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Santé .
Les maladies respiratoires, notamment les
allergies, gagnent du terrain en Egypte. Pour y
remédier les personnes atteintes sont
à l'affût des traitements de pointes
et parfois usent de recettes
traditionelles.
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Les
Egyptiens respirent mal
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Nadia, 55 ans,
était convaincue d'avoir pris un coup de
froid. Elle toussait énormément et
avait du mal à respirer. « Cela
a duré cinq mois et j'ai commencé
sérieusement à
m'inquiéter », dit-elle. Nadia
décide alors d'aller consulter un
pneumologue. Il lui apprend qu'elle e st
atteinte d'une bronchite asthmatiforme. Suivant le
conseil de son médecin, elle prend
l'initiative de passer une allergographie.
Résultat : elle est allergique au
poivre noir, aux parfums et à la
poussière. Depuis, Nadia n'utilise plus
cette épice dans sa cuisine et ne se parfume
plus. « Il est possible
d'éviter certains allergènes, mais ce
n'est pas évident pour la
poussière », confesse-t-elle.
Dans la rue comme à la maison, elle est
constamment sur ses gardes.
« J'évite de faire le
ménage et si je suis forcée de le
faire, je prends toutes mes précautions. Je
nettoie la poussière à l'aide d'un
chiffon humide ». Nadia évite
même de sortir pendant la période des
khamassines (vent de sable qui balaie
l'Egypte chaque année au mois de mai). Elle
transporte toujours dans son sac un atomiseur pour
dégager ses fosses nasales, mais ce
médicament ne la soulage guère, car
en cas de crises aiguës elle est
obligée de se rendre à
l'hôpital pour être sous
oxygène. Selon le Dr Mohamad Kamel Sabri,
pneumo-phtisiologue, l'allergie peut être
héréditaire. Nadia a
développé une bronchite asthmatiforme
à un âge avancé tout comme sa
mère. Mais sa fille Racha l'a eue à
la naissance. « C'est la maladie du
siècle, 10 % de la population
égyptienne souffre d'asthme et 12 % de
sinusite », affirme le Dr Tareq
Safouat, pneumologue.
Beaucoup de Cairotes souffrent de la pollution de
l'air. Ceux qui habitent près des
décharges publiques ont des problèmes
sérieux de santé et attrapent toutes
sortes d'allergies. Ahmad, à peine cinq ans,
ne peut se permettre de jouer comme les autres
enfants de son âge. Sa mère Hind est
constamment en train de le surveiller afin de lui
éviter les crises. « Mon
cur se déchire en le voyant tousser
toute la nuit », raconte-t-elle. Hind
suit à la lettre les conseils de son
pédiatre. Dans la chambre de son fils, il
n'y a ni moquette ni tapis ni ours en peluche,
même pas une armoire. Les draps de son lit
sont changés tous les deux jours et
exposés au soleil. En effet, quand les
parents découvrent les allergènes,
ils se familiarisent avec la maladie et
évitent bien des désagréments
au malade. Selon le Dr Abdel-Hakim Mahmoud,
spécialiste des maladies du poumon à
l'hôpital de Qasr Al-Aïni,
10 % de la population mondiale est atteinte de
bronchites asthmatiformes et 37 % des
élèves s'absentent pour des raisons
de santé.
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Sinusite : un autre
handicap
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L'une des causes
principales de la sinusite est l'humidité
dans l'air, suivie d'un allergène qui est le
pollen, puis le changement de température
des intersaisons. Beaucoup d'enfants se
réveillent très tôt le matin
pour se rendre à l'école et
affrontent le froid glacial de l'hiver. A la
longue, les plus frêles finissent par
développer des bronchites qui se
transforment souvent en asthme ou attrapent une
sinusite qu'ils traîneront toute leur
vie.
Adel s'absente souvent de l'école.
Dès qu'il commence à éternuer,
sa mère l'empêche de prendre le bus
scolaire qui vient le chercher à 6h du
matin. Sékina commence à
réaliser que le niveau scolaire de son fils
est en train de baisser. Elle fait l'impossible
pour éviter les crises
d'éternuements. Elle s'est même
débarrassée de sa chatte siamoise
comme lui a conseillé le médecin,
mais ne peut rien faire contre la pollution.
« Cela fait trois ans que
j'évite de sortir le soir aux mois d'octobre
et de novembre à cause des nuages de
fumée noire résultant de
l'incinération de la paille de
riz. Cela irrite ses fosses
nasales ».
