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Iraq . Bagdad refuse de coopérer avec l’Onu malgré la nomination d’un chef de consensus à la tête de l’Unmovic.
Bagdad intraitable

Après que le Conseil de sécurité se fut déchiré pendant des semaines pour trouver un candidat de compromis, le Suédois Hans Blix, un expert en désarmement nucléaire, a été formellement nommé jeudi, par le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, chef du nouvel organisme de désarmement chargé de contrôler l'arsenal biologique, chimique et balistique de l'Iraq.
M. Annan a indiqué avoir reçu une lettre du président du Conseil de sécurité, Richard Holbrooke, l'informant que le conseil avait « formellement approuvé » la nomination de M. Blix. Le secrétaire général de l'Onu s'est félicité de cette nomination et a qualifié le nouveau chef de « très expérimenté ». Les quinze membres du conseil étaient parvenus mercredi à un consensus sur le nom de M. Blix, ancien ministre suédois des Affaires étrangères et directeur, de 1981 à 1997, de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) dont le siège est à Vienne.
D'après la résolution 1 284 qui a créé la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection de l'Onu (l'Unmovic), son nouveau chef dispose de 45 jours après sa nomination pour organiser la commission.
Le Conseil de sécurité s'était divisé la semaine dernière après que la Russie, la France et la Chine eurent rejeté le Suédois Rolf Ekeus, proposé par le secrétaire général de l'Onu et soutenu par les Etats-Unis. Ces trois pays estimaient que M. Ekeus, qui avait dirigé la très controversée commission spéciale Unscom, prédécesseur de l'Unmovic, pendant sept ans, ne pouvait pas incarner une nouvelle politique vis-à-vis de Bagdad. Selon des diplomates français, la France, qui a proposé le nom de M. Blix, a poursuivi le diplomate suédois jusque dans les neiges de Patagonie pour lui faire accepter la direction du nouvel organisme. Pour eux, M. Blix est suffisamment indépendant pour mener à bien cette tâche.
L'Iraq s'est abstenu, jeudi, de se prononcer officiellement sur la nomination de Hans Blix. Le sous-secrétaire aux Affaires étrangères, Nizar Hamdoun, a expliqué que « l'Iraq n'entrera pas dans les détails (de cette nomination), car nous avons des réserves fondamentales sur la résolution 1 284, sur les conditions qu'elle stipule et sur le manque de clarté du texte ». « La question est plus profonde que la nomination de M. Blix à la tête de l'Unmovic ; la question porte sur la résolution 1 284 elle-même et sur le manque de confiance entre l'Iraq et le Conseil de sécurité en raison de la position des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, et de leur hégémonie sur cette instance », a-t-il ajouté. A la question de savoir s'il y avait eu des contacts entre Bagdad d'un côté, Moscou, Paris et Pékin de l'autre au sujet de la candidature de M. Blix, M. Hamdoun a répondu par la négative. « Mais nos concertations sont permanentes avec ces trois pays », a-t-il dit.
Le journal Babel, dirigé par Oudaï, fils aîné du président Saddam Hussein, a pour sa part estimé que la nomination de M. Blix constituait un camouflet pour Washington, qui n'a pas pu imposer son candidat et a sûrement « déçu les espoirs du secrétaire d'Etat américain Madeleine Albright ». Le quotidien, qui était le seul à commenter la désignation de M. Blix, a souligné que la nomination de M. Blix était intervenue « conformément à la volonté de la Russie, de la Chine et de la France, et de cette dernière en particulier, contrairement à celle de l'Amérique qui n'a pas réussi à obtenir ce qu'elle voulait ». C'est pourquoi, estime le journal, il n'était pas étonnant « que les Etats-Unis se montrent irrités par la mise à l'écart de leur employé Rolf Ekeus qui a rendu beaucoup de services d'espionnage à Washington et à Tel-Aviv ».
La résolution 1 284 du Conseil de sécurité prévoit que si l'Iraq coopère pleinement avec les inspecteurs chargés de son désarmement, le conseil pourra suspendre par période de 120 jours l'embargo économique en vigueur depuis 1990. Bagdad réclame la levée sans conditions des sanctions.

Rania Adel

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