La visite du président Moubarak aux Etats-Unis qui s'est achevée jeudi dernier a été fructueuse sur plusieurs plans. En effet, trois accords économiques ont été signés dont le premier concerne la fourniture de coton à deux entreprises américaines, parmi lesquelles la plus importante au niveau national, de confection d'articles de linge de maison. Ces compagnies mèneront en outre des campagnes publicitaires d'un coût de 7 millions de dollars pendant un an en faveur du coton égyptien. « Un tel accord contribuera à la hausse du prix du coton égyptien et à en augmenter la demande », a souligné Youssef Boutros-Ghali, ministre de l'Economie et du Commerce extérieur. Le deuxième accord concerne 5 multinationales de technologie de l'information dont Oracle, Sesco, Microsoft et Compaq&Qualcom, et leurs investissements prochains dans le village intelligent. Ces investissements sont, par décret présidentiel, exemptés d'impôts pendant 10 ans. Un aspect important de ce volet est constitué par la signature entre le ministère des Télécommunications et de l'Informatique et Sesco d'un accord d'introduction de la communication sans fil qui sera mise en uvre par le secteur privé égyptien sous le système BOT. Le coût, estimé à 2 milliards de dollars, sera réparti sur les 5 prochaines années. L'objectif ainsi affiché est de revoir à la baisse le délai nécessaire à l'installation d'une ligne téléphonique à domicile. Enfin, le troisième accord concerne Microsoft qui s'est engagé à développer le projet égyptien d'informatisation des services de l'Etat (baptisé littéralement « gouvernement électronique » !). Ceci rentre dans le cadre d'un plan national d'accroissement de la productivité des institutions publiques et d'amélioration des services aux citoyens. « Microsoft fournira une équipe formée d'experts dans la configuration informatique. Elle apportera d'autre part un soutien technique à l'Etat égyptien lors de la période de mise à exécution du projet », a expliqué le président de Microsoft Europe. Dans ce même cadre, Microsoft apportera un don en nature de 4,5 millions de L.E. sans compter la fourniture de nouveaux logiciels aux institutions gouvernementales à prix réduit, ce qui représentera environ 18 millions de dollars d'économie par an pour l'Etat égyptien et, ce sur 5 ans. D'autre part, le vice-président et les experts de la Banque mondiale se sont prononcés en faveur d'un soutien financier des nouvelles sociétés par le biais d'un incubateur de technologie propice à devenir le pilier fondamental à l'établissement d'un centre régional d'information. Les 2 pays ont aussi convenu de redéfinir un cadre de coopération pour le développement des services postaux en Egypte afin que le commerce électronique puisse s'y épanouir après un transfert de l'expertise en Egypte. A ces accords s'ajoute la décision de la Chambre de commerce américaine d'établir un bureau de partenariat commercial au Caire pour le développement des échanges commerciaux entre les deux pays qui ont déjà atteint en 2000 environ 4,2 milliards de dollars, dont 3,3 milliards d'importations et 600 millions d'exportations égyptiennes. « Au cours des dernières 17 années, nous devions faire du porte-à-porte pour espérer augmenter ce volume. Aujourd'hui, les portes se sont ouvertes d'un seul coup », souligne Mohamad Mansour, président de l'AmCham (Chambre de commerce américaine). Pour terminer, la Banque mondiale s'est montrée prête à financer de nouveaux projets en Egypte, sans pour autant accroître la dette du pays, par des investissements de 300 millions de dollars annuels sur une période de 3 ans, en plus de son financement actuel qui s'élève à 400 millions de dollars. Le Conseil des ministres a décidé de former des groupes ministériels qui seront chargés de la mise en application des accords conclus et du suivi des résultats. |