégiée des touristes du monde entier, qui viennent pour profiter de sa nature extraordinaire. C'est un espace qui rassemble des hôtels luxueux, des sports nautiques, des magasins de souvenirs et des lieux de distraction.
Outre son attrait touristique, elle représente aujourd'hui le modèle exemplaire d'une nouvelle ville qui attire les jeunes de différents horizons et de différentes conditions sociales. Mais ce n'est pas qu'une station balnéaire.
Après le grand succès du sommet de Charm Al-Cheikh en 1997, cette ville a gagné une nouvelle valeur. Pôle d'attraction pour les milliers de touristes et de jeunes Egyptiens en tant que superbe résidence d'hiver et vaste terrain de nouveaux jobs, Charm est devenue une seconde capitale pour les grands événements sportifs, artistiques, économiques et surtout politiques.
« Depuis quelques années, des événements comme les sommets internationaux et les compétitions de plongée sont en très forte croissance. D'où une fréquentation touristique croissante à Charm, ainsi que dans la région de la mer Rouge tout entière, souligne Marwane, un Palestinien qui travaille depuis deux ans et demi dans cette ville si prisée par les jeunes. Le gouvernement ainsi que le gouvernorat du Sud-Sinaï adoptent une politique de multiplication des événements. En fait, ils ont trouvé les moyens adéquats pour retenir les touristes et les visiteurs à longueur d'hiver et de printemps ».


Concurrencer Hollywood ...

Comptant sur sa renommée internationale, équivalente à celle de Louqsor et d'Assouan, le ministère du Tourisme a décidé de faire de Charm le foyer des diverses manifestations locales et internationales. L'objectif très ambitieux du ministère est d'en faire un vrai concurrent de Davos, de Cannes, de Carthage et même d'Hollywood !
D'après une récente statistique, 82 % des pays du monde comptent sur le tourisme des congrès et des événements en tant que secteur très important et efficace pour la relance de ce secteur. L'Eg
ypte a pu, lors des dix dernières années, figurer sur la liste de ces pays.
Et pour renforcer les arguments plaidant pour une promotion d'un tel genre de tourisme, le ministre du Tourisme, Mamdouh Al-Beltagui, s'est félicité du succès de « deux grands événements qui ont eu lieu récemment à Charm Al-Cheikh : la conférence internationale de la plongée à laquelle ont participé 150 pays, et la compétition de Domina Model of the Universe 2002, organisée pour la première fois dans ce site ».
Pour le ministre, ces manifestations ont l'avantage de constituer une promotion touristique qui est en quelque sorte l'œuvre même des touristes. « Les participants à ces événements n'ont pas manqué de vanter les charmes de la mer Rouge, ceux de Charm Al-Cheikh ainsi que l'accueil hospitalier du peuple égyptien et la sécurité. Ainsi, ces touristes entreprennent-ils indirectement des campagnes de propagande en faveur du tourisme en Egypte et à Charm Al-Cheikh en particulier », ajoute-t-il, en soulignant l'importance de ce genre de tourisme d'occasions pour l'Egypte, notamment en cette période d'instabilité.


L'ombre du 11 septembre

Six mois après les bouleversements et l'incertitude qui ont suivi les attaques terroristes du 11 septembre aux Etats-Unis, les professionnels du tourisme en Egypte ne sont pas optimistes quant à l'avenir. Le ministère a donc décidé, entre autres solutions, d'organiser quelques grands événements en Egypte, et surtout à Charm Al-Cheikh, avec le but d'assurer une fréquentation touristique capable de compenser la diminution des chiffres de touristes en cette période de haute saison.
« Après le 11 septembre, on a décidé d'œuvrer, intensivement et par tous les moyens afin de redorer notre blason et notre renommée touristique internationale. Ceci reflète notre objectif annoncé depuis les incidents de Louqsor en 1997 : il ne faut ni exagérer ni ignorer les conséquences des événements politiques », explique le ministre. Une telle planification a donné ses fruits. Les réservations ont doublé depuis mi-décembre.
Nous nous attendons à une fréquentation touristique plus accrue avec les vacances du printemps, c'est-à-dire en mars et avril. Cela s'annonce déjà depuis le mois dernier. Selon nos prévisions, nous pourrons reprendre notre activité touristique complète à partir de novembre prochain, à condition qu'il n'y ait pas de nouveaux problèmes internationaux, ajoute Al-Beltagui.
Quant à Arnesto Preatoni, l'un des grands investisseurs italiens à Charm et l'un des propriétaires de Coral Bay Resort, il insiste sur la nécessité de la collaboration des deux secteurs, public et privé, en vue d'organiser des événements qui peuvent fasciner un large secteur tout en respectant la valeur et la réputation de l'Egypte.
Preatoni insiste également sur l'importance d'encourager le tourisme interne. « Nous nous intéressons aux visiteurs égyptiens aussi bien qu'aux étrangers, et nous aspirons toujours à ce qu'ils réagissent à tous les événements organisés à Charm. Cette ville est digne d'être la capitale de la beauté et des grands événements », insiste Preatoni.


L'eldorado des jeunes ?

Chérif Bakr, réceptionniste dans l'un des motels de Charm, dit : « Nous considérons les périodes des festivals et des sommets politiques ou économiques comme des hautes saisons. En effet, la présence d'un grand nombre de touristes et de responsables anime également les différents genres de commerce. J'avais ce même poste au Caire, mais j'ai préféré venir vivre et travailler ici. Au Caire, je n'avais le temps de rien faire, car j'étais tout le temps surmené : travail, angoisse et fatigue. Ici, en revanche, j'ai commencé à faire du sport et j'ai pu également mettre de l'argent de côté », ajoute Bakr, fier de pouvoir enfin réaliser ses rêves.
Mais ce n'est pas pour autant l'eldorado dans tous les domaines. Il y a beaucoup à faire, surtout pour encourager les plus jeunes.
« Le ministère du Tourisme ainsi que le gouvernorat de Charm Al-Cheikh offrent des subventions aux organisateurs des grandes manifestations. Mais, il n'y a aucun programme d'aide pour ceux qui veulent organiser de petits événements dans leur région », se plaignent Chérif Doss et Toni Ragueh, deux jeunes Alexandrins qui sont tombés amoureux de la mer Rouge, lors d'une visite en 1998.
Selon un grand nombre de jeunes travailleurs, une dizaine d'événements internationaux ou locaux devraient avoir lieu chaque année à Charm Al-Cheikh ou dans d'autres villes de la mer Rouge et du Sinaï, afin d'exploiter la superbe nature de ces sites touristiques et aussi pour confirmer leur vocation face à une concurrence internationale qui ne manque pas d'être acharnée.

Yasser Moheb

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