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Les tournées de Cheney
et de Zinni
Par Ibrahim Nafie

Le vice-président américain Dick Cheney a commencé sa tournée dans la région, prévoyant la visite de 9 Etats arabes, tandis que le général Anthony Zinni, l'émissaire américain, a entamé une nouvelle tournée en Israël. Les deux visites interviennent à un moment critique où l'escalade israélienne contre le peuple palestinien est à son apogée, où Sharon poursuit ses manœuvres pour entraver tout effort de médiation de la part des Etats-Unis, et toute chance d'intervention pour arrêter les violences et ranimer les négociations politiques entre les deux parties. Ces évolutions interviennent également au moment où les efforts arabes s'amplifient, afin d'aboutir à une position arabe commune et ferme face aux évolutions alarmantes qui sévissent dans la région. Les tournées de Cheney et de Zinni représentent en fait une nouvelle attitude de la part des Etats-Unis.
Sharon, qui avait parié sur l'abstention des Etats-Unis et le soutien de la communauté internationale, a vraisemblablement éprouvé une vive déception politique. Désormais, la situation a changé : les Etats-Unis ne pouvaient appliquer plus longtemps la politique de silence et d'indifférence aux massacres et aux crimes commis quotidiennement contre le peuple palestinien. La communauté internationale a en outre vivement réagi et participé avec les activistes des mouvements des droits de l'homme à des manifestations pour dénoncer la répression de Sharon. Autant d'indices affirmant le changement dans un futur proche des politiques américaines au Moyen-Orient.
Ces visites de Cheney et de Zinni signalent un retour américain à l'activité diplomatique, et l'orientation de Washington à l'exercice d'un rôle actif pour l'arrêt des violences dans les territoires, et le retour à la table des négociation.
En Egypte, nous accueillons favorablement les efforts déployés par l'Administration américaine, surtout la décision d'envoyer des observateurs américains pour contrôler les positions dans les territoires palestiniens.
On ne peut non plus ignorer le rôle de la résistance populaire palestinienne, et celle de l'Autorité nationale, qui, loin d'imposer son diktat, doit renoncer à la fameuse condition d'une période de sept jours d'accalmie avant la reprise des négociations.
Sur le plan arabe, il est nécessaire de prendre des mesures concrètes et précises en vue d'un accord sur une position arabe commune exprimant la paix comme option stratégique, et inciter Washington à s'impliquer d'avantage dans le processus de paix.
Les ministres arabes des Affaires étrangères ont tenté dans la réunion de la Ligue arabe de présenter une première vision dans ce domaine, à travers la réaffirmation de l'équation « Paix globale contre retrait total » et la présentation d'une aide financière pour soutenir l'Intifada.
Signalons que l'assistance financière octroyée jusqu'à présent par 12 Etats arabes à l'Autorité nationale n'est pas suffisante. L'augmentation de cette aide est nécessaire pour reconstruire l'infrastructure palestinienne détruite par les forces d'occupation.
A l'Autorité nationale, il faut également rappeler que les Etats arabes n'épargnent aucun effort pour garantir le soutien à la résistance populaire, lui assurant la protection internationale nécessaire. Parler de négligence ou d'indifférence aux problèmes palestiniens est une erreur préjudiciable à l'effort arabe commun.
Il est clair que la région évolue vite : la partie palestinienne et les Etats arabes doivent orienter leurs efforts vers tout ce qui peut servir la cause palestinienne, dont le rôle actif de Washington dans le processus de paix. Plus important est l'accord sur une position arabe commune face aux propos concernant l'extension de la campagne antiterroriste, allusion implicite à une éventuelle attaque contre l'Iraq. Le discours arabe doit également appeler l'Iraq à plus de flexibilité à l'égard des exigences internationales concernant l'accueil des inspecteurs de désarmement afin de lui épargner le risque d'une action militaire.
Le président Moubarak a d'ailleurs clairement et fermement exprimé dans ses propos avec les membres de l'Administration américaine son opposition à l'extension de la lutte antiterroriste vers l'Iraq.

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