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Trois
questions à
Maria
Casini,
responsable du secteur italien d'archéologie
en Egypte.
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Al-Ahram
Hebdo : 2003 sera l'année des
échanges culturels entre l'Italie et
l'Egypte, quel genre de célébrations
y aura-t-il ?
Maria Casini : Plusieurs projets de
restauration et de conservation du patrimoine
égyptien seront réalisés. En
ce moment, le pavé de Tell Al-Amarna au
Musée égyptien est entre les mains
des restaurateurs italiens. Aussi l'entretien et la
conservation des sites archéologiques de
Saqqara. Il s'agit d'analyser l'environnement et de
rechercher les effets destructifs sur les sites
archéologiques. Ensuite, on cherche les
moyens de conserver les sites contre les effets
corrosifs. Ce projet est sur le point d'être
terminé. La conservation du patrimoine a une
grande importance chez nous. La restauration du
théâtre des Derviches à
Helmiya Al-Guédida en est un exemple par
excellence. On suit à la lettre les
méthodes de restauration et de conservation
pour rendre le monument à son état
original.
A part le pavé de Tell
Al-Amarna, travaillez-vous sur d'autres
sites ?
Bien sûr, le
département italien d'archéologie a
collaboré avec la coopération
technique italienne du développement
écologique dépendant du
ministère italien des Affaires
étrangères en collaboration avec le
Haut Conseil des Antiquités (HCA) pour
entretenir, restaurer et conserver Madinet Madi. Ce
site sera préparé pour accueillir des
visiteurs. Aussi, le département culturel
qui dépend du ministère des Affaires
étrangères va commencer les fouilles
à la partie ouest du temple.
Quels sont les futurs
projets ?
Soutenir et aider les missions
italiennes est notre but essentiel. Mais ce n'est
pas tout. On réserve un grand
intérêt à la
bibliothèque. Elle sera enrichie par les
plus récentes publications et sera
accessible non seulement aux spécialistes
mais aussi au public. On a l'intention de publier
les résultats de chaque mission dans des
Cahiers qui seront mis à la disposition du
public. On va aussi créer une école
supérieure pour la formation de
restaurateurs. Ces derniers commenceront par le
Palais rouge à la Citadelle. Ainsi, ils
seront capables plus tard de restaurer et de
conserver tout le patrimoine égyptien
pharaonique, copte, islamique et même
moderne.
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Doaa
Elhami
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Découvertes
. 2001 a été marquée par une
moisson de fouilles et de découvertes
exceptionnelles de la nécropole de Saqqara
à la péninsule du Sinaï en
passant par la Vallée des rois et
Alexandrie.
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Une
histoire toujours nouvelle
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L'année
s'est ouverte sous le signe de l'or : les onze
momies en or découvertes à l'oasis de
Bahariya par la mission archéologique
égyptienne constituent l'une des
révélations les plus importantes. Les
momies trouvées ont eu cette
particularité d'être celles des
membres d'une seule famille. Elles se trouvaient
dans un caveau creusé dans le calcaire et
composé de quatre alvéoles où
étaient déposées les momies.
La plus impressionnante est celle très rare
d'un enfant de trois ans qui dort auprès de
ses parents avec sur son visage un masque qui
pleure. En effet, sur chaque momie se trouve une
figurine qui montre les détails et les
expressions du visage. Les momies vieilles de
1 800 ans ont été
trouvées dans un bon état de
conservation ; elles sont toutes couvertes
d'une couche d'or. Les efforts des chercheurs ne se
sont pas arrêtés là. Ils ont
révélé également deux
tombes, celle de la mère et du père
de Jed Khenso Iouf Ankh, gouverneur
de l'oasis de Bahariya qui a gouverné sous
Ahmosis II de la XXVIe dynastie. A part les momies
en or, 240 statuettes en faïence bleue ont
été trouvées dans la
même tombe.
Bahariya continue donc de livrer ses secrets. Ce
n'était pas la première fois que des
momies en or étaient découvertes dans
ces oasis. Zahi Hawas, directeur de fouilles dans
la région, avait fait une découverte
spectaculaire en 1999 et depuis, le nombre des
momies en or ne cesse de s'accroître. Ce site
prometteur cache encore des momies qui attendent de
sortir du sable.
