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Référence :
Be Thou There The Holy Family's Journey in
Egypt, édité par Gawdat Gabra,
textes de William Lyster, Cornelis Hulsman et
Stephen J. Davis, photographie de Norbert Schiller.
Un livre de l'Association Nationale Egyptienne pour
la renaissance du patrimoine publié par
l'AUC Press, Le Caire/New York.
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Pâques
. Un
ouvrage magnifique publié par l'AUC
Press sur le séjour en Egypte de la
Sainte Famille vient célébrer un
événement important de la tradition
copte.
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« D'Egypte
j'ai appelé mon
fils »
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« Après
leur départ, voici que l'Ange du Seigneur
apparaît en songe à Joseph et lui
dit : Lève-toi, prend s
avec toi l'enfant et sa mère et fuis en
Egypte, restes-y jusqu'à nouvel ordre, car
Hérode va rechercher l'enfant pour le faire
périr ». Joseph se leva, prit
l'enfant avec lui et se retira en Egypte. Il y
resta jusqu'à la mort d'Hérode pour
que s'accomplisse ce qu'avait dit le Seigneur par
le prophète : « d'Egypte
j'ai appelé mon fils »
(Matthieu 2-13 à 16). C'est ce passage du
Nouveau Testament qui est le point de départ
d'une importante tradition copte, celle du passage
en Egypte de la Sainte Famille. Ainsi l'Egypte
devint une terre sainte, la seule que Jésus
visita en dehors de la Palestine. Aujourd'hui
encore, les lieux visités par la Sainte
Famille sont autant de lieux de pèlerinage
et de visite.
Et c'est le thème d'un nouveau livre sur la
question et qui se distingue par une illustration
des plus riches et des plus abondantes. Comme
l'indique dans sa préface Gawdat Gabra,
directeur du Musée copte du Caire depuis
1985, l'objet du livre « n'est pas de
vérifier la durée du séjour de
la Sainte Famille en Egypte, mais de
présenter et d'évaluer les
différentes sources et traditions qui
peuvent être d'un intérêt pour
le chercheur et le lecteur
ordinaire ». Cette tradition est en
effet l'une des plus chères à
l'Eglise copte orthodoxe d'Egypte. Elle
témoigne comme le dit Gabra de la profondeur
du religieux en Egypte. « L'une des
pratiques religieuses les plus populaires en Egypte
au passé et au présent est le
pèlerinage dans les sites
sacrés ». Elles remontent
à l'époque pharaonique, explique-t-il
et constituent « l'un des facteurs les
plus significatifs de l'établissement du
christianisme et de sa continuité en Egypte.
Aujourd'hui, comme dans le passé, les coptes
s'enorgueillissent du fait que leur terre est
bénie et protégée parce
qu'elle a donné refuge à la Sainte
Famille ».
En effet, comme le souligne l'un des trois auteurs
du livre, William Lyster, c'est un aspect vital de
l'histoire et des croyances coptes. Tout en
retraçant dans le premier chapitre
l'itinéraire supposé, il explique
qu'une grande partie du riche héritage de la
peinture copte et notamment la productions des
icônes est « une partie
intégrante du réseau de croyances et
des pratiques rituelles formée par la
tradition copte du séjour en Egypte de la
Sainte Famille ». Pour lui,
l'imagerie copte reste plus ou moins conservatrice
et l'image iconographique de la fuite en Egypte
reste la même : « Elle
montre la Vierge à dos d'âne tenant
l'enfant Jésus dans ses bras, tandis que
Joseph est à pied à côté
d'eux ». C'est la beauté et la
dignité d'un art qui n'est pas officiel,
souligne-t-il, en rappelant un autre aspect, celui
du culte, très significatif, de la Vierge en
Egypte. Six des quinze principaux mouleds coptes
sont dédiés à la Vierge et
tous à l'exception d'un seul, celui de
Zeitoun, se déroulent sur les lieux du
passage de la Vierge.
Cornelis Hulsman, dans son chapitre, évoque
cet attachement des coptes à travers les
âges à être associés
à Jésus et la Bible qui
« mentionne l'Egypte beaucoup plus que
tout autre pays à l'exception du pays
d'Israël. Ceux qui ont trouvé refuge en
Egypte comprennent Abraham et son épouse
Sarah, Joseph, ses frères et son père
Jacob : Moïse et la Sainte
Famille ».
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Photos d'art
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Stephen Davis,
après avoir passé en revue les
sources de la tradition copte concernant la fuite
en Egypte explique en conclusion ce que cette
histoire représente pour l'Eglise
égyptienne. Il cite à cet
égard un article du pape Chénouda III
écrit en 1981. Selon lui, Dieu a
appelé à lui, au départ le
peuple d'Israël qui fut appelé
« le peuple élu de
Dieu ». Mais la fuite en Egypte
n'était pas une fuite devant le mauvais roi
Hérode mais le début du message de
Dieu à l'Egypte. Ainsi, grâce à
cet événement, le message divin n'est
plus une exclusivité des Fils
d'Israël.
Le livre joint l'analyse à une magnifique
illustration des différents sites de
l'itinéraire grâce au talent de
Norbert Schiller, photographe de presse qui a
travaillé à l'AFP et à
AP et qui démontre une vocation
artistique qui va au-delà de
l'instantané de l'actualité. Un livre
en fait ne vaut pas seulement pour l'information
qu'il contient mais parce que c'est aussi un bel
objet, imprimé en Egypte, il faut le
souligner, nous rappelant que lire est une joie et
un plaisir.
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Ahmed
Loutfi
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