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Prêts . Le conseil d'administration de la Banque européenne d'investissement s'est réuni exceptionnellement en Egypte. Et en a profité pour visiter plusieurs projets dont celui des imprimeries d'Al-Ahram.
Les trois priorités de la BEI en Egypte

« Nous avons décidé de financer le projet des imprimeries d'Al-Ahram, car c'est un projet bien mené. De plus, nous sommes fiers de financer l'un des plus importants groupes de presse au monde qui est considéré comme un symbole du monde arabe », a affirmé Philippe Maystadt, président de la Banque Européenne d'Investissement (BEI), lors de sa visite des imprimeries du groupe lundi dernier. Pour faire preuve de l'intérêt qu'ils portent pour l'Egypte, les membres du conseil d'administration de la BEI avaient en effet choisi cette année les bords du Nil pour tenir leur réunion annuelle en dehors du Luxembourg, siège de la banque. Leur séjour a commencé samedi et devrait durer six jours. L'Egypte est de fait le second pays méditerranéen pour l'importance des prêts octroyés par la BEI après la Turquie. Cette dernière s'était vue favorisée en 2000 en raison du tremblement de terre qui l'avait fortement frappée.
En 1994 la banque avait octroyé à Al-Ahram un prêt de 35 millions d'écus (quelque 32 millions de US$) pour la mise en place de ses imprimeries dans la ville nouvelle du 6 Octobre. Ce prêt est remboursable sur 15 ans avec un taux d'intérêt de seulement 2 % avec 4 ans de période de grâce. Il arrivera à échéance en 2008. « Aucune banque égyptienne n'était en mesure de nous présenter de telles facilités. Les banques nationales ne fournissent que des prêts à moyen terme (7 ans maximum) et avec un taux d'intérêt élevé », explique Ali Ghoneim, vice-président d'Al-Ahram. Sur le coût total du projet qui était de 270 millions de L.E., la BEI n'en a fourni que la moitié et la fondation Al-Ahram a dû financer elle-même le reste. Une procédure courante pour la banque, qui s'assure ainsi du sérieux de son partenaire. Et d'ajouter : « Que la BEI, contrairement à l'aide américaine, n'exige pas que le fournisseur d'équipement soit d'un pays membre de l'Union européenne. Sa seule condition est de présenter une adjudication internationale ».


Les PME privilégiées

Lors de leur réunion, les membres du conseil d'administration de la banque ont accordé mardi dernier à l'Egypte un financement de 36,44 millions d'euros pour les investissements des petites et moyennes entreprises et des projets relatifs à l'environnement. Trente millions d'euros seront accordés à la Banque égyptienne de développement des exportations chargée de financer les PME. Cette somme s'ajoute aux 25 millions d'euros que la BEI avait octroyés à la banque égyptienne à la fin des années 1980. Les autres 6 millions d'euros seront versés au Fonds du Moyen-Orient pour la technologie afin de financer les entreprises privées du domaine des techniques de l'information. Par ailleurs, la banque financera deux études de faisabilité concernant la station d'Abou-Rawach pour le traitement de l'eau et le drainage ainsi que la gestion des déchets agricoles solides qui coûteront respectivement 350 et 90 000 euros.
En marge des imprimeries Al-Ahram, les membres du conseil d'administration de la banque se rendront sur d'autres projets que ceux financés, tels la raffinerie de pétrole Midor, ou une entreprise de pneus d'Alexandrie.
Le programme de la banque en Egypte se penche en fait sur trois genres de projets : la protection de l'environnement, les infrastructures et les grands projets industriels. Il finance aussi bien le secteur public que privé. Elle se garde néanmoins une marge de 50 à 60 millions d'euros dans les douze pays méditerranéens si des projets présentent un intérêt suffisant. Une faible somme comparée aux 6,425 milliards d'euros que la banque réserve à la zone entre 2000 et 2006. « On ne prend des risques que si le projet est vraiment innovateur ou s'il touche un domaine comme celui de l'information et de la technologie », explique Helen Kavvadia, du département de communication et de l'information de la banque. Celle-ci est d'ailleurs prête à élargir son activité en Egypte au niveau du secteur public si les autorités égyptiennes venaient à proposer des projets, comme l'assure Bernard Gordon, chargé des principales opérations du département des pays méditerranéens.

Marwa Hussein

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