Résultats
 Qualifications africaines des JO de Sydney 2000
(25-30 janvier, Le Caire)

 Tunisie Cameroun

  3/1

 Algérie  Nigeria

 3/0

 Egypte Afrique du Sud

  3/0

 Algérie Afrique du Sud

  3/0

 Tunisie  Nigeria

 3/2

 Egypte  Cameroun

 3/0

 Cameroun Afrique du Sud

  3/0

 Egypte  Nigeria

 3/0

 Tunisie  Algérie

 3/2

 Nigeria Cameroun

  3/2

 Tunisie  Afrique du Sud

 3/0

 Egypte Algérie

  3/0

 Algérie  Cameroun

 3/2

 Nigeria Afrique du Sud

  3/0

 Egypte Tunisie

  3/1

Classement
1. Egypte
2. Tunisie
3. Algérie
4. Nigeria
5. Cameroun
6. Afrique du Sud

Volley-ball . Les Pharaons, à la surprise générale, se qualifient pour les JO de Sydney en battant tous leurs adversaires, dont la Tunisie, favorie de la compétition.
Un billet inattendu pour Sydney

Ils se sont qualifiés pour les JO de Sydney. « Ils », ce ne sont ni les footballeurs, ni les handballeurs, mais les volleyeurs égyptiens qui viennent de disputer le tournoi africain, qualificatif pour les JO de Sydney. Le dernier match de ce tournoi, qui réunissait 6 équipes, opposait dans la rencontre au sommet de ces qualifications l'Egypte à la Tunisie, deux équipes rivales qui se connaissent bien (3 matchs officiels en 6 mois). L'enjeu était de taille, puisqu'au vainqueur de ce match s'ouvraient les portes des Jeux Olympiques de Sydney.
Après leur victoire au Championnat africain et aux Jeux panarabes d'août dernier, les Tunisiens étaient favoris. Mais, au Caire et dans une salle surchauffée par 3 000 supporters, les Tunisiens ont craqué. Les Egyptiens, dans un match rapide et survolté, se sont imposés en quatre sets (25-17, 25-21, 17-25, 25-15) et décrochent ainsi le seul ticket africain pour les JO de Sydney 2000.
Les Pharaons avaient une double revanche à prendre sur les Tunisiens. A deux reprises, en six mois, ces derniers ont battu les Egyptiens en compétition officielle, notamment lors de la finale du Championnat africain (qualificatif pour la Coupe du monde) en août dernier. Les Tunisiens l'avaient emporté par 3 sets à 1, gagnant ainsi le seul ticket pour la Coupe du monde. Deux semaines plus tard le même scénario se répétait aux Jeux panarabes en Jordanie. Les Egyptiens, vexés, se sont préparés durant les derniers mois pour prendre leur revanche.
Lors des Jeux africains en septembre dernier, les Tunisiens étaient absents. « En 1999, notre objectif était de gagner le Championnat africain des nations. En septembre dernier, nous nous préparions pour la Coupe du monde au Japon. Les joueurs étaient fatigués, et l'équipe souffrait de quelques blessures, après les Jeux panarabes », explique Fouad Kammoune, l'entraîneur adjoint de la Tunisie. L'Egypte, semble-t-il, abonnée aux finales perdues, était encore battue en finale par le Cameroun pendant que les Tunisiens partaient au Japon disputer leur Coupe du monde face aux meilleures équipes internationales (Etats-Unis, Chine, Japon et Cuba).
 


Les raisons de la victoire

Toujours selon Fouad Kammoune, il s'agissait là d'« une bonne préparation pour les qualifications de Sydney, notre principal objectif. Pour nous préparer, nous avons aussi disputé des tournois et des matchs amicaux en Belgique, aux Pays-Bas, en France et aux Emirats arabes unis ». Et malgré sa défaite contre les Pharaons, La Tunisie conserve une chance de se rendre à Sydney. Elle disputera un match de barrage l'été prochain face à une équipe européenne. Pour préparer ce tournoi, les Egyptiens ont changé d'entraîneur, le Russe Youri Tchenkov a dû laisser sa place et Ibrahim Fakhreddine a fait son retour. « Deux stages en République tchèque et en Hongrie et des regroupements continus au Centre olympique de Maadi au cours des trois derniers mois ont constitué toute notre préparation », souligne Fakhreddine, qui est aussi l'entraîneur d'Ahli. Son contrat à la tête de la sélection se termine avec cette qualification pour les JO.
La victoire de l'Egypte sur la Tunisie est donc une sacrée surprise que les Tunisiens essaient d'expliquer. « Depuis deux saisons, nos joueurs n'ont pas pris de repos », note Fouad Kammoune. La Tunisie, fatiguée, a gagné difficilement ses matchs au cours de ces qualifications, souvent en quatre ou cinq sets. Les rencontres contre le Cameroun (3-1), le Nigeria (3-2) et l'Algérie (3-2) ont été laborieuses et les joueurs en sont sortis épuisés. « La concurrence était très dure, car il n'y a qu'un seul ticket pour Sydney », raconte Stewart Bernard, directeur technique hollandais de la Tunisie. « Depuis que nous sommes champions d'Afrique, toutes les équipes que nous rencontrons sont déterminées à nous battre », estime Noureddine Al-Hafid, actuel capitaine de l'équipe tunisienne, Atef Al-Wakil, blessé depuis la Coupe du monde.


L'effectif au complet

Au cours du tournoi, l'Egypte avait remporté toutes les rencontres précédentes par trois sets à zéro, même contre l'Algérie qui a fait beaucoup souffrir les Tunisiens. « Nous avons fait de gros efforts pendant les préparations. Nous étions même en stage d'entraînement tout au long du mois de Ramadan », raconte le n°1 de la sélection, Hamdi Al-Safi, ex-meilleur frappeur africain. Plusieurs éléments essentiels de l'équipe étaient de retour dans l'équipe après plusieurs blessures au cours de ces derniers mois, comme Hamdi Al-Safi, Aymane Rouchdi, Hani Mosselhi, Magued Moustapha et Nihad Chéhata, ce dernier étant enfin complètement rétabli. « Tous nos éléments sont prêts même les remplaçants », affirmait Fakhreddine avant ce dernier match.
Les Pharaons ont abordé cette ultime rencontre en meilleure condition que les Tunisiens. Galvanisés par leur public, ils n'ont laissé aucune chance à leurs adversaires. L'ambiance était très tendue, et des bagarres ont éclaté après la rencontre entre joueurs tunisiens et égyptiens. Le public s'en est aussi mêlé jusqu'à l'intervention de la police, suite à la blessure de l'entraîneur égyptien. Cette victoire fera également du bien aux responsables de la Fédération égyptienne, critiqués par la presse, alors qu'ils ont fait tout leur possible pour permettre cette qualification. La dernière participation égyptienne aux JO date de 1984, à Los Angeles. Désormais, il faudra que les joueurs égyptiens travaillent pour améliorer leur niveau afin de pouvoir rivaliser avec les meilleurs des autres continents.

Racha Samir

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