. | | Prêts . Le financement des entreprises n'a sans doute pas respecté les règles de l'art, mais, malgré l'ampleur des critiques adressées aux banques, la situation n'est pas catastrophique. | | Le crédit des banques | Les crédits bancaires sont depuis quelques temps sujets à d'importantes polémiques. Car, de nombreux entrepreneurs se sont abstenus de rembourser leurs dettes et d'autres se sont même enfuis à l'étranger laissant les banques supporter la charge des crédits non remboursés. Du coup, ces mêmes ban ques sont devenues la cible d'accusations selon lesquelles elles auraient accordé des crédits à des projets boiteux, et les juges se sont de leur côté montrés impitoyables n'hésitant pas à qualifier ces déconvenues de corruption. Mais aujourd'hui, selon une étude menée par Salwa Al-Antari, directrice du Centre de recherches de la Banque nationale d'Egypte, Ahli, il s'avère que le taux de crédits non remboursés est passé de 14,7 % du volume total des crédits en juin 1996 à 11,7 % en juin 1999, selon les chiffres officiels du Fonds monétaire international et des autorités égyptiennes. De leur côté, les provisions des banques pour ce genre de crédits atteignent 82,2 %. « Le taux de crédits non remboursés est en réduction constante et présente un niveau acceptable même si nous souhaitons qu'il baisse encore. Il existe également des provisions considérables. Nous suivons de près le développement de ces dettes afin de les réduire et nous soutenons les hommes d'affaires sérieux, mais endettés pour venir à bout des problèmes responsables de cette situation », annonce Mahmoud Mohieddine, premier conseiller du ministre de l'Economie et du Commerce extérieur et membre du Conseil d'administration de la Banque Centrale d'Egypte. Même si pour certains responsables, le problème réside plus dans le traitement dramatique que les médias ont fait du phénomène. | Le mauvais procès intenté par la presse | Bassant Fahmi, directrice générale de la banque Misr International (MIBank) pense qu'à l'échelle internationale, le taux idéal de crédits non remboursés est de 3 à 5 % du portefeuille des banques. « La présence de provisions élevées n'est pas un problème pour les banques égyptiennes. Les difficultés proviennent du débat sur le sujet, dont les répercutions sont négatives sur le comportement des banques et de leurs clients. Les attaques contre les banques en ce qui concerne le rééchelonnement des dettes, qui est un principe accepté au niveau international, et non pas une quelconque complicité avec les clients, ainsi que les critiques formulées contre les obligations créées par les sociétés et qui sont assurées par les banques, ont mis fin à cette source de financement. Depuis, la plupart des sources de financement ont été refusées aux entreprises privées. L'immobilisme de beaucoup d'entre elles s'explique par l'abstention des banques à apporter leur financement. Que ce soit aux Etats-Unis ou en Suisse, aucun projet ne peut être mené à bien sans financement des banques », explique Bassant Fahmi. La situation juridique contribue aussi à aggraver la situation dans laquelle se trouvent les banques et leurs clients. Mohamad Al-Ahwani, conseiller juridique de la banque Al-Arabi, explique que « la lenteur des procès intentés ne facilitent pas la fin du scandale ». Les banques et leurs clients rencontrent des difficultés à obtenir justice rapidement. Et donc, le particulier qui ne rembourse pas ses dettes ne craint plus d'entamer des démarches judiciaires, puisqu'elles sont susceptibles de durer 10 ou 15 ans. Parallèlement, les décisions sévères contre les banques, au niveau légal ou moral, accusées de corruption, les incitent à se montrer moins flexibles et à réduire l'échelonnement des dettes des entreprises. Pourtant, la concentration des crédits sur un petit nombre d'entreprises représente, pour certains, un risque élevé. Al-Antari explique que fin mars 2000, 343 clients avaient obtenus 42 % du total des crédits accordés au secteur privé. Les 28 plus importants clients ont obtenu 26,7 milliards de L.E., soit 13 % du crédit total octroyé au secteur privé. 8 clients seulement ont obtenu 12,4 milliards de L.E., représentant 60 % des capitaux des banques égyptiennes. Des économistes estiment aussi qu'une meilleure distribution des crédits à un plus grand nombre d'entreprises pourrait engendrer un plus grand nombre d'emplois dans les petites et moyennes entreprises. Mais Bassant Fahmi explique que les banques préfèrent les gros clients avec lesquels elles réalisent 80 % de leurs profits. Le secteur bancaire n'est donc pas en danger. « Au cours des 3 dernières années, la participation croissante des plus grandes banques étrangères sur le marché égyptien au travers des privatisations est la preuve de leur confiance dans le système bancaire égyptien, ses profits et ses perspectives », affirme Mohieddine. Le secteur bancaire égyptien n'a pas atteint la situation turque ou thaïlandaise, mais la prudence est de mise pour garantir une croissance saine de l'économie. | Yasser Sobhi |  | Retour au sommaire |
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