Une étude internationale faite
récemment par des centres de recherches
spécialisés en Allemagne, en
Angleterre et aux Etats Unis, concernant les
élèves habitant les villes et ceux
dans les villages, confirme que les enfants qui
vivent à la campagne sont en meilleure
santé que ceux des villes.
Selon le Dr Hazem Al-Méheiri,
spécialiste en ORL, les habitants de la
ville profitent d'un mode de vie à la fois
moderne, mais nuisible à leur santé.
Les intérieurs des maisons et des lieux de
travail sont dotés de climatiseurs qui
dégagent de l'air contenant des champignons.
Aussi le changement brutal de température
développe des allergies sans compter la
pollution due aux véhicules.
« Effectivement, l'une des causes
c'est la pollution. Aussi une allergie peut
entraîner une inflammation des bronches et
vice-versa, mais pas
souvent », ajoute le Dr Hazem
Al-Méheiri. Durant les années 1980 et
90, le pourcentage de personnes atteintes de
sinusite était estimé à
6 % ; aujourd'hui, ce chiffre a
doublé.
Mohamad, enseignant, est obligé
d'utiliser la craie alors qu'il souffre de
sinusite. Son cas s'est aggravé avec le
temps. Son médecin lui a demandé
d'éviter la poussière de la
craie et l'odeur des cigarettes et lui a
même conseillé de changer de
profession. « Il a utilisé
plusieurs remèdes, mais sans
résultat. Il a commencé alors
à prendre de la cortisone pendant un an. Un
traitement miracle, mais non sans
conséquences. A présent, il a mal aux
articulations », se plaint sa femme.
Le problème est qu'il n'existe pas un autre
médicament efficace pour mettre fin aux
souffrances des malades.
« Effectivement, la cortisone
entraîne des dégâts sur le corps
humain tels que diabète, hypertension,
cataracte, décalcification des os,
inflammation de l'estomac. Aussi la cortisone
diminue l'immunité du corps et provoque des
gonflements des membres et du
visage », ajoute le Dr Tareq
Safouat.
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Les bonnes recettes
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Toutes les
personnes qui souffrent d'allergies font
l'impossible pour alléger leur mal. Beaucoup
recourent aux vaccins thérapeutiques.
« Je vais voir mon pneumologue trois
fois par semaine pour suivre des séances de
thérapie qui vont durer deux mois. Cela me
coûte 50 L.E. la séance. Depuis, mon
état s'est nettement
amélioré », note Wafaa.
Cette thérapie l'a aidée à
récupérer à 80 %, car
elle a eu la chance de découvrir les causes
de son allergie et a trouvé une solution
sans peine. L'allergène de Wafaa est un
champignon qui se balade dans l'air et vit dans
l'humidité. Son médecin lui a
conseillé de nettoyer chaque mois le filtre
de son climatiseur. « Mais ceux qui
sont allergiques à plusieurs agents, cette
thérapie n'est d'aucune
utilité », ajoute le Dr Tareq
Safouat.
Etant donné que cette maladie n'a pas de
remède efficace, certaines personnes ont
recours aux recettes populaires. « Je
connais une amie qui casse quatre ufs de
cailles et les mélange à du lait,
puis boit cette potion chaque
matin jusqu'à ce que le mal
disparaisse », raconte Sawsane qui
ajoute que depuis, l'allergie de son amie a disparu
pour toujours. Heba, qui soufre aussi de sinusite,
utilise une autre recette traditionnelle. Une
composition d'herbes médicinales qui apaise
l'allergie. « Cette potion s'appelle
la recette de cheikh Al-Chaarawi et est vendue dans
une pharmacie à Bab Al-Louq, dans le centre
du Caire », ajoute-t-elle.
« Nous aurons bientôt un
médicament servant à augmenter
l'immunoglobuline E. Un remède qui servira
à bloquer les agents allergènes. Il
sera disponible sur le marché entre 2002 et
2003. Deux semaines de traitement à base de
ce médicament coûteront 1 000
L.E. Ce médicament doit être pris en
permanence durant toute la vie, sinon l'allergie
revient de nouveau », déclare
un spécialiste des maladies respiratoires.
Ce médicament est-il réservé
uniquement à la tranche de la
société qui a les moyens de se le
procurer ?
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Manar
Attiya
Dalia Gabr
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