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Des
changements jugés inutiles
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Une
comparaison effectuée par le Centre Hicham
Moubarak pour lassistance juridique entre la
loi 153/99 et le nouveau projet de loi sur les ONG
démontre que le peu de changement qui a eu
lieu nest que formel. « Le
premier changement important concerne la clause
n°2 qui stipule que c'est la cour
administrative et non pas la cour
de première instance qui
est linstance chargée dexaminer
les différends entre le ministère des
Affaires sociales et les associations. Ce
changement était indispensable, puisque
cette clause a déjà été
jugée inconstitutionnelle »,
affirme Taher Aboul-Nasr, lavocat du centre
qui a élaboré la comparaison. Il
ajoute que le deuxième et dernier changement
de fond est celui de la clause n°54 du projet
qui nexistait pas dans la loi 153. Cette
clause interdit aux associations de consacrer des
lieux à lhébergement
denfants, de personnes malades, de vieillards
ou des handicapés sans avoir une
autorisation du ministère. Selon cette
clause, les conditions de laccord et de
lannulation de ce permis seront
déterminées dans la charte
exécutive de la loi. « Il y a
un avis qui dit que cette clause a
été ajoutée afin
déviter lexploitation des
enfants de la rue. Mais selon un autre avis, cette
clause vise à restreindre la liberté
de laction sociale. Personnellement, je
considère quil est encore trop
tôt pour juger de la véritable raison
de lajout de cette clause. Cest
lapplication de la loi qui rendra les choses
plus claires », explique
Aboul-Nasr.
Quant au reste des changements, ils ne sont que
formels et des fois aussi ils ne font que
compliquer les procédures, selon
lavocat. Par exemple, la clause 6 du projet
de loi stipule quau cas où le
ministère refuserait la création
dune association quelconque, il doit
expliquer les raisons de son refus. Aboul-Nasr
affirme également que certains termes ont
été remplacés par
dautres rendant plus ambigu le sens des
clauses. Il donne lexemple de la clause
n°31 du projet de loi qui stipule que les
décisions de lassemblée
générale extraordinaire de
lassociation doivent être émises
par la majorité absolue des membres de
lassemblée, sauf si le
règlement de lorganisation
définie « une plus grande
majorité ». « Que
veut dire le terme une plus grande
majorité ? », demande
Taher Aboul-Nasr. Et dajouter :
« Il est connu que la majorité
absolue équivaut à la moitié
des membres de lassemblée
générale plus un. Cette même
clause dans la loi 153/99 stipulait que les
décisions doivent être émises
à la majorité absolue sauf si le
règlement de lassociation
définit autrement la majorité. Ce qui
est très logique. Le changement ici donc ne
fait que compliquer les choses et les rendre
ambiguës ».
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Y.Y
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ONG .
La
commission ministérielle chargée de
préparer le projet de loi sur les
associations a achevé son travail la semaine
dernière. Les organisations sont toujours
insatisfaites du
résultat.
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Conciliabules
sur un projet de loi
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Dans le silence le
plus total, le projet de loi sur les ONG tant
attendu a été achevé la
semaine dernière. Une
commission formée de responsables des
ministères de la Justice et des Affaires
sociales était effectivement chargée
de préparer ce projet de loi à la
suite de la décision de la Cour
constitutionnelle, en juin 2000, concernant la non
constitutionnalité de la loi 153
promulguée en 1999.
Ayant réussi malgré le black-out
à obtenir une copie du projet, un nombre
dONG a tenu une réunion.
« Le but de notre réunion
nest pas de prendre des positions rapides et
directes vis-à-vis de lEtat ou de la
loi. Il sagit tout simplement dune
réunion visant à
réfléchir tôt de façon
calme sur un nombre de questions dont notamment le
projet de loi », explique Amir Salem,
responsable dune organisation de droits de
lhomme et lun des participants à
la réunion. Et dajouter :
« Il est dailleurs trop
tôt pour commencer une bataille. A mon avis,
le gouvernement va traîner les pieds pendant
au moins un an avant de commencer les
procédures dadoption de ce projet de
loi ». Gasser Abdel-Razeq, directeur
du Centre Hicham Moubarak pour lassistance
juridique, est du même avis.
