.. | | Macédoine . Un ballet diplomatique tente de lancer le dialogue entre gouvernement et rebelles albanais. | | Calme précaire | Après des semaines d'affrontements armés entre les forces macédoniennes et les rebelles albanais, la violence a cédé la place cette semaine aux efforts diplomatiques visant à lancer le dialogue entre le gouvernement et les rebelles albanais. Des efforts qui se sont intensifiés à la veille de la signature, lundi, de laccord de stabilisation et dassociation avec lUnion Européenne (UE), première étape vers l'adhésion de la Macédoine à l'Union. La Macédoine est le premier pays du sud-ouest des Balkans à signer un tel accord à Luxembourg, malgré la crise intérieure quelle traverse. En effet, depuis le début de la crise, l'UE s'est fortement impliquée dans le dossier macédonien et le haut représentant pour la diplomatie de l'UE, Javier Solana, a multiplié les voyages à Skopje, la capitale macédonienne, pour encourager les autorités au dialogue et éviter une déstabilisation des Balkans. Dans le cadre des efforts diplomatiques, le chef de la diplomatie britannique, Robin Cook, est arrivé jeudi dernier à Skopje pour une visite de quelques heures consacrée à des entretiens avec les dirigeants macédoniens afin de trouver une issue à la crise. Samedi, le premier ministre grec, Costas Simitis, a également appelé à l'ouverture d'« un dialogue politique » entre les partis slavophone et albanophone de Macédoine, afin de sauvegarder les droits de l'homme et les droits des minorités. Outre les efforts de lUE, vendredi, les ministres de la Défense de l'Europe du sud-est et des représentants d'organisations internationales réunis à Skopje pour évoquer la coopération régionale, ont appelé les autorités macédoniennes à faire davantage pour assurer aux Albanais des droits égaux à ceux des autres citoyens. Aussi, les ministres des Affaires étrangères des pays des Balkans devront-ils se réunir, demain jeudi, à Skopje, avec le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, et Javier Solana, pour discuter des « dernières évolutions dans la région après les changements intervenus en Yougoslavie et surtout en Macédoine », a indiqué le porte-parole du ministère grec des Affaires étrangères, Panos Beglitis. | Rien de garanti | Ce ballet diplomatique se poursuit alors que la Macédoine traverse l'une des plus graves crises depuis son indépendance en 1991. Ces efforts ne sont, en fait, quune réponse à l'appel de Skopje lancés à la communauté internationale afin de porter le coup de grâce à la guérilla albanaise, dont on redoute l'apparition dans de nouveaux foyers à travers le pays. Un appel qui a été lancé par le président macédonien, Boris Trajkovski : « Nous avons réglé le problème militairement, nous allons également le faire politiquement, mais tous nos efforts seraient vains si la communauté internationale ne réglait pas les racines de la crise au Kosova », a-t-il affirmé. Selon le président, les récents affrontements entre la guérilla albanaise et l'armée en Macédoine ont été provoqués par les « perdants » au Kosova qui n'ont pas voulu « rester sans leur marché d'activités criminelles ». M. Trajkovski faisait en fait allusion aux derniers combats qui se sont principalement concentrés le long de la frontière nord de la Macédoine avec le Kosova. Cependant, les multiples efforts internationaux nont pas réussi à éteindre la crise en Macédoine. Skopje a reconnu, dimanche, que les actions de la guérilla albanaise ne semblaient pas totalement éteintes, et annoncé que des groupes rebelles étaient entrés dans l'ouest de la Macédoine depuis l'Albanie, pour essayer de recruter des hommes et constituer un nouveau front. Pour sa part, lUE partage l'inquiétude des autorités macédoniennes et demeure « très vigilante ». Selon les termes d'un diplomate s'exprimant sous couvert de l'anonymat, « la situation est tendue et les problèmes de fond ne sont pas réglés ». Dimanche, le Parti démocratique des Albanais (DPA) d'Arben Xhaferi, principal parti albanais de Macédoine, a exigé une réforme de la Constitution du pays, sous peine de voir la guérilla albanaise reprendre ses activités. « Si l'on ne donne pas suite à nos demandes de révision de la Constitution, les groupes albanais armés risquent de reprendre leurs activités », a déclaré Menduh Thaçi, vice-président du DPA. Les Albanais de Macédoine, qui affirment constituer plus d'un tiers des deux millions d'habitants, demandent à figurer dans la Constitution comme peuple constitutif au même titre que les Macédoniens. Demande rejetée par le président macédonien pour qui la transformation de la Macédoine en une fédération de deux composantes, une albanaise (à l'ouest), l'autre macédonienne (à l'est), conduirait « inévitablement à la désintégration du pays », selon M. Trajkovski. A l'heure actuelle, l'unique solution s'avère être l'engagement rapide d'un dialogue politique entre gouvernement et minorités. | Maha Al-Cherbini |  | Retour au sommaire |
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