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Une situation qui
ne cesse de se détériorer chaque jour
et qui devient pour certains de plus en plus
critique, voire incontrôlab le.
Le président Yasser Arafat est sujet
à des pressions de toutes parts,
américaines, israéliennes,
européennes et même arabes. Celles-ci
correspondent aux demandes de la communauté
internationale de voir imposer un cessez-le-feu le
plus complet dans les territoires palestiniens. Par
exemple, le communiqué de l'Union
européenne publié à l'issue du
sommet de Laeken, en Belgique, a été
clair sur ce point. En même temps qu'on
reconnaissait Yasser Arafat comme le seul
représentant légitime du peuple
palestinien, on demandait à
l'Autorité palestinienne de
« s'attaquer aux réseaux
terroristes du Hamas et du Djihad en
poursuivant et arrêtant des
suspects ». Et le communiqué
est même allé jusqu'à demander
à Arafat de faire un appel public à
son peuple en demandant la fin de l'Intifada.
Comment en est-on arrivé à ce
point ?
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« Il
est sûr qu'Israël a bien réussi
à persuader l'opinion publique mondiale que
les opérations suicide menées par des
membres du Djihad et du Hamas
étaient semblables à celles du 11
septembre à New York et
Washington », explique Abdel-Moneim
Saïd, directeur du Centre d'Etudes Politiques
et Stratégiques (CEPS) d'Al-Ahram. Un
scénario plutôt sombre où
Arafat se trouve pris entre l'enclume et le
marteau. Et plus que jamais, il court le danger de
perdre le contrôle de la situation.
« En fait, le monde est entré
dans une nouvelle phase après le 11
septembre. Et ce qui était accepté
par l'opinion publique mondiale durant la
période de post-guerre froide
c'est-à-dire certaines
opérations militaires ne l'est
plus aujourd'hui », explique
Réda Hilal, éditorialiste et
politologue. Pour lui, l'option qui reste aux
Palestiniens est de mener une Intifada pacifique,
ou une résistance légitime qui ne
s'attaque pas aux cibles civiles.
Mais Arafat pourrait-il de cette manière
jouer un rôle pareil à celui d'un
Gandhi ou d'un Mandela ? Pourra-t-il conduire
enfin son peuple vers la conquête de ses
droits légitimes ? Pour l'instant, tout
ce qui prévaut, c'est l'incertitude.
Pourtant, l'Autorité palestinienne
déploie tous ses efforts pour regagner
l'appui de l'opinion mondiale, en faisant preuve
d'efficacité dans l'application du
cessez-le-feu. Arafat a effectivement mis en
pratique toutes les mesures de
sécurité qui lui ont
été demandées afin
d'empêcher les opérations
armées, et imposer, ne serait-ce que pour
une période, le calme dans les territoires
occupés. Mais, au bout de près d'un
an et demi d'une situation trouble, et avec un
bilan de 1 118 morts (862 Palestiniens
et 223 Israéliens), pourrait-il relever un
tel défi ?
Ce contexte explosif, selon Dan Tschirgi, chef du
département de sciences politiques de
l'Université américaine du Caire,
risque de se poursuivre dans une spirale
incontrôlable pour au moins les six premiers
mois de 2002. « La situation ressemble
à une infection qui est en train de se
répandre d'un organe à l'autre parce
qu'on ne la traite pas avec le médicament
qu'il faut. Et si on ne se dépêche pas
de le faire, on risque d'avoir de mauvaises
surprises ». Mais comment peut-on
sortir de cet état de stagnation
absolue ?
Pour Mohamad Bassiouni, ancien ambassadeur d'Egypte
en Israël, la balle n'est pas seulement dans
le camp d'Israël, mais aussi et surtout dans
celui des Etats-Unis. « Nulle part
dans le monde, même pas aux Etats-Unis, on ne
peut garantir à 100 % le succès
des mesures de sécurité mises en
place. On ne peut donc le demander à
Arafat », lance l'ancien ambassadeur,
aujourd'hui membre du Conseil consultatif. Et il
ajoute que c'est aussi à Israël de
mettre en pratique les mesures prévues par
le communiqué de Laeken, qui stipulent un
retrait des forces israéliennes des
territoires palestiniens, l'arrêt
inconditionnel de la politique d'élimination
d'activistes, la levée des barrages et de
toutes les restrictions imposées au peuple
palestinien, ainsi que le gel des colonies. Ces
mesures étant le moindre prix politique
à payer en vue de gagner une période
de calme. Mais peut-on parier sur une telle
perspective ?
Les sondages ont indiqué que 60 % des
Israéliens et 71 % des Palestiniens
souhaitent la reprise immédiate des
négociations. On a même
assisté, la semaine dernière,
à des manifestations pour la paix dans les
rues de Jérusalem, réunissant au
moins 2 000 Israéliens et
Palestiniens.
Des faits qui pourraient être
interprétés par certains comme
étant une petite lumière au bout du
tunnel.
Mais qui, pour les plus sceptiques, ne font que
détourner l'attention des observateurs d'une
autre perspective beaucoup plus sombre : la
poursuite à jamais de la violence de part et
d'autre.
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