| 5 500 hommes devraient être prochainement envoyés en République Démocratique du Congo (RDC) pour y soutenir les accords de paix menacés par la poursuite des combats. Les quinze membres du conseil ont adopté le 26 janvier, à l'unanimité, une déclaration présidentielle qui l'affirme. L'adoption de ce texte a conclu trois jours de réunions à New York sur le conflit en RDC, auxquelles ont participé sept chefs d'Etat de la région. « Chaque chef d'Etat a réitéré son soutien à Lusaka. Je crois que les choses sont un peu plus claires », s'est félicité le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan. « Leur présence et leurs déclarations attestent de leur engagement renouvelé envers l'accord de cessez-le-feu de Lusaka et envers la recherche d'une paix durable » en RDC et dans la région, affirme la déclaration lue par le président du conseil, l'ambassadeur américain Richard Holbrooke. Le conseil doit adopter « dans quelques jours » une résolution autorisant l'envoi de cette force, a précisé M. Annan. L'accord de paix signé à Lusaka en juillet et août 1999 par toutes les parties en conflit n'a pas mis fin aux combats, tous les belligérants s'accusant mutuellement de violer le cessez-le-feu. Les dirigeants africains avaient tous demandé à l'Onu d'agir plus vite et de manière plus décisive pour les aider à rétablir la paix. Le calendrier de mise en uvre de l'accord de Lusaka, qui n'a pas été respecté, doit cependant être révisé. Cet accord prévoyait un cessez-le-feu, le retrait des forces étrangères, la démilitarisation des combattants, le déploiement de casques bleus de l'Onu et l'organisation d'élections libres en RDC. Avant l'adoption de la déclaration, le conseil avait repris son débat public sur le conflit en RDC, auquel au total une quarantaine de chefs d'Etat, ministres et ambassadeurs avaient pris part. Des diplomates relevaient toutefois que si tous les participants ont réaffirmé leur engagement envers Lusaka, ils ne sont pas allés plus loin, comme l'espérait l'ambassadeur américain Richard Holbrooke, qui avait évoqué un « Lusaka plus ». Ceci dit, le problème principal est maintenant de savoir si Kabila laissera l'Onu se déployer dans tout le pays. Le président congolais a appelé de ses vux une opération de maintien de la paix, mais lors d'une conférence de presse il a seulement évoqué son déploiement dans les régions tenues par les rebelles et aux frontières internationales de la RDC avec l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Le conseil souligne ainsi dans sa déclaration « l'absolue nécessité d'assurer la sécurité et la liberté de mouvement du personnel des Nations-Unies » qui sera déployé en RDC. Kofi Annan a reconnu que l'Onu « va avoir des difficultés ». « Mais on va aller de l'avant », a-t-il néanmoins assuré. |