| Froid, pluie, vent
Le temps orageux n'a pas empêché le public de fréquenter les divers stands de la 32e Foire du livre. Même le fait que les vacances de mi-année soient un lointain souvenir n'a guère affecté le nombre de visiteurs. D'autres affluent tout simplement pour jeter un coup d'il ou rencontrer des amis, ou même s'approprier quelques nouveaux CD et cassettes. Les différents pavillons sont en forte compétition. Et les bouquinistes d'Al-Ezbékiya n'ont pas manqué le rendez-vous. Ces derniers offrent des livres anciens à des prix dérisoires. A partir de midi, c'est le temps des colloques. Les débats continuent, en fait, parfois jusqu'à minuit, puisque les intervenants se laissent souvent aller à des digressions infinies. La salle 6 Octobre, où se déroulent le colloque Kateb wa kétab (Livre et écrivain) et ceux autour des défis du nouveau siècle thème principal de la foire cette année , affiche le plus souvent archicomplet. Les rencontres avec les ministres Farouq Hosni (de la Culture) et Hussein Kamel Bahaeddine (de l'Education) ont été par exemple très animées. M. Bahaeddine a été applaudi, en insistant sur la question de l'appartenance et le sentiment patriotique ! Et M. Hosni a exposé sa politique concernant la création de nouveaux musées, sans pour autant manquer de défendre les célébrations du millénaire. Ce jour-là au Café culturel, vers 16h, a eu lieu une rencontre avec le président de l'Union des écrivains, le poète Farouq Choucha. La salle est pleine, une foule compacte s'entasse dehors, empêchant les caméras d'entrer. La poésie libre de Choucha est toujours aussi populaire ! Dans la salle Lotus, le public est beaucoup plus restreint et les colloques plus spécialisés, qu'on en juge Les uvres de Gutenberg et le monde arabe dans le cadre du développement technologique. Pas de quoi attirer les foules. Le public varie entre professeurs universitaires, spécialistes et traducteurs. Après deux ans d'absence, le pavillon Ibdaate gadida (Créations) reprend ses activités sous la direction de Sayed Awad (directeur des festivals à l'Organisme des palais de la culture). Mais peu de gens semblent s'intéresser à ces ouvrages écrits par des jeunes. Parfois, les intervenants sont absents. « On ne nous prévient pas à l'avance. Souvent, ils mettent les programmes, ensuite ils nous convoquent. Ce n'est donc pas de notre faute », se défend une jeune écrivain ne voulant guère avoir des problèmes avec les organisateurs. Par exemple, Abdel-Aziz Mouafi, qui devait animer le débat autour de La Poésie au troisième millénaire (le poème en prose), de 16h30 à 18h30, s'est trouvé contraint de faire tout un discours sur la poésie en prose. Les intervenants n'étaient pas venus, et les gens étaient là par hasard afin de s'abriter de la pluie. Ils étaient un peu indifférents, contrairement aux autres, nombreux à partir de 19h sous la tente des activités artistiques, au fin fond de la foire. Projections de films, chants de Karam Mourad ou encore musique de la troupe folklorique Al-Tannoura, telles sont les manifestations du jour. Après la fermeture des stands, la musique retient le public jusqu'à minuit. Devant tant d'assiduité, la pluie même s'en est allée. |