« Le gouvernement na aucun
intérêt à ouvrir une nouvelle
bataille intérieure à lheure
actuelle. Il lui suffit les batailles quil y
a déjà sur les projets de loi comme
ceux sur la propriété intellectuelle
ou sur le financement immobilier. De même, un
grand nombre de responsables sont actuellement
occupés par la question de lIntifada
et de la paix au Proche-Orient, alors que
dautres sont occupés par la crise
économique interne », estime
Abdel-Razeq. Il ajoute que létat de
« relâchement »
où se trouvent actuellement les ONG fait
quil ny a aucune pression sur le
gouvernement afin quil se précipite
à promulguer la loi tout de suite.
Pourtant, Hafez Abou-Seada, directeur de
lOrganisation Egyptienne des Droits de
lHomme (OEDH), estime pour sa part que le
projet de loi sera promulgué au plus vite
même si les ONG commencent une bataille
acharnée. « Le gouvernement a
la majorité à lAssemblée
du peuple. Il peut adopter la loi au moment
où il le veut. De plus, les organisations
internationales de financement font actuellement
pression et ne veulent plus continuer leurs
activités en Egypte tant que cet état
de vide législatif persiste »,
lance Abou-Seada.
Sur le plan officiel, aucune déclaration
na été faite
jusquà présent sur l'examen par
le Conseil consultatif du projet de loi.
« La commission a achevé son
travail, la loi est actuellement au Conseil des
ministres et elle doit suivre le cycle normal de la
promulgation de toute loi. La date est une chose
qui n'est pas de notre
responsabilité », affirme
Mohamad Abdel-Latif, vice-ministre des Affaires
sociales.
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Critiques et craintes
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Quelle que soit la
date de lexamen et de la promulgation de ce
projet de loi, celui-ci est d'ores et
déjà fortement critiqué par
les ONG, notamment celles des droits de
lhomme. « Le projet
napporte aucun changement à la loi
153/99 déjà très
critiquée. Tout ce qui a été
fait concerne les quelques remarques de la Cour
constitutionnelle (voir
encadré) », affirme Gasser
Abdel-Razeq. Selon les responsables des ONG, cette
loi ne fait que consacrer la domination de
lEtat sur laction sociale.
« Le projet de loi na pas
annulé les clauses qui donnent au
ministère des Affaires sociales le droit
daccepter ou de refuser la création
des ONG, de dissoudre les ONG et de décider
daccorder aux associations le financement
nécessaire pour leurs activités. Ce
qui soppose au caractère
dinitiative des associations. De même,
le projet garde les clauses concernant les
sanctions qui vont jusqu'à la
prison », affirme Hafez Abou-Seada.
Selon Amir Salem, le gouvernement insiste à
uvrer tout seul dans le domaine du
développement en négligeant le
rôle de la société civile.
« Cest malheureusement la
vérité, même si le discours
politique dit le contraire. En fait, ce discours
très diplomatique nest pas
adressé aux acteurs du domaine
bénévoles à
lintérieur du pays, mais à la
communauté internationale »,
dit Salem. Or, selon Mohamad Abdel-Latif, les ONG
n'ont plus à se plaindre, puisque le projet
de loi « a pris en
considération l'importance de relancer
l'activité sociale ».
Il faut s'attendre encore une fois à ce que
la bataille contre le récent projet de loi
soit menée par essentiellement les ONG des
droits de l'homme et quelques autres travaillant
dans le domaine social. « Les ONG
sociales ont été
domptées : leurs projets, leur
financement et leur administration sont
entièrement dominés par le
ministère », affirme Amir
Salem.
Pour cette fois, même si quelques ONG
uvrant dans des domaines sociaux ont
participé à la dernière
réunion, elles ne représentent
quune partie minime du total des 14 000
associations que compte lEgypte.
« Nous sommes convaincus que nous
resterons toujours sous le joug de la
volonté de lEtat, que la loi soit
bonne ou mauvaise », lâche le
responsable dune ONG uvrant dans le
domaine de l'enfance. En attendant la promulgation,
tôt ou tard, du projet de loi sur les ONG,
celles-ci se sont fixé un programme de
réunions ayant pour but de discuter des
moyens de convaincre lEtat de la
nécessité de lexistence
dune coopération tripartite entre le
gouvernement, le secteur privé et la
société civile.
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Page
réalisée par
Yolande Youssef
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