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Le
président palestinien Yasser Arafat poursuit
assidûment ses efforts pour arrêter les
opérations armées contre Israël,
se conformant aux appels internationaux. En
contrepartie, les forces d'occupation
israéliennes, elles, poursuivent leur
agression et maintiennent le blocus contre le
peuple palestinien au risque d'entraver la
capacité de l'Autorité nationale
palestinienne à continuer les efforts
d'apaisement.
A noter d'ailleurs que les appels occidentaux
à l'apaisement s'adressent essentiellement
à l'Autorité et au peuple
palestiniens, et que les pressions
américaines visent essentiellement la partie
palestinienne, comme si les
événements des dernières
semaines n'étaient que de la
responsabilité des Palestiniens. Plus
impressionnante encore est la position de
l'Administration américaine qui semble
délibérément agir en fonction
de cette perception erronée, et qui tente
d'étouffer la volonté du peuple
palestinien de résister aux forces
d'occupation.
Malgré les efforts considérables
déployés par Arafat, Washington ne
cesse d'affirmer que l'Autorité
palestinienne ne fournit pas suffisamment d'effort
pour mettre un terme aux
« opérations de
violence ».
Plus grave, le
point de vue israélien n'est pas uniquement
adopté par les Etats-Unis, mais aussi par
l'Union Européenne
(UE). Cela
s'est manifesté dans un communiqué
à l'issue du sommet de Laeken, le 10
décembre dernier, appelant le
président Arafat à l'arrêt de
l'Intifada et à l'interdiction de toute
activité de résistance de la part du
Hamas et du Djihad islamique.
Le communiqué a en même temps
demandé à Israël le
retrait de ses forces des territoires
occupés, l'arrêt des assassinats, la
levée du blocus et le gel de la
colonisation. Mais le problème de ce
communiqué est qu'il traite à
égalité la victime et le bourreau et
témoigne d'une violation flagrante du droit
international de résistance à
l'occupation, reconnu par la charte des
Nations-Unies.
Que l'UE demande au peuple sous l'occupation
d'arrêter les opérations de
résistance et de cesser les tentatives
d'autodéfense est incontestablement une
affaire étrange. L'UE aurait dû
s'adresser d'abord au gouvernement israélien
pour arrêter les opérations de
violence et demander ensuite à
l'Autorité palestinienne de cesser les
actions de résistance.
Cela ne doit pas toutefois nous empêcher de
reconnaître l'importance du rôle de
l'UE en Egypte et dans le monde arabe. Vu sa
position, l'UE est sans doute la mieux
placée pour réaliser à quel
point un règlement est impératif.
C'est précisément dans ce contexte
que l'on s'attendait à trouver deux volets
dans le communiqué de l'Union
européenne : le premier consacré
à l'arrêt des violences et le second
à la détermination précise des
principes du règlement politique. Dans un
message adressé au président
Moubarak, le président Bush a signalé
l'intention d'envoyer de nouveau le
général Zinni dans la région
afin de poursuivre les efforts d'apaisement.
Bien qu'il ait revendiqué plus d'efforts de
la part d'Arafat pour faciliter cette mission, Bush
n'a rien signalé sur un éventuel
engagement américain pour une reprise des
négociations.
L'Autorité
nationale s'attendait pourtant à une prise
de position ferme de la part de l'Administration
américaine et à un engagement
précis à travers la
présentation d'un plan d'action à
plusieurs étapes pour agir sur le
terrain.
Il semble
toutefois que l'Administration américaine
reste insensible aux démarches courageuses
du président Yasser Arafat. De même,
le gouvernement israélien n'a entrepris
aucune mesure exprimant son désir
d'apaisement.
Malgré cela, nous aspirons à un
rôle américain efficace qui puisse
promouvoir les démarches courageuses
d'Arafat et mener à la reprise des
négociations. Si le président Bush a
annoncé le retour du général
Zinni, nous espérons que son arrivée
sera précédée d'une initiative
américaine faisant pression sur le
gouvernement israélien en vue
d'arrêter l'agression et de retirer ses
forces des territoires autonomes.
Nous espérons surtout que la mission du
général Zinni fera partie d'un plan
qui ouvre la voie à une paix
équitable et durable, et qu'elle ne soit pas
une simple visite destinée à
contrôler l'arrêt des opérations
armées et laisser les positions telles
quelles !
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