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L'émissaire américain
dans la région, oui mais ...
Par Ibrahim Nafie

Le président palestinien Yasser Arafat poursuit assidûment ses efforts pour arrêter les opérations armées contre Israël, se conformant aux appels internationaux. En contrepartie, les forces d'occupation israéliennes, elles, poursuivent leur agression et maintiennent le blocus contre le peuple palestinien au risque d'entraver la capacité de l'Autorité nationale palestinienne à continuer les efforts d'apaisement.
A noter d'ailleurs que les appels occidentaux à l'apaisement s'adressent essentiellement à l'Autorité et au peuple palestiniens, et que les pressions américaines visent essentiellement la partie palestinienne, comme si les événements des dernières semaines n'étaient que de la responsabilité des Palestiniens. Plus impressionnante encore est la position de l'Administration américaine qui semble délibérément agir en fonction de cette perception erronée, et qui tente d'étouffer la volonté du peuple palestinien de résister aux forces d'occupation.
Malgré les efforts considérables déployés par Arafat, Washington ne cesse d'affirmer que l'Autorité palestinienne ne fournit pas suffisamment d'effort pour mettre un terme aux « opérations de violence ».
Plus grave,
le point de vue israélien n'est pas uniquement adopté par les Etats-Unis, mais aussi par l'Union Européenne (UE). Cela s'est manifesté dans un communiqué à l'issue du sommet de Laeken, le 10 décembre dernier, appelant le président Arafat à l'arrêt de l'Intifada et à l'interdiction de toute activité de résistance de la part du Hamas et du Djihad islamique. Le communiqué a en même temps demandé à Israël le retrait de ses forces des territoires occupés, l'arrêt des assassinats, la levée du blocus et le gel de la colonisation. Mais le problème de ce communiqué est qu'il traite à égalité la victime et le bourreau et témoigne d'une violation flagrante du droit international de résistance à l'occupation, reconnu par la charte des Nations-Unies.
Que l'UE demande au peuple sous l'occupation d'arrêter les opérations de résistance et de cesser les tentatives d'autodéfense est incontestablement une affaire étrange. L'UE aurait dû s'adresser d'abord au gouvernement israélien pour arrêter les opérations de violence et demander ensuite à l'Autorité palestinienne de cesser les actions de résistance.
Cela ne doit pas toutefois nous empêcher de reconnaître l'importance du rôle de l'UE en Egypte et dans le monde arabe. Vu sa position, l'UE est sans doute la mieux placée pour réaliser à quel point un règlement est impératif. C'est précisément dans ce contexte que l'on s'attendait à trouver deux volets dans le communiqué de l'Union européenne : le premier consacré à l'arrêt des violences et le second à la détermination précise des principes du règlement politique. Dans un message adressé au président Moubarak, le président Bush a signalé l'intention d'envoyer de nouveau le général Zinni dans la région afin de poursuivre les efforts d'apaisement.
Bien qu'il ait revendiqué plus d'efforts de la part d'Arafat pour faciliter cette mission, Bush n'a rien signalé sur un éventuel engagement américain pour une reprise des négociations.
L'Autorité nationale s'attendait pourtant à une prise de position ferme de la part de l'Administration américaine et à un engagement précis à travers la présentation d'un plan d'action à plusieurs étapes pour agir sur le terrain.
Il semble toutefois que l'Administration américaine reste insensible aux démarches courageuses du président Yasser Arafat. De même, le gouvernement israélien n'a entrepris aucune mesure exprimant son désir d'apaisement.
Malgré cela, nous aspirons à un rôle américain efficace qui puisse promouvoir les démarches courageuses d'Arafat et mener à la reprise des négociations. Si le président Bush a annoncé le retour du général Zinni, nous espérons que son arrivée sera précédée d'une initiative américaine faisant pression sur le gouvernement israélien en vue d'arrêter l'agression et de retirer ses forces des territoires autonomes.
Nous espérons surtout que la mission du général Zinni fera partie d'un plan qui ouvre la voie à une paix équitable et durable, et qu'elle ne soit pas une simple visite destinée à contrôler l'arrêt des opérations armées et laisser les positions telles quelles !

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