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Egypte - Etats-Unis . La visite du président Moubarak à Washington a été positive tant sur le plan politique qu'économique.
Moubarak a convaincu

En se rendant à Washington le 2 avril dernier, le président Moubarak poursuivait deux objectifs essentiels : convaincre la nouvelle Administration américaine de s'impliquer davantage dans le processus de paix, et renforcer les relations bilatérales avec Washington, notamment sur le plan économique. « Sur le plan politique, on peut dire que la visite du président a porté ses fruits. L'Administration Bush a montré pour la première fois un intérêt, certes minime, mais réel pour le dossier de la paix », affirme Ahmad Ismaïl, politologue. Pour preuve, les Etats-Unis ont participé pour la première fois depuis l'arrivée au pouvoir de George W. Bush à une réunion sécuritaire israélo-palestinienne. Il y a aussi les déclarations du président américain lui-même : « Les Etats-Unis resteront engagés au Proche-Orient. Nous espérons que cela donnera des résultats positifs ». D'ailleurs, la Maison Blanche a adopté un ton plus ferme à l'égard d'Israël en critiquant la construction de nouvelles colonies. Et elle a qualifié de « provocatrice » l'attaque israélienne d'un convoi officiel palestinien à Gaza le 6 avril. Quant au rapport bisannuel préparé par le département d'Etat et présenté au Congrès américain, il n'a pas accusé l'Autorité palestinienne d'être directement responsable des opérations contre les Israéliens.
Mission accomplie donc pour Moubarak. Il faut dire que la situation dans les territoires occupés et le désintérêt affiché par la nouvelle Administration américaine vis-à-vis du processus de paix inquiétaient fortement Le Caire. « L'escalade des mesures violentes à l'égard des Palestiniens entraînera une réaction qui sera normale. Nous sommes dans un cercle vicieux », a déclaré le chef de la diplomatie, Amr Moussa.


Les israéliens exacerbés

Mais la position du Caire a exacerbé les responsables israéliens. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Pérès, s'est élevé cette semaine contre l'Egypte qui est, selon ses termes, « incapable d'être un partenaire du processus de paix ». Ces déclarations étaient également adressées contre l'initiative égypto-jordanienne visant à trouver une solution politique à la crise.
C'est dans ce contexte que le président palestinien, Yasser Arafat, est arrivé au Caire samedi dernier afin de s'entretenir avec le président Moubarak des résultats de sa visite et de l'escalade de la violence qui se poursuit bien que des négociations sécuritaires aient commencé. Le chef de la diplomatie égyptienne, Amr Moussa, a déclaré à la suite de cette rencontre que « les Palestiniens ne pourront pas être condamnés pour les violences qui pourraient survenir ». Et d'insister : « Si Israël ne retire pas ses troupes conformément aux ententes de Charm Al-Cheikh, s'il n'applique pas ces ententes et s'il poursuit ses provocations et l'occupation, alors il faut soutenir l'Intifada ».
A Washington, la mission du chef de l'Etat n'a pas été facile. « Le président Moubarak devait s'entretenir avec une Administration nouvelle qui n'est pas encore familiarisée avec les dossiers de la région, à l'exception de celui de l'Iraq. Le manque d'expérience de l'Administration Bush a fait donc qu'elle soit attachée aux stéréotypes américains qui sont loin des positions arabes et plus proches d'Israël », explique Ahmad Ismaïl. Selon lui, ce n'était pas la seule difficulté de cette visite, car elle intervenait après la visite aux Etats-Unis du premier ministre israélien, Ariel Sharon, qui avait réussi à faire adopter par l'Administration américaine des positions favorables à l'Etat hébreu. « Plus encore, le lobby juif avait organisé une campagne opposée à l'Egypte avant la visite. Ce qui rendait la mission du chef de l'Etat très difficile », ajoute Ismaïl, qui pense qu'il faut attendre encore pour voir quelle sera la position des Etats-Unis dans l'avenir par rapport à la paix.
Côté économie, cinq compagnies dans le domaine de la technologie des informations ont annoncé qu'elles créeront des succursales en Egypte. La visite du président Moubarak a également débouché sur un accord de coopération dans le domaine militaire, notamment en ce qui concerne la défense des frontières. De même, le secrétaire à la Défense, Donald Remsfield, a annoncé qu'il assistera aux manœuvres Bright Star qui auront lieu l'automne prochain.

Yolande Youssef

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