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Palestine . Malgré les accusations réciproques, Palestiniens et Israéliens sont disposés à une reprise de la médiation américaine et à un retour de l'émissaire Anthony Zinni.
Les contacts reprennent

Après deux semaines d'un calme relatif, qui a suivi l'appel du président palestinien à une cessation des opérations anti-israéliennes, la violence a repris dans les territoires avec la mort dimanche soir de six Palestiniens, tués dans le nord de la bande de Gaza par des tirs israéliens. Avec ces six morts, trois par des obus de chars près de la localité de Beit Lahiala, les trois autres tués sur la frontière entre la bande de Gaza et Israël par une unité d'élite israélienne, la journée de dimanche a été la plus meurtrière depuis l'appel au cessez-le-feu lancé par le président palestinien Yasser Arafat, le 16 décembre.
Quelques heures après ces incidents, l'Autorité palestinienne et Israël se sont accusés mutuellement d'opter pour l'escalade. Pour l'Autorité, Israël vise ainsi à remettre « le feu aux poudres ». L'Autorité, qui a appelé « la communauté internationale à intervenir contre ces crimes », considère que ces nouvelles morts traduisent une volonté israélienne d'« escalade », au moment où les efforts palestiniens ont effectivement permis une baisse de la violence. Auparavant, M. Arafat avait appelé la communauté internationale à mettre à profit « la trêve » qu'il a décrétée pour relancer les négociations. « Il faut redonner une chance aux efforts de paix (...) », a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne privée libanaise LBCI.
L'Etat hébreu, en revanche, par la voix du chef de la division israélienne déployée dans la bande de Gaza, le général Israël Ziv, a accusé les Palestiniens d'une « dangereuse escalade terroriste », justifiant les assassinats par le fait que « le premier groupe (de Palestiniens) s'apprêtait à poser une bombe près de la route » reliant les deux colonies. « Nous sommes certains que le second groupe s'apprêtait à commettre un attentat spectaculaire à l'explosif », a renchéri le général israélien. Selon lui, le second groupe a été intercepté au moment où il tentait de franchir le barrage barbelé entourant la bande de Gaza pour pénétrer en Israël.


Zinni est « bienvenu »

Malgré ces nouvelles violences, les dirigeants américains ont pris contact avec Israël et les Palestiniens en vue d'un retour au Proche-Orient de l'émissaire Anthony Zinni, qui avait quitté la région à la mi-décembre. Il avait été rappelé à Washington pour consultations, après presque trois semaines passées dans la région au cours desquelles il a essayé en vain de parvenir à un cessez-le-feu entre Israël et les Palestiniens.
La direction palestinienne a demandé vendredi le retour de M. Zinni pour appliquer le plan Mitchell, qui prévoit la fin des violences, des mesures de confiance, dont le gel de la colonisation, et la reprise des négociations. Du côté israélien, Avi Pazner, un porte-parole du gouvernement, a indiqué que M. Zinni était « le bienvenu ». « Nous apprécions ses efforts pour un cessez-le-feu et lui avions demandé de rester pour poursuivre sa mission. Si les Américains jugent bon qu'il la reprenne, nous serons heureux de coopérer », a-t-il ajouté.
Pourtant, si la première mission de Zinni n'a pas donné de résultat, la prochaine s'annonce elle aussi difficile. Même si les contacts ont repris entre Israéliens et Palestiniens, aucun progrès n'est notable. Et pas grand-chose n'a filtré de la série d'entretiens que le ministre des Affaires étrangères israélien Shimon Pérès a eu avec le président du Conseil législatif palestinien Ahmed Qoreï. Officiellement, il ne s'agit que de contacts destinés à aboutir à un cessez-le-feu, mais Shimon Pérès a élaboré de véritables propositions de paix. Sauf que son premier ministre, Ariel Sharon, rejette les idées de Pérès. C'est en tout cas ce qu'a déclaré le président palestinien. « Pour l'instant, il n'y a qu'un échange d'idées. Nous sommes prêts à persévérer dans cette voie, mais le problème, c'est qu'Ariel Sharon dit qu'il rejette les idées de Pérès », a déclaré Arafat. Le président palestinien a aussi souligné que les négociations avec Israël « devraient reprendre là où elles s'étaient arrêtées à Taba (en 2000) ».


Le plan de Pérès

Ce qui est peu probable, vu la position inchangée des Israéliens. Ariel Sharon a en effet écarté toute négociation sur la création d'un Etat palestinien aussi longtemps que « la violence et le terrorisme continuent » et que l'Autorité palestinienne « n'a pas pris les mesures qui s'imposent pour arrêter les terroristes et démanteler leurs organisations » lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement. Le chef du gouvernement israélien a accusé une fois de plus l'Autorité palestinienne, et en premier lieu son chef, de n'avoir pas pris de mesures sérieuses en ce sens. Il a souligné que des attaques avortées ces derniers jours auraient pu provoquer de graves effusions de sang. Cela dit, il ne pouvait pas ignorer que dans l'ensemble « il y a moins d'actions terroristes ».
En revanche, Pérès a exprimé son désaccord avec les estimations de responsables sécuritaires israéliens qui disent qu'Arafat n'a pas changé sa stratégie de soutien au terrorisme. L'Autorité ne ménage d'ailleurs pas ses efforts pour faire preuve de bonne volonté. Ainsi, la police palestinienne a annoncé l'arrestation de quatre militants radicaux dans la bande de Gaza : un dirigeant du Front Démocratique de Libération de la Palestine (FDLP), un membre du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), ainsi que deux membres du Hamas.
Au sujet des contacts israélo-palestiniens, Pérès a soutenu « qu'il ne mène pas de négociations politiques, mais seulement (des discussions) pour aboutir à un cessez-le-feu » et a assuré aux autres ministres qu'il n'y aurait pas de document avec les Palestiniens « sans accord du gouvernement ».
Le plan de paix élaboré par M. Pérès, dont l'existence a été dévoilée par un journal israélien le 23 décembre, prévoit qu'Israël reconnaîtrait, huit semaines après la signature d'un accord, la création d'un Etat palestinien, après un retour total au calme et le désarmement des groupes radicaux palestiniens. Dans un premier temps, un Etat palestinien verrait le jour sur l'ensemble des territoires contrôlés entièrement ou partiellement par l'Autorité palestinienne, c'est-à-dire 42 % de la Cisjordanie et environ 80 % de la bande de Gaza.

Abir Taleb

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