LUniversité française dEgypte n'ouvrira pas ses portes cette année. C'est ce que révèle le comité préparatoire chargé de ce projet. « Nous avons décidé que l'inauguration aurait lieu au plus tard en automne 2002 », a cependant déclaré Samir Safouat, président du comité. Lidée de la construction d'une université française remonte à 1996. Lors d'une visite en Egypte, le président français Jacques Chirac en parle au président Moubarak. L'initiative prend rapidement forme. Des hommes d'affaires francophones participent au financement. Deux objectifs sont poursuivis. D'abord, former des cadres francophones qualifiés pour encourager les sociétés françaises à investir en Egypte. Ensuite, renforcer la présence francophone en Egypte, au moment où l'influence de la langue anglaise s'accentue. Il y a chaque année 38 000 diplômés décoles de langue française en Egypte, mais faute de pouvoir poursuivre leurs études dans la langue de Molière, ils rejoignent généralement les universités en langue arabe ou lUniversité américaine. Le 11 avril 2000, un terrain dune superficie de 100 feddans (soit 40 ha) à Chourouq (route Le Caire-Ismaïliya) fut consacré à la construction de l'université. Le choix de Chourouq fut motivé par sa proximité du Caire et la disponibilité de tous les services. Tout était donc en ordre pour le lancement de l'université. Mais la crise de liquidités est venu perturber le projet. Jusqu'à présent, tous les fonds nécessaires n'ont pas été réunis. Et les travaux de construction n'ont pas commencé. Récession oblige, certains hommes d'affaires n'ont pas été en mesure dhonorer leurs engagements financiers. |
« Nous essayons de réunir les 20 millions de L.E. nécessaires pour entamer la première phase des travaux », explique Samir Safouat. Pour le moment, seules 10 millions de L.E. ont été rassemblées. Lors de sa récente visite au Caire, le président de l'Assemblée nationale française, Raymond Forni, avait évoqué cette question. Et il a promis d'encourager le secteur privé français à contribuer au projet. Par ailleurs, le ministère français des Finances a décidé de débloquer une aide de 5 millions de francs pour l'équipement et 600 000 francs sous forme de bourses qui seront attribuées après la construction de l'université. Bien que décidé au niveau des chefs dEtat, le projet d'université française est entièrement privé, financé par les hommes daffaires, les associations francophones et les sociétés françaises qui ont des filiales en Egypte. « Nous essayons dencourager les hommes daffaire à financer ce projet étant donné que les jeunes qui sortiront auront une excellente qualification », ajoute Samir Safouat. Le manque de fonds na pas seulement retardé linauguration de luniversité jusquà lautomne 2002, bien plus, les cinq domaines détudes prévus ne verront pas le jour à cette date. « Nous allons commencer par les disciplines les moins coûteuses, à savoir linformatique et linterprétariat. Nous allons également louer des villas dans la ville de Chourouq pour héberger d'une façon provisoire les départements », poursuit Samir Safouat. Et selon l'homme d'affaires Ali Al-Héfnaoui, les études seront limitées dans un premier temps au troisième cycle. Les autres disciplines annoncées pour plus tard sont le tourisme, les beaux-arts et la médecine. Cette dernière savère être la plus coûteuse étant donné quelle nécessitera la création dun hôpital. Le choix de ces disciplines a été fait selon deux critères. Premièrement, les besoins du marché de l'emploi égyptien, et deuxièmement, quil ny ait pas de concurrence avec les filières francophones déjà existantes. Les frais de scolarité varieront entre 15 000 et 18 000 L.E. par an. Ils seront plus élevés que ceux des universités égyptiennes, mais inférieurs à ceux de l'Université américaine ou de certaines universités privées. Il y aura des bourses pour les meilleurs élèves. 10 % des étudiants de l'université auront droit à un enseignement gratuit, et 20 % profiteront de 50 % de réduction sur les frais d'études, afin de permettre à la classe moyenne d'y accéder. |