L'autre florilège vient de la
nécropole de Saqqara. Une dizaine de
missions y travaillent depuis des années et
font toutes les saisons de nouvelles
découvertes. Les missions tchèque,
française, hongroise, hollandaise et
égyptienne ont chacune apporté son
lot de trésors. Ce qui compte le plus
à Saqqara, ce sont les nouvelles conceptions
révélées par ces fouilles.
Parmi les découvertes les plus
intéressantes et qui ont fait un grand
écho, il y a celle qui appartient à
la mission égypto-néerlandaise qui a
découvert au début de l'année
et plus précisément en février
dernier la tombe d'un grand prêtre du culte
atonien à Saqqara. L'importance de cette
découverte, c'est qu'elle relance le
débat sur l'extension des croyances
pharaoniques du roi Akhenaton que l'on dit le
premier monothéiste de l'histoire. La
mission a dégagé des sables de
Saqqara le tombeau de Mérit Aton, membre
important du clergé d'Aton sous le
règne d'Akhenaton (1350-1336 av. J.-C.),
pharaon de la XVIIIe dynastie. D'après Zahi
Hawas, directeur du plateau de Guiza, cette
découverte prouve que le culte d'Aton
était pratiqué au nord de l'Egypte,
ce qui prouve que la religion était
diffusée partout dans le pays et non
seulement à Tell Al-Amarna à Minya.
Cette découverte offre donc les premiers
éléments qui peuvent conduire
à la révélation d'un temple
d'Aton dans le nord de l'Egypte.
Le chantier le plus spectaculaire demeure celui des
fouilles sous-marines d'Alexandrie. C'est le plus
médiatisé aussi.
Les plongeurs y ont fait des découvertes
surprenantes. Cette année, l'Institut
européen d'archéologie sous-marine en
coopération avec le Haut Conseil des
antiquités a fait des découvertes
spectaculaires. En 2000, la même
équipe avait découvert les vestiges
de deux villes romaines. En 2001, les plongeurs au
cours de leur ratissage ont
révélé une magnifique
stèle en granit noir d'environ deux
mètres de hauteur identique à la
stèle Naucratis exposée au
Musée égyptien et datant du IVe
siècle. Cette pièce apporte la preuve
que les fouilles effectuées depuis plusieurs
années dans ce site concernent bien la ville
submergée d'Héracléion.
L'équipe a également découvert
sous les eaux dix épaves de navires qui
localisent avec précision le site du port
d'Héracléion. Trois statues en granit
rose ont été également
découvertes, l'une représentant le
dieu Hapi, dieu de la crue du Nil et de la
fertilité, la deuxième un pharaon et
la troisième une déesse. Les trois
colosses dépassent les 5 m de hauteur. Ces
dernières découvertes permettent
d'apporter des précisions précieuses,
elles donnent aussi des indications importantes sur
la topographie de la région canopique. Les
résultats obtenus apportent les
premières informations sur l'histoire d'une
ville engloutie et les premières
réponses à des questions qui
passionnent aussi bien les historiens que les
archéologues.
Quant à Louqsor, la ville qui comprend les
2/3 des antiquités du monde, dit-on, reste
un des chantiers les plus riches en
découvertes. La mission
égypto-allemande a
révélé, chose rare, la base
d'une pyramide. Celle-ci est la première
à être découverte à la
Vallée des rois. De plus, elle est la
première qui remonte à la XVIIe
dynastie. Il était connu jusqu'à
présent que l'ère de la construction
des pyramides s'étend de la IIIe à la
VIe dynasties et se concentre dans la région
de la nécropole de Memphis, connue
actuellement sous le nom de Saqqara. Cette pyramide
appartient au roi Noub-Khabar-Râ, un des
derniers rois de la XVIIe dynastie et le premier a
avoir dirigé une guerre de libération
contre les Hyksos en Egypte. Dans la chambre
funéraire de la pyramide, une statue en
calcaire représentant la tête du roi a
été aussi découverte.
Les découvertes se poursuivent tant que les
archéologues fouillent. Et les chercheurs
avec ces découvertes comblent les lacunes de
l'Histoire.
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Hala
Fares
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